KINGDOM OF THE SPIDERS

1977

RÉALISATION: John Cardos
SCÉNARIO: Alan Caillou et Richard Robinson
AVEC: William Shatner, Tiffany Bolling, Woody Strode, Lieux Dressler et David McLean

Selon une étude quelconque, plus de 50% des femmes auraient peur des araignées. Pour les hommes, le taux se chiffrerait dans les alentours de 10%. Selon une autre étude, cette fois-ci menée par votre humble serviteur, 100% des amateurs de cinéma d'horreur devraient se délecter devant Kingdom Of The Spiders.

Lorsqu'il n'arrive pas à identifier la cause du décès de la vache d'un fermier, Rack Hansen, le vétérinaire d'un petit village, envoi un échantillon sanguin à un laboratoire. C'est ainsi qu'une jolie biologiste, Diane Ashley, débarque en ville. Il s'avère que l'animal est mort d'une surdose de venin d'araignée. Alors que les animaux des environs succombent à leur tour au puissant veniat, Rack et Diane découvrent d'énormes nids de tarentules migratrices. En tentant de s'en débarrasser (Attention, critique sociale à l'horizon!) avec des pesticides, ils ne font qu'éveilleur leur rage. Alors que le village est envahi par des milliers de tarentules, Rack et Diane devront tenter de défendre les habitants sans y laisser leur peau.

Avant d'enfiler à nouveau le costume du capitaine Kirk dans Star Trek: The Movie, William Shatner écrasait des tarentules avec ses bottes tout en courtisant un ancien modèle de Playboy... chapeau de cowboy sur la tête et canette de bière à la main! Ça, c'est du divertissement! Avec un budget restreint, une critique sociale bien prononcée, un ton léger et un acteur has-been, Kingdom Of The Spiders remplit toutes les obligations du film d'animaux tueurs des années 70. Ce qui le démarque de la masse et le rend encore divertissant plus de trente ans après sa sortie, c'est que contrairement à ses semblables, il se contente simplement d'exploiter une bestiole qui est dans le haut du palmarès des phobies. Il n'y a pas d'araignées géantes ou mutantes dans Kingdom Of The Spiders simplement des tarentules velues... des milliers de tarentules velues qui grimpent partout! Et voilà, on vient de perdre 50% de nos lectrices!

Avec un minimum de violence et d'action réelle, Kingdom Of The Spiders fonctionne justement en raison de l'utilisation de milliers de tarentules vivantes et le sang-froid des acteurs qui n'ont pas craint d'être couverts par celles-ci. Les effets spéciaux sont tenus au minimum, ce sont les réactions face à une menace réelle qui prime. Le scénario dépeint avec charme les habitants et l'atmosphère d'un petit village rural du sud des États-Unis. Il est donc facile de s'attacher aux personnages, surtout celui de Shatner avec son allure macho inoffensive. La séduisante Tiffany Bolling apporte pour sa part une dose appréciable de sex appeal. Même sans la présence d'arachnides, Kingdom of The Spiders est divertissant de par la naïveté des personnages et le charisme de ses acteurs. Une fois les milliers de tarentules lâchées lousses, on ne peut que sympathiser avec leur réaction.

Surtout que les tarentules de Kingdom Of The Spiders sont furieuses et ne se gênent pas pour le faire savoir! Dans une des meilleures scènes du film, elles s'en prennent au pilote d'avion qui déverse des insecticides sur leurs nids. Terrifié par la présence des bestioles, le pilote n'a d'autre choix que de crasher son avion dans un immeuble. Le dernier segment est quant à lui grandement inspiré de Night Of The Living Dead, alors qu'un groupe de survivants est barricadé dans une auberge et que les tarentules tentent par tous les moyens de pénétrer à l'intérieur. Chapeau aussi à la finale glauque qui est à l'opposée du ton général offert par le film. Bien que mise en scène avec un procédé passé date, c'est une des finales les plus percutantes en son genre.

Un autre élément que le manque de budget a su involontairement rehausser est la musique. Sans le sou pour engager un compositeur, le réalisateur John "Bud" Cardos a recyclé des thèmes musicaux de The Twilight Zone majoritairement composés par Jerry Goldsmith. Même si le procédé est douteux, ça augmente l'envergure du film et permet aux amateurs de Goldsmith de réentendre certaines pièces classiques. Pour notre plus grand plaisir, le tout est maladroitement jumelé à la chanson folk Peacefull Verde Valley composée par Dorsey Burnette expressément pour le film.

Bien que visuellement fade et peuplé de quelques longueurs, Kingdom Of The Spiders charme de par sa simplicité. Avec un contenu quasi familial, le film rivalise sans problème avec n'importe quels films d'horreur et risque de hanter les cauchemars des arachnophobes. Et des shatnerphobes aussi!

  • Dany Champagne

  • • L'Horrible Invasion (version française/France)

     

    Arachnophobia (1990)
    • Tarantula (1955)

     

     
     


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