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LET THE RIGHT ONE IN2008
RÉALISATION: Tomas Alfredson
Avec son approche touchante au mythe du vampire, le film suédois Let The Right One In a fait tourner bien des têtes dans les nombreux festivals où il a été présenté. Cet intérêt risque d'être encore plus considérable maintenant que le studio Hammer Films en a acquis les droits. Il ne reste plus qu'à offrir un rôle à Christopher Lee dans le remake pour crier "Génie"! Oskar est une jeune garçon de 12 ans qui habite une banlieue pauvre de Stockholm. En plus d'être la risée de son école, il est la proie des voyous de sa classe qui n'hésitent pas à le frapper et l'humilier. La vie d'Oskar change drastiquement lorsqu'il fait la rencontre d'Eli, une jeune fille du même âge que lui qui vient d'emménager dans l'appartement voisin. Eli est bizarre. Elle ne va pas à l'école, ne sort jamais le jour et dégage de drôles d'odeurs. En fait, la jeune fille est un vampire qui doit s'abreuver du sang des habitants pour subsister. Cette particularité ne reculera pas Oskar qui voit en Eli sa première vraie amie... et une aide précieuse pour le défendre de ses détracteurs! Curieux mélange entre Ginger Snaps et Martin de George Romero, Let The Right One In n'est pas le premier film a tenter d'humaniser le vampire. Et si le réalisateur Tomas Alfredson ne nous offre pas le film de vampire le plus original de tous les temps, il peut néanmoins se dire mission accomplie. Sans jamais changer les grandes lignes de la mythologie du vampire, Alfredson nous les présente d'un point de vue d'un enfant de douze ans. La naïveté d'Oskar procure une toute autre approche à l'histoire. Les victimes d'Eli et sa façon de se nourrir sont reléguées au second plan, laissant plutôt une grande partie de la place à l'histoire d'amour particulière entre deux enfants. Totalement différents un de l'autre, Oskar et Eli sont néanmoins unis par leur grande solitude et l'incompréhension du monde extérieure. Let The Right One In n'est pas tant un film dans lequel un héros doit éliminer un vilain, mais plutôt un "coming of age" autant macabre que poétique. Tourné en plein hiver dans un quartier fade et pauvre, Let The Right One In propose un visuel froid qui détruit en partie le prestige rattaché au vampire. Eli est certainement un des vampires les plus uniques récemment mis sur pellicule. Son personnage bifurque sans cesse entre celui d’une enfant naïve et celui d’une adulte mature consciente de l’influence qu’elle porte sur Oskar. D’ailleurs, Alfredson alterne à quelques reprises entre Lina Leandersson (excellente) et une actrice adulte. L’effet est frappant, nous ramenant rapidement à la réalité de la vraie nature d’Eli. Ce qui est légèrement dommage c'est que le film est beaucoup trop neutre. L'émotion, l'horreur et l'humour sont utilisés de façon si restreinte qu'il est difficile de cerner l'intention de l'auteur. De plus, les meilleurs moments du film concordent mal avec le reste. Je pense notamment à la finale dans la piscine, qui avec son humour slapstick, vient bousiller l'atmosphère et le ton du film. Il y a aussi la scène mettant en vedette une meute de chats, qui est géniale prise à part, mais qui est forcée et inutile à l'histoire. En fait, Let The Right One In gagnerait énormément à être épuré, voire même divisé en deux. Let The Right One In est un film difficile à critiquer car les défauts qu'on peut y trouver sont énormément subjectifs. Voilà un film subversif qui plaira autant aux amateurs de cinéma d'horreur qu'aux amateurs de cinéma d'auteurs. Malgré une certaine déception de ma part, ça demeure un film qui reste gravé à la mémoire longtemps. Voyons voir ce que la Hammer en fera si le projet de remake se concrétise.
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