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THE LAST EXORCISM
2010
RÉALISATION:Daniel Stamm
SCÉNARIO: Huck Bolto et Andrew Gurland
AVEC: Patrick Fabian, Ashley Bell, Iris Bahr, Caleb Landry Jones et Louis Herthum
Ceux qui voudraient se fier à la campagne de marketing de The Last Exorcism, ne le faites pas. Ceux qui jugent le film parce qu’Eli Roth y est associé, ne le faites pas. Ceux qui ne connaissent rien à propos du film et veulent lire cette critique, ne le faites pas… euh… ben… oui s’il vous plait, mais c’est à vos risques!
Cotton Murphy est un pasteur ultra populaire dans sa communauté. En plus de prêcher la bonne parole, de temps en temps, il performe des exorcismes. En fait, selon ses propres mots, ce sont plus des spectacles que de véritables dépossessions. Ayant perdu la foi autant en Dieu qu’en l’Église, il décide de performer un dernier exorcisme et désire être filmé, afin de dévoiler tous ses secrets. Mais ce qu’il pensait être un acte facile se révélera plus ardu que prévu!
Même si, personnellement, je ne crois pas que d’en savoir trop nuise à l’appréciation du film, il est clair que néanmoins, moins on en sait, mieux c’est! The Last Exorcism nous emmène souvent vers des chemins insoupçonnés, ce qui est l’une des grandes forces du film, surtout pour la finale « claque dans la face » à la The Blair Witch Project.
En fait, The Last Exorcism est moins épeurant que prévu. Il y a bien des scènes d’épouvantes et d’intensité horrifique ici et là, mais pas autant que d’autres films du genre. Et ce n’est tellement pas grave. Le scénario de Huck Bolto et Andrew Gurland est si intéressant et riche qu’il réussit à captiver notre attention. Il y a tout un univers et une mythologie de créés autour des événements du film et à propos du passé du village. De plus, le film tente de démystifier sérieusement les croyances de possession en introduisant des explications psychologiques réalistes, n’oubliant jamais que le film est censé être un documentaire.
En plus de manquer de scènes horrifiques, The Last Exorcism est également dépourvue d’une abondance de scènes dégueulasse, de vomis, de gore et autres. Ce qui est surprenant, car généralement c’est ce qui est associé a ce genre de film et aussi parce qu’Eli Roth, le roi du gore, produit le film. Mais justement, c’est ce qui en fait le génie, gardant toujours le film sur une ligne réaliste, laissant toujours planer un soupçon, à savoir si la jeune fille est bien possédée ou seulement dérangée psychologiquement.
En fait , je comparerais le film à The House of the Devil sur le point de la structure. Le film ne mise pas tant sur la livraison de scène d’action pure, mais plutôt sur l’angoisse et l’ambiance. De plus, on nous tient en haleine jusqu'à la fin sur la vérité à propos des événements jusqu'au revirement à 180 degrés.
D’ailleurs, le fait que le film soit supposé être tourné par une équipe professionnelle permet de jouer avec certains aspects qui pourraient déranger les fanatiques de réalisme. Évidemment, le film ne peut être parfait, certains problèmes de logistiques feraient surface, mais dans le genre, il réussit très bien. Ce qui peut expliquer la présence de musique ou d’effets de montage dans le faux documentaire. Ce qui n’empêche pas Daniel Stamm de livrer un film magnifiquement tourné utilisant les limites du documentaire à son avantage.
Je ne pourrais jamais assez souligner le travail de titan de deux des acteurs principaux, Patrick Fabian et Ashley Bell. Fabian, celui qui joue le pasteur Cotton Murphy est muni d’un charisme incroyable. Grâce à une énergie démentielle, des clins d’œil à la caméra et d’une fougue incroyable, il nous charme dès le début. Lors d’une scène où il prêche à une salle en délire, j’ai failli crier quelques Alleluiah pour lui! Même chose pour Ashley Bell, la jeune possédée. Dès le début, elle nous charme avec de beaux sourires et une énergie quelque peu enfantine. Et lorsque vient le temps de performer avec plus de noirceur, elle réussit à tortiller son corps de façon incroyable, sans l’aide d’effets spéciaux. C’est rafraichissant de voir un personnage de possédé qui ne parle pas toujours avec une grosse voix grave.
The Last Exorcism n’est pas le meilleur film d’exorcisme, ni le meilleur faux documentaire. Mais il marie parfaitement les deux genres, livrant un film satisfaisant.



• Le Dernier Exorcisme (version française/Québec)


• The Exorcism of Emily Rose (2005)
• The Exorcist (1973)
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