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LO
2009
RÉALISATION: Travis Betz
SCÉNARIO: Travis Betz
AVEC: Jeremiah Birkett, Sarah Lassez, Ward Roberts, Devin Barry et Aaron Gaffey
Avant même de voir Lo, j’avais un préjugé. J’étais certain que le film serait minable, que le titre, Lo, était un diminutif de « LOw Quality ». Je ne pouvais être plus à côté de la plaque. En fait, Lo veut dire « LOse your pants and touch yourself ».
Après s’être fait attaquer par un démon qui a kidnappé sa copine, Justin emprunte un livre de sorcellerie que possédait sa tendre moitié et invoque un démon dénommé Lo afin de retrouver sa douce.
Écouter Lo, c’est comme aller voir une pièce Off-Off-Off-Off-Off-Off Broadway. Le genre d’œuvre fait dans un sous-sol d’Église désaffectée par des acteurs triés au volet parmi des sans-abris dont le sujet est le réchauffement planétaire raconté à travers les personnages de l’Envie, la Jalousie et la Colère… mais bonne!
Ce que je veux dire, c’est que Lo est un film expérimental. Les décors, par exemple, sont ultra minimalistes. Durant les quinze premières minutes, l’action se passe dans une pièce sombre dont on ne voit pas les murs ni le plafond. Tout ce qu’on voit, c’est du noir, deux acteurs et un pentagramme, comme si le film se passait dans une dimension sombre…ou la tête vide d’un épais, sans le bruit de vent. De plus, lorsque le scénario raconte des anecdotes, au lieu de nous montrer un flash-back « normal », le démon fait apparaitre une scène super poche peinturée avec de la gouache, comme une scène de théâtre. On voit d’ailleurs les acteurs qui font les personnages secondaires, comme un serveur, fumer leurs cigarettes dans l’arrière-scène ou répéter leurs textes. Selon moi, cet aspect est ce qui m’a fait allumer sur le génie du long métrage. Le film agit selon ses propres lois absurdes et ça marche!
D’ailleurs, au début, on est certain d’assister à un film hyper noir et sérieux lorsque Justin fini son pentagramme pour invoquer le démon. Mais après une dizaine de minutes, lorsque Lo apparaît et se mets à jaser, on nous fait faire un 180 degrés, car, dès lors, Lo ne nous est plus présenté comme un démon maléfique, mais plutôt comme une créature ayant un grand sens de l’humour et pourvu d’un sarcasme extraordinaire. Le cinéaste Travis Betz réussit parfaitement à marier humour et sérieux dans son scénario sans trop rendre le film niais et sans oublier qu’il doit livrer un film d’horreur.
De plus, je ne sais pas si c’est volontaire ( surement! ), mais Lo est un bel hommage a certains épisodes et même personnages des séries Buffy the Vampire Slayer et Angel. Le numéro musical racontant une anecdote nous fait penser à l’épisode Once More With Feelings, mais de plus, le personnage qui chante la chanson ressemble énormément au personnage de Lorne dans Angel. Ce n’est rien de bien important, mais c’est tout de même une belle touche, et une bonne raison d’écouter ce long métrage.
J’utilise peut-être trop de propos imbéciles dans ma critique, mais en aucun cas je ne veux faire paraître le film pour pire qu’il est. Non, le film n’est pas parfait. Non, le film ne plaira pas à tous. Mais oui, c’est un film expérimental qui vaut amplement la peine d’être vu, si ce n’est que pour réaliser que tout ce que ça nous prend dans le monde du cinéma, c’est une bonne idée et un peu de talent!



• Buffy the Vampire Slayer (1997-2003)
• Die you Zombie Bastards! (2005)
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