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THE KILLER SHREWS1959
RÉALISATION: Ray Kellogg Ray Kellogg a travaillé sur près d’une centaine de films pendant les années ‘50 en tant que responsable des effets spéciaux. Sa courte carrière de réalisateur a néanmoins débuté en 1959, année durant laquelle il a réalisé The Killer Shrews et The Giant Gila Monster. Ces deux séries B indépendantes ont été tournées dans le but de profiter de la popularité des films de monstres de l’époque et d’être présentées en ‘‘double features’’ dans les cinémas et à la télévision. Un capitaine de bateau et son second sont forcés de s’arrêter sur une île en raison d’un ouragan qui se prépare. Une fois accostés, ils y font la rencontre d’un groupe de personnes, dont un scientifique qui profite de la tranquillité des lieux pour mener ses recherches. La tranquillité de l’île et la survie des habitants se retrouvent malheureusement menacées par l’une des expériences ayant mal tournées. La forteresse dans laquelle l’équipe réside est maintenant assiégée par des dizaines de musaraignes géantes et sanguinaires! Si avant cette époque, les films d’horreur et de science-fiction étaient deux genres distinctifs, on peut dire que les années ‘40 et ‘50 ont vu apparaître bon nombre d’œuvre mélangeant très bien (ou moins bien) les deux genres. The Killer Shrews est un film d’horreur (et de science-fiction!) qui a divisé la critique, autant lors de sa sortie qu’aujourd’hui. Certains y voient une œuvre réussie alors que d’autres n’y voient qu’un film raté et sans intérêt, tandis que plusieurs n’y trouvent qu’une source d’amusement en raison de son côté vieilli et amateur. Présenté dans le reportage The 50 Worst Movies Ever Made et mis sur un même pied d’égalité que les Frankenstein Meets The Spacemonster et les Santa Claus Conquers The Martians, The Killer Shrews mérite cependant une bien meilleure réputation que cela. Le film a certes la capacité de faire rire ceux qui ne sont pas initiés aux vieux films de monstres, mais les plus ouverts d’esprits pourront y déceler une œuvre accomplie et même plutôt charmante. La raison pour laquelle le film est souvent ridiculisé est sans doute le scénario. La plupart des personnages sont quelques peu caricaturaux et stéréotypés. Ainsi, nous nous retrouvons avec le héros courageux, la femme blonde en détresse, le ‘‘méchant’’ traître et trouillard, le scientifique excentrique, le Mexicain, etc. De plus, l’histoire d’amour entre le héros et la fille du groupe (qui est évidemment la fille du scientifique), rappelle la relation entre Jack Driscoll et Ann Darrow dans King Kong en un peu trop poussé. Alors que le héros est un macho au début du récit, le tout dernier plan du film montre les deux protagonistes en train de s’embrasser après s’en être sortis vivant et heureux. Suffisant pour rendre le spectateur joyeux! Ceci mis de côté, le scénario possède tout de même plusieurs idées originales. Attendez de voir la solution que les survivants ont trouvée pour quitter l’île! L’idée peut paraître absurde, mais c’est probablement ce qui aurait de plus intelligent à faire dans un cas comme celui-là. De plus, le film est fidèle aux valeurs de son genre et de son époque dans le traitement qu’il fait de l’invasion des musaraignes. Comme ce fut le cas pour bon nombre de films mélangeant horreur et science-fiction, le scénariste a décidé d’incorporer une critique sociale à la fois sur la surpopulation et les mutations que peuvent occasionner certaines expérimentations scientifiques. Par contre, le film de Ray Kellogg est avant tout un survival! Alors que les personnages sont enfermés dans un lieu en huis-clos, la tension monte et la terreur s’installe peu à peu tandis que les musaraignes se font de plus en plus nombreuses et agressives. Le début du film, qui sert surtout à développer les personnages et leur réaction face à la situation, est d’ailleurs très intéressant, malgré les stéréotypes. En ce sens, The Killer Shrews a plus de points en commun avec Night Of The Living Dead qu’avec King Kong ou Gojira. C’est néanmoins au niveau de la mise en scène et de l’ambiance que le film est le plus marquant. Malgré son manque d’expérience, le réalisateur maîtrise bien son art. En plus de bien nous faire ressentir le sentiment de renfermement, il réussit à rendre les attaques des musaraignes brutales. Tout cela pour une dose satisfaisante d’action et de gore! Il ne faut pas oublier non plus la spécialité de Kellogg : les effets spéciaux. De ce côté-ci, le film livre très bien la marchandise, bien qu’il se puisse que le vieillissement de l’œuvre en fasse reculer certains. Aussi, les bergers allemands utilisés font beaucoup plus penser à des vrais monstres sauvages qu’à des chiens masqués en musaraignes!! Injustement rabaissé pour un scénario aussi valable qu’un Friday The 13th, The Killer Shrews est un film d’horreur réussi, efficace et surtout divertissant! Les fans de films de monstres à l’ancienne ont de fortes chances d’y trouver leur compte en y découvrant une œuvre trop souvent sous-estimé.
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