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LITTLE DEATHS
2011
RÉALISATION: Sean Hogan, Andrew Parkinson et Simon Rumley
SCÉNARIO: Simon Rumley, Sean Hogan et Andrew Parkinson
AVEC: Scott Ainslie, Kate Braithwaite, Amy Joyce Hastings, Brendan Gregory et Tom Sawyer
Mesdames et messieurs, bonsoir. Je vous souhaite la bienvenue dans l'univers sexuellement explicite de Little Deaths, un film peuplé des pires dépravations que vous puissiez imaginer. En prenant la décision de lire cette critique, vous vous exposez à un spectacle de déviances et de perversions toutes plus délirantes les unes que les autres. Soyez avertis, la seule limite aux exactions que vous trouverez dans l'oeuvre que vous vous apprêtez à visionner est celle de l’imagination de ses metteurs en scène. Toujours là? Tant mieux. Pénétrez à présent avec moi le monde affreux de Little Deaths.
Et oui, pour tous les Dominic Paulhus de ce monde, pénétrer est ici le mot juste.
Little Deaths, au titre qui se veut carrément une référence à la « petite mort » (l’orgasme) du poète Charles Baudelaire, est une anthologie britannique regroupant les segments de trois cinéastes d’horreur peu ou pas connus, soit Sean Hogan (Lie Still), Andrew Parkinson (I, Zombie) et Simon Rumley (Red, White and Blue, The Living and the Dead). Sexe et sang seront les mots au menu du jour dans un cocktail irrévérencieux et abominable qui a toutes les chances de déplaire aux néophytes du genre.
On débute le bal avec House and Home, le segment de Sean Hogan. Celui-ci raconte le quotidien d’un couple de bourgeois psychopathes pour lesquels la seule manière d’être stimulés sexuellement est d’abuser cruellement de femmes sans-abris. Hogan parvient rapidement à immerger l’audience dans ce malaise constant qui l’habitera jusqu’au générique de Little Deaths. Ses acteurs sont intenses et sa mise en scène apparaît très soignée, tandis que son scénario prend au ventre de par sa présentation de deux êtres humains affreusement laids et désaxés. Leur conviction quant à leur suprématie sociale semblera littéralement obscène pour un spectateur qui ressent fermement son impuissance dans l’horrible situation dont il est témoin. Ce segment aurait définitivement pu être réussi… S’il ne servait pas un twist final complètement décalé du reste de l’histoire! On passe en moins de deux d’un réalisme voyeur et malaisant à une connerie totale. Les dernières minutes d’House and Home désintègrent littéralement l’ambiance si habilement instaurée au départ et réduisent à néant un intérêt qui pourtant avait été éveillé par Hogan. Suivant!
S’ensuit Mutant Tool, une réalisation d’Andrew Parkinson qui dépeint les expérimentations particulièrement louches d’un médecin qui reprend le trafic d’un rarissime sperme mutant (une drogue incroyable, selon les dires du scénario) mis en place sous le règne nazi. Riche d’un imaginaire complètement débridé, cette partie de Little Deaths est probablement celle qui va le plus loin dans son concept. Les idées développées peuvent indisposer tant elles sont malsaines. Malheureusement, cela se fait au détriment du reste. En effet, cette portion est probablement la plus pauvre sur la forme, tant au niveau visuel qu'à celui des acteurs. Si les concepts à la source de Mutant Tool sont d’une grande originalité et repoussent les frontières du mauvais goût, le schéma de son histoire apparaît finalement d’une grande linéarité. En demi-teinte, donc.
Finalement, les trente dernières minutes de Little Deaths appartiennent à Simon Rumley, qui propose humblement à l’audience son segment Bitch. En toute honnêteté, mes attentes à l’égard de Rumley étaient beaucoup plus grandes que pour ses deux comparses. En effet, le cinéaste de 41 ans a livré précédemment cette année le magistral Red, White and Blue, que j’élirai probablement comme meilleur film d’horreur de 2011 d’ici quinze jours.
Bitch, donc, raconte l’histoire d’un couple au rapport de domination particulièrement inégal. Tandis que la jeune femme du ménage pousse le degré de soumission de son copain vers des extrêmes de cruauté, leur relation sombrera bientôt dans un abyme de folie et de châtiments mentaux. Priorisant la dimension psychologique, Simon Rumley livre de loin le meilleur des segments. Avec un budget qui apparaît assez mince, le cinéaste parvient à proposer plusieurs éléments de réalisations géniaux qui appuient très bien ce récit torturé et déviant. Froids, intenses, les deux acteurs principaux s’opposent et se retrouvent dans un chaos absolument total qui culminera lors de deux intenses scènes à la toute fin du segment. Le minimalisme du scénario sert très bien cette chronique d’une relation de couple malsaine façon 2011. Il y a dans le cinéma de Rumley un côté quasi-philosophique qui me passionne définitivement. Bitch est carrément l’argument de vente de Little Deaths!
Définitivement, Little Deaths est tout sauf un film d’horreur abordable et il s’adresse à des amateurs avertis sachant d’avance ce à quoi ils s’exposent. La sexualité explicite, le malaise palpable et le côté indépendant sont tant de raisons pour le grand public de ne pas adhérer à cette anthologie. En revanche, ceux qui s’intéressent généralement à ce type de divertissement retrouveront beaucoup de bonnes idées. Certaines à l’état brut, d’autres beaucoup mieux rodées comme le prouve l’intense segment de Rumley.



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