KING OF THE HILL
2007
RÉALISATION: Gonzalo Lopez-Gallego
SCÉNARIO: Javier Gullon
AVEC: Leonardo Sbaraglia, Maria Valverde, Thomas Riordan, Andrés Juste et Pablo Menassa
J’ai lu plusieurs critiques disant qu’Hollywood n’aurait jamais les couilles de faire un film ou un remake comme King of the Hill. C’est bien vrai et tant mieux! Car avec un « twist » aussi captivant, King of the Hill ne pourrait mettre d’eau dans son vin sans compromettre son génie.
Alors que Quim s’arrête à une station-service pour faire le plein d’essence, il fait la rencontre de Bea. Alors qu’ils sont aux toilettes, une passion animale s’empare d’eux et ils baisent. Après coup, Quim réalise qu’il s’est fait berner, car il n’a plus de portefeuille. Il part donc à la poursuite de la jeune femme, lorsqu’un inconnu tire sur sa voiture. Perdu en forêt, Quim retrouve Bea qui, elle aussi, est désemparée. Ils devront mettre leurs différends de côté afin de survivre et d’échapper au mystérieux tireur d’élite.
La première moitié de King of the Hill est un survival bien ficelé, mais qui ne sort pas des chantiers battus. Il y a quelques moments qui nous surprennent, Javier Gullon prenant un énorme plaisir à construire un scénario qui tente de ne pas tomber dans le panneau des clichés du genre. Le scénario tente constamment de nous garder en haleine avec de petits revirements inattendus ou même prévisibles, mais qui sont emmenés d’habile façon. Les premières quarante-cinq minutes font grandement penser à un mélange entre Deliverance et Wrong Turn où nos héros tentent de survivre aux attaques d’un chasseur inconnu et de son chien.
Par contre, là où les choses changent complètement, c’est lorsqu’on voit le film sous les yeux du tueur. Non seulement, on apprend qui il est, mais aussi ses motivations. Je ne veux pas trop m’aventurer sur le sujet, de peur d’en dire trop, mais dès que ce moment arrive, le film change complètement de registre et de ton et on ne peut qu’appréhender à contrecœur la finale qui arrive.
Il n’y a pas que le scénariste qui soit bourré de talent, le réalisateur aussi. Gonzalo Lopez-Gallego joue énormément avec l’image, nous offrant des plans panoramiques, majestueux ou bien presque tirés d’un jeu vidéo. À certains moments, le film nous est montré comme si nous étions le tueur, soit regardant par la lunette de visée ou bien en positionnant l’arme dans une vision de première personne comme dans un jeu vidéo tel que Doom, Half-Life ou Gears of War. King of the Hill peut aussi se targuer d’avoir la participation de merveilleux acteurs, spécialement Leonardo Sbaraglia sur qui une partie de la finale repose. C’est alors qu’il réussit à capter parfaitement les sentiments qui habitent son personnage.
Par contre, le film souffre du Syndrome de Deep Red, c'est-à-dire qu’une sous histoire vient gâcher l’intensité du film. À plusieurs reprises, les deux personnages principaux s’engueulent et s’envoient promener à cause du vol de portefeuille de Quim. Même si l’histoire est logiquement à sa place, le film aurait mieux bénéficié si l’agressivité de Quim avait été dirigée entièrement contre l’antagoniste et non à moitié contre Bea, même si la pertinence des interventions est justifiée.
Ma critique peut sembler bien courte, mais c’est difficile de vous parler du meilleur moment du film sans rien vendre. La meilleure critique serait que vous alliez vous procurer ce film et l'admirer par vous-même!



• El Ray de la Montana (Titre original/Espagne)
• Les Proies (Titre français/Québec)


• Deliverance (1972)
• The Backwoods (2006)
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