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LIVE EVIL
2009
RÉALISATION:Jay Woelfel
SCÉNARIO: Lance Polland et Jay Woelfel
AVEC: Tim Thomerson, Mark Hengst, Osa Wallander, Tiffany Shepis et Ken Foree
Parfois, dans le merveilleux monde du cinéma d'épouvante de série-B, certains réalisateurs voudraient tellement que leurs films deviennent cultes avant même qu'ils en aient terminé la production que, dans la majorité des cas, ils en font trop, se contentant d'ajouter des artifices, des clichés, de mélanger les genres et les styles, et négligeant du même coup l'essentiel: l'histoire. Est-ce le cas du nouveau film de Jay Woelfel (Ghost Lake, Beyond Dream's Door) qui a réussi l'incroyable tour de force d'avoir une sortie limitée dans 300 salles américaines à la mi-septembre pour son oeuvre indépendante à petit-budget, Live Evil?
Un homme d'Église asoiffé de vengeance, appelé tout simplement The Priest (Tim Thomerson), cherche à faire couler le sang sur son passage, pas n'importe lequel, non pas celui du Christ, mais celui des vampires. Il pourchasse une bande de quatre suceurs de sang en particulier avec qui il a des comptes à rendre concernant son passé (nous ne sauront qu'à la fin du film pourquoi il leur en veut à ce point). Parallèlement, le long-métrage nous montre la quête de sang pur de cette bande de vampires en fuite, menés par Benedicte (Mark Hengst), qui accumule les carnages sur son chemin. Ils doivent se rendre à Los-Angeles rencontrer Max (Ken Foree), un dealer de sang pur; car les vampires ont de plus en plus de mal à s'approvisionner en plasma de qualité. Leur organisme rejette tout hémoglobine polluée par la maladie (sida, diabète, hépatite) et les drogues (alcool, narcotiques, anti-dépresseurs). The Priest, aidé par la ravissante Roxy (Kimberly Sanders qui n'a sûrement pas été choisie pour ses talents d'actrice) qu'il a sauvée des crocs des vampires, arrivera-t-il à stopper le massacre et accomplir sa vengeance...
En ce qui me concerne, je dois vous préciser que si je n'avais pas été possédé par un terrible doute en écrivant la première version de cette critique, je n'aurais pas regardé le film une deuxième fois et je l'aurais tout simplement descendu en flammes comme un vampire traîné de force au soleil. Après un second visionnement, je dois admettre que j'ai passé un agréable moment devant ce film de vampires (moi qui ne suis pas le plus grand fan de ce sous-genre) et j'ai finalement compris pourquoi Live Evil avait réussi à susciter un tel engouement autour de sa sortie prochaine au cinéma: le film botte des culs!
Pour ce qui est de sa chance de devenir culte ou non, ce sera aux fans de décider. Selon moi, le film possède deux très grandes qualités qui font oublier ses nombreux défauts, mais qui, jumelées ensemble (je parle bien sûr de ces deux qualités), ne forment pas une parfaite symbiose et cela fait en sorte que, dans mon palmares personnel, Live Evil ne fera pas parti du club select des films cultes.
La première qualité de ce long-métrage à petit-budget est sans contredit l'originalité de son sujet. Enfin, on a droit à un film sur le vampirisme qui apporte des idées nouvelles et se permet au passage une petite critique sociale: les vampires ont de la difficulté à se nourrir car l'homme, en plus d'avoir pollué la planète, a aussi contaminé son sang. Cette ligne maîtresse de Live Evil, si elle avait été mieux exploitée et maîtrisée, aurait pu donner lieu à une révolution dans le monde du film de vampires. Cependant, elle n'est abordée qu'en surface, montrée peu subtilement comme surlignée à gros traits au marqueur noir: au début du film lors d'un carnage dans un casse-croute, un homme prend une gorgée d'alcool dans un flasque avant d'être mordu par une vampire; peu de tant après, elle a des convulsions et crache du sang. Ceci n'est qu'un exemple en particulier, le film en regorge. Les vampires font très souvent la morale à leurs victimes en prenant soin de leurs expliquer clairement qu'ils polluent l'essence même de la vie: leur précieux sang! Le scénario qui mise beaucoup sur cette idée (Woelfel aussi lorsqu'il fait la promotion de son film) aurait dû l'exploiter plus en profondeur, s'attarder plus sérieusement sur le nouveau sort des vampires. Mais, il a préféré mettre le paquet et le plus d'idées possibles dans son film sans vraiment bien les définir: l'histoire du prêtre-vengeur et de son passé trouble, la mutation des vampires en plusieurs castes (certains peuvent aller et venir à la lumière du jour d'autres non, certains ont leurs crocs dans la main...) ainsi que l'histoire des quatre vampires principaux.
La deuxième grande qualité du film est son coté très Grindhouse et splatter-fest. Pensez à un mélange entre Death Proof, Planet Terror, ajoutez-y des vampires et enlevez beaucoup beaucoup d'argent côté production et, ensuite, mélangez! Cela ressemblera à Live Evil: des images à gros grains sûrement tournées en Super 8, des acteurs principaux qui ne sont pas super tous les huit, des poursuites de voitures dans le désert, de la nudité gratuite (on a même droit à deux porn-star), des caméos de Tiffany Shepis et Ken Foree, des flashback en noir et blanc, un super prêtre au chapeau de cowboy et au sabre de samouraï (qui ressemble un peu trop au curé de Dead Alive pour être pris au sérieux), des combats violents, des bébés-vampires et, surtout, du gore en voulez-vous en v'là! Le film déborde de décapitations, de pénis arrachés, de coeurs sortis à mains nues, de dégueulis de sang contaminé; et tout cela avec des effets spéciaux respectables. Par contre, ce coté ultra-gore exagéré et humoristique n'aide pas du tout à faire passer les idées plus sérieuses du film ni à nous faire accrocher à l'intensité des situations. Mais, tout ce sang versé nous aide à décrocher de notre vie quotidienne et nous fait passer un moment fort délirant.
Au final, Live Evil demeure un film qui voudrait trop être culte. Il en résulte un mélange de registres qui ne s'accordent pas toujours bien ensemble: l'oeuvre voudrait être intense, intelligente, sérieuse et, en même temps, ultra-gore et déjanté. Woelfel aurait dû choisir de travailler en profondeur seulement un de ses aspects et son film aurait pû devenir un chef-d'oeuvre à petit-budget, mais dans sa forme actuelle, il ne s'agit que d'un enième film sur le vampirisme qui flotte au-dessus de la moyenne. Peut-être que les fans du genre, eux, décideront d'apposer le sceau métaphorique de «culte» à côté du titre? Sait-on jamais...



• From Dusk Till Dawn (1996)
• Vampires (1998)
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