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LAST HOUSE ON THE BEACH
1978
RÉALISATION: Franco Prosperi
SCÉNARIO: Romano Migliorini et Gianbattista Mussetto
AVEC: Florinda Bolkan, Ray Lovelock, Flavio Andreini, Stefano Cedrati et Sherry Buchanan
Ai-je vraiment besoin de citer le titre du film dont Last House On The Beach tente d’imiter la recette? Bah… pensons aux non initiés! Après le succès connu par The Last House On The Left de Wes Craven plusieurs cinéastes ont sauté sur le concept, donnant ainsi naissance au meilleur (Night Train Murders) et surtout, au pire…
Après un vol de banque qui s’est terminé en bain de sang, trois voyous se réfugient dans une école privée à la campagne. Sur les lieux, ils prennent en otage les étudiantes et leur professeure, une nonne. Après quelques claques, des coups de pied, quelques viols et un ou deux meurtres, la nonne en a assez et décide de se venger. Aidée des étudiantes en détresse, elle se promet bien de faire payer les trois salauds!
C’est bien beau de tenter de copier la recette d’un classique du cinéma d’horreur, mais encore faut-il savoir recréer l’intensité de celui-ci. Bien ancré dans le style « rape and revenge », un des sous-genres les plus malsains du cinéma d’horreur, Last House On The Beach est plutôt timide, offrant que peu des éléments clés qui ont défini le genre. Malgré que les cinéastes italiens des années 70 aient bâti leur réputation grâce à leurs excès d’hémoglobine et leur approche audacieuse face à la sexualité, Franco Prosperi (qui a collaboré avec Mario Bava sur Hercules In The Haunted World) fait bande à part. Son film est à la limite du mélodrame d’après-midi, reléguant horreur et sexe (nous sommes quand même dans un rape and revenge) au rôle de figurants!
La première faute commise par Last House On The Beach est l’utilisation de trois vilains qui n’ont aucune crédibilité dans leur rôle. Les antagonistes du film ne font aucunement peur, n’intimident pas leurs victimes, ils sont simplement là! Du moment qu’ils arrivent dans l’école, on assiste à un long 80 minutes de remplissage pendant lesquelles, ces semblants de vilains donnent des ordres des étudiantes supposément terrifiées. Et lorsque finalement, l’horreur cogne à la porte, c’est pour nous présenter une scène de viol qui est désagréable à regarder … pour les mauvaises raisons. Soucieux d'offrir de la nouveauté au genre, les scénaristes ont incorporé le personnage d'une nonne, faisant du film à la fois un rape and revenge et un nunsploitaion. Et ça le studio ne se gêne pas pour nous le rappeller, bien que l'aspect "exploitation de nonne" soit aussi effacé que l'horreur!
Encore plus navrant, c’est que lorsque le vent tourne et que les victimes décident de se venger, le spectateur n’a aucune implication sentimentale envers leur quête. Avec des vilains qui semblent n’avoir aucune once de méchanceté, le désir de vengeance n’est même pas justifié. Et ce qui devrait être l’apothéose du film est aussi emmerdant que le reste. Quelques coups de fusils et puis le générique apparaît! C’est dommage pour un pays qui nous a offert certains des meilleurs exemples du sous-genre, soit Night Train Murders et House On The Edge Of The Park.
Comparé à l’œuvre phare qu’il tente, sans subtilité, d’imiter, Last House On The Beach fait pâle figure. Si controverse, perversion, sexualité et violence ne font pas partie de votre vocabulaire, peut-être vous êtes-vous trompé de genre!



• La Settima Donna (titre original/Italie)
• La Dernière Maison Sur La Plage (Version française/Québec)


• The Last House On The Left (1972)
• House On The Edge Of The Park (1980)
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