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LONG DREAM
2000
RÉALISATION: Higuchinsky
SCÉNARIO: Junji Ito, Kyoichi Nanatsuki et Higuchinsky
AVEC: Brian Cox, Tom Sizemore, Noel Fischer, Kyle Gallner et Shiloh Fernandez
Le cinéaste Higuchinsky a mon respect pour deux raisons. Premièrement, parce que son nom me fait terriblement rire. On dirait un mélange entre un nom japonais et russe. On dirait même presque le nom d’un personnage de Punch-Out!!. Mais il a toute mon admiration surtout parce qu’il a créé Uzumaki, l’un des films qui m’a foutu le plus la « chienne » de toute ma vie!
Mukoda est un jeune homme ayant une maladie inusitée : ses rêves durent très longtemps. Trois jours, 2 mois, 100 ans, la durée de ses rêves augmente de façon exponentielle. Au point où il semble que son corps subit les transformations que subirait un être humain évoluant sans cesse pendant des millénaires. Pire encore, ses rêves ne sont que des cauchemars. Deux médecins tenteront de percer le mystère derrière sa condition.
Junji Ito est le créateur de plusieurs mangas déjantés tels qu’Uzumaki. Long Dream est un autre de ses mangas traduit au petit écran. Ici, le scénario est tout aussi sauté qu’Uzumaki, mais complètement différent. L’idée de base est excellente et nous pousse à nous poser les mêmes questions que les protagonistes, à savoir qu’est-ce qui se passerait si l’on serait immortel? Comment réagirions-nous? Excellente question que, malheureusement, le film n’exploite pas. Jamais nous ne voyons les cauchemars que vie Mukoda. On ne fait que nous en parler, comme celui où, pendant 500 ans, il ne fait que chercher une toilette pour faire ses besoins. Au moins, le scénario n’arrête jamais de pousser dans l’absurde, la science-fiction et l’horreur. Cependant, il s’attarde beaucoup trop sur les déboires de l’un des médecins et de ses visions de sa défunte femme. On a droit à au moins toute les cinq minutes à une vision angélique de sa femme avec de la petite musique cucul où le médecin dit systématiquement le nom de sa conjointe, au point où on ne peu plus oublier ce nom, même deux jours après avoir vu le long métrage. Au lieu de nous faire comprendre le dénouement final de façon claire et précise, cela ne fait que nous prendre pour des imbéciles et couper dramatiquement le rythme du film. Au point que les 59 minutes du film paraissent plus longues. Est-ce voulu pour nous faire comprendre à quel point le personnage souffre de ses rêves allongés? Une coïncidence? Je ne crois pas.
L’aspect le plus décevant est sans aucun doute le visuel du film. Alors qu’avec Uzumaki, Higuchinsky réussissait à nous faire peur avec peu et qu’il avait créé plein de scènes incroyables, ici, la qualité ne dépasse jamais le mauvais téléfilm, marché pour lequel le film fut créé de toute façon. N’ayant presque pas de budget, Higuchinsky a fait ce qu’il pouvait avec ce qu’il avait, mais ce n’est vraiment pas assez. Ici, il ne tente pas d’explorer son originalité graphique. Il réalise le tout de façon extrêmement linéaire. Même la trame sonore est pénible. Tous les aspects techniques du film crient médiocrité. Mais malgré toutes les contraintes physiques du film, il réussit quand même à maintenir une espèce d’atmosphère réaliste au film et à nous embarquer.
De plus, sans le vouloir, le film crée des attentes qu’il n’atteindra jamais, de par le statut mythique d’Uzumaki, autant pour le scénario que la réalisation. Même en ne voulant pas comparer les deux films, on ne peut s’empêcher de se dire qu’Higuchinsky et Ito ont déjà fait pas mal mieux ensemble.
Long Dream est une première réalisation qu’il faut vite oublier. Le film ne rend pas justice au réalisateur qui, quelques mois plus tard, réussit l’un des plus grand tour de force du cinéma d’horreur. Long Dream n’est que pour les curieux ou les fans hardcore d’Uzumaki.



• Nagai Yume (titre original/Japon)


• Videodrome (1983)
• Uzumaki (2000)
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