LIVE FEED

2006

RÉALISATION: Ryan Nicholson
SCÉNARIO: Ryan Nicholson et Roy Nicholson
AVEC: Kevan Ohtsji Taayla Markell, Rob Scattergood, Rany Bird, Greg Chan et Stephan Chang

Un groupe de cinq amis (trois filles et deux gars) connaissent quelques péripéties lors d'un voyage en Asie. Alors qu'ils sont à l'intérieur d'un bar de danseuses, l'un d'entre eux passe près de se faire tirer par un chef de gang. Quelque peu ébranlé, le groupe se dirige ensuite vers un cinéma pour adultes. La cocaïne est alors au rendez-vous et le désir sexuel de certains d'entre eux atteint des sommets. Cependant, l'endroit est crasseux et n'est pas ce qu'il y a de plus invitant pour s'envoyer en l'air. Un couple du groupe se loue une chambre spécifiquement pour la chose. Lorsqu'ils se rendent enfin compte de la véritable nature de l'endroit, il est déjà trop tard.

Comme plusieurs ont dû le remarquer, le résumé du scénario de Live Feed semble directement inspiré, ou même copié, sur Hostel. Suite à son remarquable succès au box-office en 2006, il n'est pas surprenant de voir apparaître, en peu de temps, des clônes du film d'Eli Roth en direct-to-video. Aussi surprenant que cela puisse paraître, Ryan Nicholson a conçu Live Feed avant Hostel. À ce sujet, plusieurs critiques sont tombées dans le panneau et ont tout de suite dénigré Live Feed. C'est, selon moi, une grave erreur de leur part, de plus que chacun de ces deux films a quelque chose de différent à offrir. Malgré les ressemblances de scénario évidentes entre les deux films, Live Feed se différencie principalement d'Hostel en respectant les promesses que ce dernier n'a pas su tenir. Si Eli Roth avait eu autant d'audace que Ryan Nicholson en matière de gore, Hostel serait un classique ! Par contre, il ne faut pas non plus se leurrer. Live Feed a beau compenser avec du gore, il souffre toutefois de lacunes évidentes.

Comme je le mentionnais, Live Feed est assez violent. Le film ne manque pas de jets d'hémoglobine et la plupart des meurtres m'ont satisfait. J'ai apprécié l'ingéniosité de plusieurs de ceux-ci. Notamment, le meurtre effectué à l'aide d'un serpent (je n'en révèle pas plus) en surprendra plus d'un et troublera les plus sensibles. La partie gore est sans contredit ce qu'il y a de plus intéressant dans ce film. Malgré que les effets spéciaux ne soient pas toujours très convaincants ni réalistes, je les considère comme étant acceptables. Avec un budget plus avantageux, ça aurait pu être très impressionnant. Le sort réservé aux corps morts dans Live Feed est assez dégoûtant. Après avoir visionné le film, vos préjugés envers la cuisine asiatique se solidifieront si vous en aviez déjà. Un autre point réussi est le personnage du "boucher". Ryan Nicholson parvient à le rendre fort imposant grâce à une réalisation appropriée. Les scènes dans lesquelles il est présent marquent les meilleurs moments du film. Parfois, on a l'impression d'assister à de vrais "snuff movie" et ça rend quelque peu inconfortable.

On ne peut pas dire que la réalisation soit très aboutie dans Live Feed. La caméra à l'épaule est souvent utilisée ce qui donne un aspect amateur au film. C'est justifié par moments (pour les scènes ''snuff'') mais lorsqu'on compare les plans "snuff" aux autres types de plans, on se rend compte du peu de différences et c'est décevant. Ryan Nicholson en est à son premier film et, même si cela transparait, il se débrouille assez bien. Une certaine part de l'esthétique du film a des similarités avec celle de Hostel (coïncidence). Malheureusement, elle est loin de la rejoindre en terme de qualité. L'idée d'utiliser des éclairages au néon rouge et bleu n'est pas mauvaise. Dommage que le résultat à l'écran ne procure pas toujour de grands effets. Au moins, le montage quelque peu chaotique a l'avantage de rendre les scènes de meurtres plus trépidantes. Malgré que sa réalisation ne soit pas géniale, on peut toujours donner à Ryan Nicholson d'avoir essayer de rendre Live Feed le plus attrayant possible.

Une des grandes faiblesses du film se trouve au niveau du développement de son récit. J'ai trouvé l'intrigue plutôt nulle et le dénouement risible. Contrairement à Hostel qui nous réservait une agréable surprise, le ''piège à rats'' de Live Feed est très facile à prévoir. Autant les personnages semblent être totalement au courant de ce qui va advenir d'eux, autant on l'est en tant que spectateur. Les réactions peu crédibles des personnages, lorsqu'ils réalisent dans quel pétrin ils sont, n'aident pas non plus à ce qu'on aie pitié d'eux. Justement, le jeu des acteurs est un autre point faible au film. Les performances sont rarement justes et oscillent entre le moyen et le mauvais. Quant aux personnages, rien d'étonnant ici. Tous sont clichés et on a même droit à la brute sans cervelle ! La gang de méchants n'échappe pas non plus aux stéréotypes courants.

Un autre problème du film provient du fait qu'il manque un contexte justificatif pour supporter la violence qu'il met en scène. Ce n'est pas que ce soit choquant, mais c'est surtout qu'elle est trop facile, trop "gratuite". J'ai d'ailleurs trouvé que l'idée des boucheries organisées par les Asiatiques était assez vide de contenu. Elle aurait eu intérêt à être mieux explorée. Au moins dans Hostel, le tout était amené avec subtilité et le spectateur se ramassait finalement avec une méchante claque au visage (avec un penchant Nord européen). Je dois à cet effet affirmer que je perçois davantage Live Feed comme un film de type fast-food. Un peu de seins par-ci, un peu de sang par là, sans apéritif ni digestif. C'est accrocheur sur le coup, mais c'est préférable d'en consommer rarement. Un élément de la finale du film m'a aussi déçu avec un léger revirement digne des pires séries B. Selon moi, les scénaristes auraient dû tout faire exploser tant qu'à y être. Live Feed possède une part de sérieux ainsi qu'une part de comique. Cependant, la façon dont on doit recevoir certaines scènes n'est pas toujours claire. On ne sait jamais trop ce qui est intentionnel de la part du réalisateur et ce qui ne l'est pas. Ça donne un résultat divertissant, mais le film perd en intensité à cause de cette ambiguïté.

Live Feed est distribué en DVD par MTI Home Video. Si vous avez été déçu par Hostel pour son manque de gore, il est possible que Live Feed puisse remédier à vos maux. Par contre, ne vous attendez pas à ce qu'il ait une qualité cinématographique digne de celui-ci. Malgré tous ses défauts, je recommande tout de même Live Feed en tant que location puisqu'il m'a suffisamment diverti.

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