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LISA AND THE DEVIL1973
RÉALISATION: Mario Bava Suite au succès commercial de Bay Of Blood et Baron Blood, le producteur Alfredo Leone a accordé carte blanche à Mario Bava. Le célèbre cinéaste italien en a profité pour réaliser son projet le plus personnel,Lisa And The Devil. En visite en Espagne, une jeune touriste s'égare de son groupe alors qu'elle observe une peinture illustrant le diable. Voulant retrouver son chemin, elle est, bien malgré elle, invitée dans un étrange manoir avec des gens qui lui sont étrangers. C'est ainsi qu'elle tombe rapidement sous le charme du maître des lieux, mais une série de meurtres sordides va venir assombrir sa soirée. De tous les films de Mario Bava, Lisa And The Devil est celui dont le scénario est le plus accessoire. En effet, l'histoire est omniprésente puisque la narration se laisse plutôt guider par le visuel et l'atmosphère onirique. Une fois de plus, Bava mise sur son énorme savoir-faire technique et la tactique fonctionne. Son film est un étrange cocktail gothique qui prend autant la forme d'un rêve que d'un cauchemar. Bien que le film soit en apparence anodin, ou qu'un simple exercice de style, Bava propose son point de vue sur la dualité entre la mort et l'amour. Cet élément a le plus de résonance lors d'une sublime scène de sexe qui est teintée de nécrophilie. Sous ses airs de film poétique, Lisa And The Devil cache un film d'horreur subtil. Ses nombreuses scènes de meurtres sont étonament violentes et soigneusement maîtrisées par Bava. Dans l'une d'entre-elles, une femme roule à répétition avec sa voiture sur la carcasse de son mari, et ce, pour une période de temps excessive! Face à l'absurdité déployée par le déroulement de l'intrigue, Lisa, personnage central, sert en quelques sortes d'hôte au spectateur qui n'a pas le choix d'être perplexe. C’est à travers ses yeux que nous découvrons le cauchemar qu'elle vit et c'est ainsi que le côté surréaliste entre magnifiquement en jeu. Adulé par plusieurs amateurs du réalisateur comme étant son meilleur film, Lisa And The Devil en demeure pas moins une oeuvre difficile d'accès qui nécessite plus d'un visionnement pour saisir toute sa richesse. La trame narrative est floue et l'histoire n'est pas toujours sensée, et ce, même pour du Mario Bava! Il est donc difficile de se faire un bon jugement de l'oeuvre sans y avoir goûté à plus d’une reprise! En terme de comparaison, le film de Bava qui se rapproche le plus du style de Lisa And The Devil est Kill Baby Kill. Le film se termine sur un revirement bien pensé, mais trop longtemps mijoté pour avoir l'impact voulu. Il est dommage que la dernière scène apparaisse trop statique comparée au reste du film, puisque l'idée de départ était intéressante. Malgré tout, voilà un des rares défauts du film. Malgré une réception enthousiaste au festival de Cannes en 1973, Lisa And The Devil n'a pas réussit à obtenir un contrat de distribution satisfaisant, au grand damne du producteur Alfredo Leone. Celui-ci, inspiré par le succès mondial de The Exorcist a plutôt décidé de tourner de nouvelles scènes pour transformer le film de Bava en émule de The Exorcist. Sorti en 1975, la nouvelle version intitulée The House Of Exorcism a connu un grand succès, malgré un qualité très discutable et un scénario encore plus insensé que la version originale. Pendant de nombreuses années, les amateurs de Mario Bava ont crus que le cinéaste avait raté son coup avec le film jusqu'à ce que la version originale fasse son apparition. Anchor Bay a mis sur le marché Lisa And The Devil accompagné de The House Of Exorcismsur le même DVD, le tout inclus dans le coffret Bava Vol. 2. Le coffret contient aussi les films 5 Dolls For An August Moon, Four Times That Night, Bay Of Blood, Baron et Roy Colt And Winchester Jack. À défaut d'être réellement le meilleur film de Mario Bava (cette distinction va à Black Sunday et The Whip And The Body selon moi), Lisa And The Devil est un film à découvrir et redécouvrir par la suite.
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