| |
THE LAST HOUSE IN THE WOODS
2006
RÉALISATION: Gabriele Albanesi
SCÉNARIO: Gabriele Albanesi
AVEC: Daniela Virgilio, Daniele Grassetti, Gennaro Diana, Santa De Santis et David Pietroni
Il y avait bien longtemps que je n’avais pas vu un film d’horreur Italien aussi sanglant. Même qu’à bien y penser, il y avait fort longtemps que je n’avais pas vu de film d’horreur Italien tout court. Suite à la belle époque du giallo et des effets spéciaux exagérément gore, l’Italie semble avoir emprunté un tournant plus télévisuel qu’extrême en matière de cinéma. Et voilà qu’un xième film dont le titre débute par « Last House » se pointe sous la bannière Ghosthouse Underground, série de films d’horreur indépendants parus directement sur DVD, présentée par les responsables de 30 Days of Night et The Grudge, deux films dont je me fous éperdument. Que faire de tout ça? J’ai décidé de faire confiance à la personne qui me l’a conseillé et en bout de ligne, je crois que j’aurais eu tort de ne pas le faire.
The Last House in the Woods ouvre sur un dramatique accident de voiture où un jeune garçon est témoin de la mort de son père. Sa mère, paniquée, descend du véhicule afin d’attirer l’attention d’un conducteur qui arrive à vive allure, mais au lieu de s’arrêter, il l’a fauche violement avant de l’achever avec une grosse pierre sous le regard horrifié du jeune garçon. Introduction brutalement efficace. Le récit principal débute. Il raconte la mésaventure de Rino et Aurora, un jeune couple déchiré par les questionnements amoureux de la jeunesse, qui sont malgré eux entraînés dans un monde de violence et de cannibalisme. Alors qu’ils terminent une partie de sexe dans la voiture de Rino, un trio de truands débiles les attaque sauvagement sur le bord de la route, laissant Rino inconscient et Aurora soumise à leur soif de viol. Par miracle, un autre couple plus âgé passe par là et vient les sauver. Ils font alors la rencontre d’Antonio et Clara qui les invitent à leur domicile (la dernière maison dans les bois…) afin de se remettre de leurs émotions. Les choses s’assombrissent quand Aurora fait la rencontre Giulio, le jeune fils de ses bienfaiteurs qui, curieusement, arbore une allure cannibale.
L’idée de base n’est pas mauvaise et le jeune réalisateur Gabriele Albanesi, quoique visiblement prétentieux et passablement imbus de son premier long-métrage, livre un film qui m’a véritablement divertis et fait sourire. D’après le réalisateur, il est flagrant que le scénario et la cinématographie empruntent à plusieurs monstres sacrés de l’horreur tels Dario Argento, Lucio Fulci et même Sam Raimi, mais à mon avis, le fait qu’il s’agisse d’une production à faible budget tournée en numérique rend ces comparaisons difficiles. N’empêche, le choix des plans et la qualité des effets m’ont rapidement fait oublier les lacunes budgétaires, ce qui en soi, est déjà un exploit. Le film repose sur un scénario plutôt bien tissé, qui ne justifie pas toujours ses explosions de gore, mais qui rend le spectateur progressivement moins confortable en misant sur un suspense qui sécrète son lot d’angoisse.
J’ai cependant un peu décroché au moment de l’histoire où nous découvrons qu’Antonio et Clara on eu deux autres fils mutants, désormais adultes, qui vivent dans une roulotte au fond des bois et viennent se nourrir occasionnellement au domicile familial. Je n’ai pas trop compris le pourquoi de leur présence et encore moins leurs déformations, mais bon, ils servent à deux meurtres graphiques en bonus. Parlant de questionnements, au moment où je n’attendais plus de réponse pour ce festival de l’hémoglobine, les 15 dernières minutes sont venues, un peu maladroitement, m’éclaircir sur certains points. On découvre entre autre ce qui est advenu du petit garçon témoin du meurtre de ses parents au début du film. Je vais vous laisser l’opportunité d’en juger par vous-même, mais disons qu’avec ou sans réponse claire, le film reste efficace à sa juste valeur.
En somme, nous avons droit à un petit film indépendant qui sait se démarquer du lot avec des effets spéciaux fort réussis (ça fait du bien) et un solide scénario qui ne mise pas sur les rires faciles pour s’en tirer. The Last House in the Woods ne réinvente rien, mais en revanche, ne procure aucun ennui. Une recommandation à visionner dans sa version originale italienne sous-titrée, bien entendu.



• Il Bosco Fuori (titre original/Italie)


• Cabin Fever (2002)
• Andre The Butcher (2005)
| |
|