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LET’S SCARE JESSICA TO DEATH
1971
RÉALISATION: John D. Hancock
SCÉNARIO: John D. Hancock, Lee Kalcheim et Sheridan Le Fanu
AVEC: Zohra Lampert, Barton Heyman, Kevin O’Connor, Gretchen Corbett et Alan Manson/span>
Il y a un certain temps, je me suis dit qu’il ne serait pas bête d’apposer ma patte personnelle à quelque chose (n’importe quoi) sur Horreur-web et d’aller explorer en profondeur l’un des sous-genres du film d’horreur. Le vampire m’est rapidement venu en tête. Le nombre de films dans lesquels il fait une apparition est quasi-infini, et bon nombre d’entre eux manquent encore à l’appel sur le site ! Ainsi, peut-être qu’un jour j’obtiendrai le titre honorifique de Christopher Lee de notre forum, ou encore un prix Pullitzer pour ma connaissance sans failles du mythe ! Sans plus tarder et la tête pleine de fantasmes, j’ai donc décidé de commencer ma quête avec un film de 1971 qui jouit d’une grande notoriété, le nommé Let’s Scare Jessica to Death. Après 8 mois d’une rédaction aussi houleuse que sporadique ainsi que d’un bon mal de crâne, voici enfin ma critique.
Jessica vient de passer les six derniers mois dans un asile pour aliénés. Sitôt sortie, elle quitte New York pour aller vivre dans la campagne reculée avec son amoureux, Duncan, ainsi qu’un de leurs amis communs. Duncan a sacrifié toutes ses économies pour faire l’acquisition d’une petite ferme, laquelle semble crainte par les habitants du coin. En arrivant sur les lieux, ils font la rencontre d’Emily, une jeune femme qui vivait dans leur nouvelle maison puisqu’elle la croyait abandonnée. Néanmoins, Emily n’est peut-être pas ce qu’elle laisse paraître… Du moins, c’est ce que semble croire Jessica, qui l’accuse d’être une vampire et essuie par le fait même les considérations de ses compagnons, ceux-ci croyant à une rechute de son état mental !
Let’s Scare Jessica to Death comptait pour moi parmi cette catégorie de films sur lesquels on fantasme, que l’on ose difficilement regarder tant est grande la peur que ce ne soit pas comme dans nos rêves les plus fous. Après coup, je peux vous affirmer de manière catégorique que Let’s Scare Jessica to Death est loin, loin, mais loin de mes rêves les plus fous ! J’en suis encore à m’interroger sur l’incroyable réputation que tire ce film derrière lui, ainsi que sur son avantageuse côte imdb !
Soyons francs, certains films ne passent pas l’épreuve du temps. Ils s’enlisent au fil des années, si bien qu’après un certain moment les nouvelles cohortes d’amateurs ne comprennent tout simplement plus pourquoi leurs vénérables aînés leur ont recommandé avec tant de ferveur tel ou tel titre. C’est ici le cas. Let’s Scare Jessica to Death mise beaucoup sur une espèce de paranoïa ambiante, paranoïa que je n’ai pas ressentie une seule seconde. Est-ce que je manque de sensibilité ? Je ne le crois pas. Le film met tout simplement très mal en scène son idée de peur et de délire, et ce dans presque toutes les sphères. En 2011, il serait aisé de vous suggérer des titres bien plus réussis aux thématiques semblables !
De son côté, le casting présent sur ce film est considérablement réduit par le désir de rendre l’histoire étouffante et d’invoquer chez l’audience la bonne vieille émotion de solitude. De plus, nos personnages semblent adopter le mode communautaire assez populaire chez les hippies de l’époque (du moins, ce qu’il en restait en 1971). Malheureusement, les acteurs sont lamentables. Dans son rôle de Jessica, Zohra Lampert ne suscite que très peu d’empathie. Elle a plutôt tendance à tomber sur les nerfs ! Le scénario insiste pourtant, tentant de nous mettre à tout prix en contact avec sa sensibilité au cours de certaines scènes interminables qui donnent carrément envie d'éteindre son téléviseur. Quant à elle, Gretchen Corbett ne lui est pas réellement supérieure. Je me suis longuement ennuyé d’Ingrid Pitt au cours de mon visionnement ! Corbett fait un bien piètre vampire et même un piètre personnage, puisqu’elle apparaît bientôt aussi vide qu’une huitre.
Si je résume, donc, le but de ce film est d’éprouver les doutes et angoisses d’une actrice très énervante larguée dans une communauté dominée par une cruelle vampire. Par le fait même, déçu par le reste, j’aurais aimé avoir droit à plus de vampires ! Malheureusement, le budget ne semblait pas permettre plus que quelques maquillages. Et l’ambiance gothique se limite quant à elle à une vieille baraque ainsi qu’à la présence d’une certaine quantité de brouillard lors de rares moments. Avec son manque d’ambitions, son histoire éculée, ses longueurs et ses moments inexpliqués, le film en vient rapidement à ennuyer. À ce moment là, il reste peu de choses à faire. Let’s Scare Jessica to Death laisse perpétuellement l’auditeur dans le flou, particulièrement lorsqu’il offre une musique complètement décalée de l’action en cours. Les dernières minutes tirent difficilement de quelconques émotions, tant tout ce qui les a précédées fut assommant ! Le pain n’a jamais levé et on encourage distraitement la fuite éperdue de Jessica en espérant secrètement (ou pas) que cela nous mène rapidement au générique de fin.
J’ai l’impression d’être une bitch, à massacrer ce qui est censé être un glorieux classique ! Croyez moi, j’étais le premier à vouloir aimer Let’s Scare Jessica to Death. Malheureusement, ce ne fut pas du tout le cas et je me désole maintenant d’être tombé de si haut. Je ne me suis pas senti impliqué une seule seconde dans le métrage, je suis toujours demeuré Marc-Antoine, assis sur son divan devant un film ennuyeux qu’il aura à critiquer sous peu ! Il y a peu de choses à en dire de plus, si ce n’est que ce devrait être un excellent somnifère pour certains lecteurs.



• Fright Night (1985)
• Dracula A.D. 72 (1972)
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