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KILL, BABY... KILL!1966
RÉALISATION: Mario Bava Après qu'un producteur ait parié qu'il ne serait pas capable de réaliser un film en douze jours, Mario Bava a accouché de Kill, Baby... Kill! dans les délais voulus!! Bien qu'il ait été réalisé à la dépêche et avec un budget ridicule, cela n'a pas empêché le film d'être un des plus surprenants de la carrière du cinéaste. Le Dr Eswai se rend dans un petit village pour y performer une autopsie sur une femme morte dans des circonstances nébuleuses. Lors de l'autopsie, le Docteur découvre une pièce de monnaie dans le coeur du cadavre! Alors qu'il se questionne sur sa découverte, aucun villageois ne veut collaborer avec le Docteur et tous semblent redouter quelque chose. En menant son enquête, Le Dr Eswai découvre que le fantôme d'une petite fille rôderait dans les parages, tuant quiconque l'aperçoit! En tentant de démystifier cette histoire sordide, Eswai se retrouvera plutôt prisonnier de celle-ci! Kill, Baby... Kill!, est un film qui tarde à séduire le spectateur en raison de sa trame narrative renfermée. Le scénario prêche par le mystère et se dévoile au compte-gouttes. Malgré tout, les cinéphiles patients, mais surtout attentifs, seront joliment récompensés! Ce qui s'avérait n'être ni plus ni moins qu'un recyclage du conte gothique si chère à Bava, se transforme subtilement en une histoire de fantôme et de sorcellerie unique en son genre! Mario Bava nous propulse dans un univers énigmatique où l'atmosphère gothique et les visuels somptueux servent d'ancrage aux spectateurs inévitablement désorientés! Pour ce faire, Bava offre encore une fois une réalisation parfaite, caractérisée par des mouvements de caméra fluides, des éclairages colorés et une ambiance macabre rehaussée. Si la première heure semble être une démonstration de ce qu'a appris Bava dans ses oeuvres précédentes, la dernière demi-heure est quant à elle assez déroutante. Bava expérimente énormément, résultant ainsi à une surdose du contenu imaginaire du film. L’apogée de cet exercice survient lorsque Eswai est littéralement prisonnier d’une pièce dans laquelle il ne fait que sortir et entrer, au point de se rejoindre lui-même dans un moment passé (!). Tout comme le cinéaste l'illustre visuellement, les personnages font une descente en spirale dans le paranormale et la folie! De ce fait, les personnages du film semblent prisonniers d'une peinture surréaliste dans laquelle les lois de la logique et de l'espace-temps n'ont aucune valeur. On assiste alors à une bousculade d'imageries lugubres et absurdes! Bava fait fit de son scénario simplet et raconte plutôt son histoire à l’aide de nombreuses métaphores visuelles. Faute de budget, la trame sonore est en partie constituée d’éléments empruntés aux films précédents de Bava, The Whip And The Body et Blood And Black Lace. Malgré tout, cet amalgame de musique composée par Carlo Rustichelli s’accorde parfaitement avec le contenu de Kill, Baby… Kill!. Rustichelli a néanmoins eu l’opportunité de composer un thème pour le film, qui figure parmi les plus hantant de la filmographie de Bava. La bande son majoritairement constituée du bruit du vent, de voix d’enfants et d’écho aide aussi énormément à l’atmosphère envoutante de Kill, Baby… Kill!. Ce qui est dommage par contre, c’est que les acteurs principaux ne font pas le poids face à la réalisation de Bava! Giacomo Rossi-Stuart et Erika Blanc offrent tout deux des interprétations molles et calculés. Les deux acteurs semblent s’emmerder et n’ont aucune chimie avec qui que ce soit. Stuart est particulièrement pénible à regarder avec son interprétation statique du Docteur. L’acteur semble avoir été découpé dans la section des complets du catalogue Sears! Heureusement, cette « malédiction » n’afflige que ces deux acteurs, les autres offrant des interprétations plus que potables.
Kill, Baby… Kill! est une oeuvre assez obscure dans la filmographie de Mario Bava. Ses tendances surréalistes et la subtilité de sa réalisation en font un film difficile d’accès, qui demande plus d’un visionnement pour être apprécié à sa juste valeur. Les spectateurs qui oseront s’aventurer dans l’univers onirique de Kill, Baby… Kill! ne le regretterons pas!
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