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THE LAST HORROR MOVIE2003
RÉALISATION: Julian Richards Le faux documentaire, le documenteur ou le « mockumentary » — à vous de choisir le terme qui vous convient selon le cas — n'est pas étranger au genre de l'horreur. Pensons d'abord à Cannibal Holocaust, The Blair Witch Project, au récent Behind The Mask: The Rise of Leslie Vernon, ou encore, à l'importante tendance snuff des dernières années. On peut établir que ce qui rassemble ces oeuvres est qu'elles recherchent à brouiller l'espace qui sépare réalité et fiction. Ceci peut être accompli par le biais de diverses astuces. Parfois, un film ira jusqu'à afficher délibérément sa conscience des codes du genre dont il s'inspire. Ce geste postmoderniste est à la base de The Last Horror Movie, un film anglais qui s'annonce aussi audacieux que l'est son titre. En apparence, Max est un photographe de mariage à la vie sociale exemplaire. Par contre, dans ses temps libres, Max est un tueur en série poursuivant un projet hors du commun. À l'aide de son caméraman qui suit ses moindres faits et gestes, il tente de créer un film sur la vie et la mort : un film qui fera réfléchir les gens. Tout d'abord, mentionnons que l'influence du controversé film belge C'est Arrivé Près De Chez Vous sur le film de Julian Richards est évidente. Pour l'essentiel, The Last Horror Movie nous présente une série de meurtres filmés à la caméra à l'épaule, le tout entrecoupé de scènes où Max s'adresse directement à la caméra pour commenter les meurtres. En s'adressant continuellement au spectateur, en le questionnant et en anticipant ses réactions, Max parvient à l'impliquer personnellement dans son exercice. Dans ses interventions, Max utilise un humour noir et tient des propos cyniques qui font à la fois sourire et réfléchir. Ainsi, The Last Horror Movie nous confronte à certains paradoxes éthiques issus du monde moderne et nous force à remettre en cause notre désir voyeur pour des images violentes. Le film de Richards fonctionne surtout grâce à la performance de l'acteur Kevin Howarth qui incarne le tueur. Il réussit à fournir au personnage un charisme énigmatique et s'imprègne vraiment dans son rôle. La présence physique de l'acteur y est pour beaucoup, celui-ci s'imposant avec vigueur face à ses nombreuses victimes. D'ailleurs, la majorité des scènes de meurtre de The Last Horror Movie ont le pouvoir de déranger. Malgré que la qualité des effets gore soit respectable, c'est davantage le fait que Max ne révèle jamais clairement ses motifs meurtriers qui procure de l'impact à ces scènes. Il faut également souligner que le métrage bénéficie de bons rebondissements et que son final risque d'en inquiéter plusieurs ! D'un autre côté, le film souffre quelque peu des promesses faites par son protagoniste en début de parcours. En plaçant la barre très haute dès le départ, The Last Horror Movie crée nécessairement des attentes chez le spectateur. Le point de vue que nous offre Max sur l'existence humaine demeure certes étrangement divertissant et parfois même songé, mais on aurait espéré que le scénariste soit assez confiant pour mener ses idées plus loin. Car à travers un sociopathe aussi bien construit que Max, on peut s'engager dans des discours épineux sans craindre les jugements. Dommage, parce que The Last Horror Movie aurait facilement pu devenir un incontournable en son genre.
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