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THE LAST MAN ON EARTH1964
RÉALISATION: Ubaldo Ragona Originalement adapté pour Hammer Films, le roman I Am Legend de Richard Matheson a malheureusement été rejeté par la censure britannique qui trouvait le scénario trop horrifique à leur goût. Ce furent les Américains qui rachetèrent les droits sur le film, pour finalement le produire en Italie. Cela fait environ trois ans que Robert Morgan est… le dernier homme sur Terre! Toute la planète a été ravagée par un virus qui a transformé la population entière, à l’exception de Morgan, en vampires. La nuit, il reste à l’intérieur de sa maison et attend patiemment le jour pour que les vampires cessent de prendre la maison d'assaut et s’en aillent. Le jour, il reconstruit les barricades que ses assaillants ont détruites, s’équipe le mieux qu’il peut en parcourant les anciens magasins et brûle les cadavres qu’il trouve. Il explore aussi la ville à la recherche de ses ennemis pour les assassiner dans leur sommeil. Malheureusement, ses récoltes ne portent pas vraiment fruit puisqu’il en a seulement eu onze en trois ans. Un jour, il rencontre une femme qui lui révèle que certains vampires sont redevenus partiellement humains et comptent reconstruire une nouvelle société. Cependant, la première étape de la reconstruction s’avère être l’élimination de Morgan… Œuvre précurseur au film de zombies contemporain, The Last Man On Earth est un film trop souvent oublié. En effet, le film a plusieurs similitudes avec Night Of The Living Dead, sorti quatre ans plus tard et souvent considéré comme le premier film de zombie comtemporain. Dans The Last Man On Earth, les vampires sont très lents et leurs attaques sur la maison de Morgan ne sont pas sans rappeler l’assaut des morts-vivants dans le chef d’œuvre de George Romero. De plus, les deux œuvres ont une ambiance semblable et les deux se caractérisent par une évolution psychologique du (ou des) personnage(s) menant vers la folie. Finalement, les deux exploitent l’instinct de survie et ont une finale quelque peu similaire. L’inspiration de Romero est donc très évidente. Toujours comme Night Of The Living Dead, qui modernisait le mythe du zombie, The Last Man On Earth actualise, de son côté, le mythe du vampire. Par le passé, les vampires étaient considérés comme des êtres immortels dotés de pouvoirs surnaturels. Maintenant, le vampirisme s’approche plus d’une maladie épidémique qui infecte les gens, et non un don maléfique. Les raisons qui expliquent le vampirisme sont scientifiques et s’expliquent en laboratoire. Les vampires ne sont pas des surhumains mais des gens normaux atteints d’une irrésistible envie de sang humain. Le film a donc beaucoup plus en commun avec un 28 Days Later qu’un Dracula. Dans le rôle de Morgan, Vincent Price (House Of Wax, House On Haunted Hill) est excellent, dans un interprétation d'un personnage riche et bien développé. À travers sa narration, le célèbre acteur parvient très bien à nous entraîner dans la vie quotidienne de Morgan et à nous la démontrer comme s’il s’agissait d’une vie normale. Nous le voyons remplacer les gousses d’ail accrochées sur ses murs, parcourir la ville à la recherche de ses ennemis et regarder d’anciennes vidéos de familles. À force, sa vie n’est devenue qu’une vulgaire routine. De plus, comme il vit maintenant seul et qu’il est privé de sa famille, il commence à sombrer peu à peu dans la folie. Aussi, chaque détail dans le scénario semble avoir un but et une raison. Que ce soit une ligne de dialogue ou une action quelconque, rien n’est laissé au hasard. Alors que la première partie démontre bien comment peut se sentir le dernier homme sur Terre, le second acte offre plutôt des interrogations morales. Nous voyons dans cette partie de quelle manière l’infection est arrivée et a contaminée le monde. Cette partie n’est d’ailleurs pas sans rappeler The Crazies, un autre film réalisé par Romero. Alors que l’armée part à la chasse aux infectés afin de les mettre hors d’état de nuire, que feriez-vous si l’un des membres de votre famille était atteint de la maladie et pourrait se transformer en vampire d’une journée à l’autre? Pas évident d’y répondre… Si les deux premières parties prennent bien le temps de développer les personnages, la finale est, quant à elle, beaucoup plus centrée sur l’action. Ce qui retient particulièrement l’attention sont l’intensité et le sentiment d’impuissance qui se dégagent du film et qui font remuer le spectateur sur son siège. Le traitement du film est également très pessimiste. The Last Man On Earth possède aussi de somptueux décors désertiques qui aident beaucoup à donner un air apocalyptique au film. Le noir et blanc parvient, de son côté, à participer à l’ambiance sombre et horrifique. Pour ceux qui aiment les vieux films sombres et sinistres ou qui seraient curieux de voir d’où se sont inspirés les premiers films de zombies, The Last Man On Earth est pour vous. De plus, il s’agit d’un classique trop souvent sous-estimé qui mériterait d’être vu par tout amateur d’horreur qui se respecte.
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