CHROMESKULL: LAID TO REST 2
2011
RÉALISATION: Robert Hall
SCÉNARIO: Robert Hall et Kevin Bocarde
AVEC: Brian Austin Green, Thomas Dekker, Mimi Michaels, Danielle Harris et Nick Principe
Depuis quelques années, le slasher se cherche, avec un succès modéré, une bougie d'allumage qui pourrait le propulser à nouveau au haut de la chaine de popularité. Que ce soit à l'aide de remakes, du retour de séries qu'on croyait terminées ou de l'arrivée de nouvelles sagas, le slasher peine à captiver l'audience comme il l'a jadis fait. Cela n'a pas empêché Robert Hall de tenter d'apporter du sang neuf au sous-genre avec son croque-mitaine rapidement devenu culte; Chromeskull. Reste à savoir si le deuxième film de la série sera le point de départ d'une prolifique série.
Chromeskull: Laid To Rest 2 débute là où le film original se terminait. Chromeskull, a été laissé pour mort dans un dépanneur par une femme amnésique et un jeune homme qui l'a aidé bien malgré lui. Les deux survivants ayant à peine le temps de s'enfuir des lieux, arrive un groupe qui s'empresse de prendre possession du corps de Chromeskull pour le sauver. Après trois mois passés aux soins intensifs, le mystérieux tueur est de nouveau sur pieds et prêt à faire de nouvelles victimes. Mais d'abord, il devra se débarrasser des deux survivants du massacre précédent qui sont devenus des témoins gênants. La police aux trousses, Chromeskull et fidèles acolytes poursuivent donc leur régime de terreur.
Lors de sa sortie en 2009, Laid To Rest est rapidement devenu une sensation parmi les amateurs de cinéma d'horreur. Et avec raison. Son style minimaliste et son tueur intriguant jumelés à des effets gores pratiques impressionnants ont ramené le slasher à ses racines. Mais sa réussite, Laid To Rest la doit avant tout au mystère entourant son scénario. En effet, le cinéaste Robert Hall nous propulsait dans son histoire via une jeune femme amnésique qui se faisait poursuivre, pendant 90 minutes, par un psychopathe portant masque chromé au visage et caméra à l'épaule. Aucune explication ne nous était donnée et c'était tant mieux ainsi.
Laid To Rest 2 poursuit ce mystère, mais dans un contexte si exagéré et absurde, qu'il vient gâcher tout ce que son prédécesseur avait réussi de bien! En terme de qualité, Laid To Rest 2 est une véritable montagne russe. Il y a des hauts et des bas. Mais à mesure que l’intrigue progresse, les hauts sont de plus en plus distancés et les bas se font plus nombreux. Le tout pour se culminer en une fin en queue de poisson qui laisse présager une suite envers laquelle l’auteur de ses lignes n’a pas grand intérêt. Si Hall avait pris bien soin de nous garder stratégiquement dans le néant tout en se souciant du réalisme dans le premier film, la suite nous demande trop souvent de passer par dessus notre incrédulité.
Si vous pensiez que l'influence deHostel et Saw était sur le déclin, détrompez-vous! En élargissant la mythologie du personnage de Chromeskull, Robert Hall n'a rien trouvé de mieux que de singer des concepts propres aux deux séries mentionnées. Cette fois-ci le meurtrier est à la tête d'une entreprise qui a pour mandat de kidnapper des victimes qui prendront part aux fantasmes meurtriers de Chromeskull. Le tout dans un vieil entrepôt délabré qui a surement été acheté du même agent immobilier que Jigsaw! Cette révélation laisse plusieurs questions en suspens, mais généralement ce ne sont pas les bonnes questions.
Cette suite est aussi enclin à plusieurs exagérations et stupidités, qui mises ensemble, finissent par nous faire décrocher de l'histoire. Le plus notoire est cette policière qui a comme seul indice que la voiture de Chromeskull a une plaque d'immatriculation à l'effigie de son nom. Lorsqu'elle aperçoit la fameuse plaque, son premier réflexe est de téléphoner à son patron pour vérifier si Chromeskull s'épelle avec un ou deux "L"!
Le scénario apporte certes quelques éléments intéressants, comme cet employé de Chromeskull, joué par Brian Austin Green de la première génération de Beverly Hills 90210, qui rêve de porter le costume de son patron et laisser libre cours à ses propres pulsions meurtrières. Et comme c'était le cas avec le premier film, les effets gores sont irréprochables.
La finale laisse présager un éventuel troisième chapitre, mais ce n'est pas nécessairement une bonne nouvelle. En l'espace de deux films, la série est passée de prometteuse à ennuyeuse et sans saveur.



• Laid To Rest (2009)


• Saw 3 (2006)
• Death Tube (2010)
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