LEGION

2010

RÉALISATION: Scott Stewart
SCÉNARIO: Peter Schink et Scott Stewart
AVEC: Paul Bettany, Lucas Black, Tyrese Gibson, Adrianne Palicki et Kevin Durand

Après avoir vu Legion, je sais maintenant comment s’est senti Dieu après qu’Ève ait mangé le fruit défendu. Je fus peiné, déçu et attristé de voir que ce en quoi je mettais tant d’espoir ne s’avérait n’être qu’une œuvre imparfaite.

Avec toutes nos guerres, nos crimes odieux, nos péchés véniels et nos American Idols, Dieu a perdu la foi. Dans le but de nous punir, il ordonne à son armée de détruire l’humanité ainsi que le messie qui donnera une chance aux humains de survivre. Mais Michael, l’un des généraux de Dieu refuse la mission et échoue sur Terre dans le but de sauver le jeune bébé qui n’est pas encore né. C’est ainsi qu’une autre guerre et d’autres crimes odieux seront commis par une poignée de survivants et par l’ange déchu Michael.

Je suis loin d’être un religieux pratiquant, encore moins croyant, mais j’ai une certaine fascination envers les œuvres qui traitent de la religion. Malgré tout, je trouve la mythologie derrière tout ça intéressante, comme j’adore la mythologie grecque par exemple. C’est donc avec une certaine hâte que j’avais envie de voir Legion, un film à propos de Dieu qui emmerde sa création et décide de l’anéantir. Bien que certains points soient intéressants, Legion n’apporte rien de nouveau sur la table. Ainsi, les anges peuvent posséder un corps humain. Mais en ce faisant, les corps se transforment pour donner une apparence quelque peu maléfique avec des yeux noirs de jais et des dents acérées. Ça nous pousse à nous demander quelle est la nature de Dieu, bonne ou maléfique? Mais c’est l’utilisation des ailes d’anges que je trouve particulièrement géniale et originale. Les ailes des anges ne comportent pas des plumes ordinaires, mais plutôt des plumes dures comme l’acier, ce qui permet aux anges de s’en servir comme bouclier et même comme lames tranchantes.

C’est donc sur ces quelques éléments que toute l’énergie mentale des scénaristes à été utilisée, car le reste du scénario ne vole pas très haut. Non seulement la ligne directrice est mince comme une feuille de papier, mais les dialogues sont d’une stupidité incroyable. À au moins quatre reprises, les personnages livrent chacun un dialogue racontant une anecdote personnelle moralement importante commençant, par : « Quand j’étais gamin, mon père (ou ma mère) blablabla… », tout en versant une larme ou en ayant l’air de faire pitié. Évidemment, le reste des dialogues n’aide aucunement à ce qu’on s’attache aux personnages, qui sont unidimensionnels. Quand s’est rendu que tu trouves que les personnages d’Arnold Schwarzenegger semblent avoir été écrit par Shakespeare, il y a un problème! Ainsi, on se fout éperdument du sort des personnages ainsi que de leurs états d’âme.

Côté réalisation, c’est mieux, mais ce n’est pas parfait. Certaines scènes sont mal réalisées, n’offrant pas les bons points de vue où elles sont tout simplement trop longues et ennuyantes. Les moments d’action, eux, sont trop espacés, manquent de rythme et son très mal éclairés. On a souvent de la misère à voir ce qui se passe. La pire scène à propos de cela est le combat final entre Michael et l’ange Gabriel. Les plans sont beaucoup trop rapprochés, il n’y a pas d’éclairages et les plans nous sont montrés à une vitesse folle. Une belle scène d’action manquée. Cependant, il y a certains plans particulièrement réussis, léchés et stylisés. La meilleure scène étant celle où la petite vieille rentre dans le restaurant. On nous la montre qu’à moitié, visant ses pieds et sa marchette, nous montrant sa silhouette dans l’encadrement de la porte, lui donnant un air menaçant, jusqu'à ce qu’on voit son sourire fendu jusqu'au front. Évidemment, le fait qu’on sache ce qui va se passer à cause de la bande-annonce rajoute une aura d’anticipation à la scène.

Legion est la preuve que Dieu n’existe pas! Aucun Dieu n’accepterait qu’un film aussi décevant sorte en salles. Pire, aucun Dieu ne voudrait qu’un film qui le fasse passer pour un gros crisse d’épais sorte! Encore pire, aucun Dieu ne voudrait me faire perdre mon argent et mon temps, moi qui suis son fils bien-aimé!

  • Dominic Paulhus

  • • Légion (version française)

     

    • The Prophecy (1995)
    • Constantine (2005)

     

     
     


    Horreur Web © 2003-2010
    Création/rédaction: Dany Champagne • Graphisme: Daniel Bérard