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THE KILLING FLOOR2008
RÉALISATION: Gideon Raff L’horreur est un genre filmique qui englobe un large éventail de sous-genres, du slasher à la comédie d’horreur. Les thrillers trempent aussi fréquemment dans les barèmes horrifiques par leur atmosphère d’angoisse et de tension et leur connivence avec le meurtre. Plus un suspense qu’un film d’horreur, The Killing Floor déborde tout de même dans les plates-bandes de son sombre cousin. Au cœur de la métropole New Yorkaise un agent d’écrivain de littérature d’horreur, David Lamont, emménage dans un nouvel appartement luxueux. Sa rencontre avec sa voisine du dessous jettera un voile sur sa récente acquisition. Elle lui apprendra que sa demeure est sujette depuis plusieurs années à des rumeurs de hantise. Rajoutant de la vraisemblance à ses soupçons, Lamont trouvera une enveloppe à son bureau contenant des photographies de meurtres prenant place dans son appartement. De plus en plus inquiet, Lamont s’aperçoit avec stupeur que quelqu’un entre chez lui en son absence. Il trouve rapidement suspect tous les gens qu’il côtoie en sombrant lentement dans l’hystérie et la folie. En utilisant la bonne vieille recette « n’est confiance en personne », The Killing Floor nous transporte dans un univers de stress et d’angoisse frôlant le délire. Gideon Raff y arrive aisément en jouant avec l’alternance de vastes espaces et de pièces closes et confinées, des jeux d’ombrages et de la musique qui pousse notre cœur à battre plus vite. Le parcours du film, dans son ensemble, reste tout de même hasardeux. Les trente premières minutes posent les pions et nous présentent le rythme. Les quarante qui suivent nous entraînent dans une histoire labyrinthique de quête de vérité et de recherche du traqueur. C’est plutôt long et les gestes posés par le personnage principal sont parfois d’une absurdité incroyable. Les dialogues m’ont par contre surpris. Raff et Swanson manient les échanges verbaux avec excellence. J’ai adoré entendre David Lamont émettre son point de vue sur le genre horrifique dans la littérature. Il déclare, entre autre : « Horror is scary because it plays on your fears ». Marc Blucas est d’ailleurs un très bon interprète. On le croit réellement instable et sur le point de craquer. Pour revenir à l’histoire et au fait que Raff et Swanson maitrisent avec brio le thriller, je dois dire que le voyeurisme est toujours un sujet intéressant à aborder au cinéma. En tant que spectateur qui regarde sur écran les aventures de d’autres, nous sommes nous même un peu voyeur. Ce qui m’agace au plus haut point dans les films américains et qui s’applique à The Killing Floor, c’est la manie de toujours mettre en scène des histoires d’amour. C’est souvent superflue et, dans ce film, mal placé et exposé. On n’arrive même pas à saisir la raison d’être de cette idylle. Tristement, je crois que le spectateur américain moyen s’attend à voir ça et est irrémédiablement déçu si aucune relation amoureuse n’est créée. Dans une veine d’idée analogue, la scène de sexe est complètement inutile et moindrement excitante. La musique y est ridiculement dramatique. Mais, bon, c’est le côté thriller de The Killing Floor. Il est toujours amusant de voir des films tournés en sol montréalais. Dès les premières minutes, les gratte-ciels m’ont semblés familiers. Ce qui m’a un peu diverti pendant les longueurs du récit filmique. Si vous cherchez un film sanglant et gore, ne perdez pas votre temps avec The Killing Floor. C’est incontestablement un thriller dans sa plus simple expression. Donc, mise à part une scène où on démembre un corps à coup de hache pour nourrir des porcs aux grognements diaboliques, il n’y a rien de curieusement déviant. Par contre, si vous êtes amateur d’horreur léger, ce film est pour vous. Malgré le fait que The Killing Floor n’est pas un navet, je ne peux que souhaiter à Gideon Raff de produire quelque chose de plus original avec son prochain long métrage, Train, prévu pour cette année.
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