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LOST BOYS: THE THIRST
2010
RÉALISATION: Dario Piana
SCÉNARIO: Evan Charnov et Hans Rodionoff
AVEC: Corey Feldman, Casey B. Dolan, Tanit Phoenix, Sean Cameron Michael et Jamison Newlander
Apparemment, la présence de Corey Feldman et l’usage sporadique de la chanson Cry Little Sister sont suffisantes pour justifier l’utilisation du titre Lost Boys!
Lorsque son frère se fait kidnapper par une bande de vampires qui organisent des raves dans le but d’utiliser les danseurs comme repas, l’écrivaine de romans vampiriques à l’eau de rose, Gwen Lieber, contacte Edgar Frog. Ce chasseur de vampire notoire a fait preuve par le passé qu’il pouvait faire la vie dure aux créatures de la nuit. Edgar accepte d’aider Gwen lorsqu’il apprend que le vampire originel se trouve parmi le groupe de vampires qu’il doit chasser. Sa mort correspondrait au retour à la forme humaine de son frère, devenu vampire lors d’une mission à Washington.
Étant père de bientôt trois jeunes enfants, l’un des défis qui guettent mon quotidien est la gérance des conflits entre ceux-ci. Les coups, les morsures et le vol de jouets ne sont pas rares entre mes deux plus vieux, deux garçons. Il est donc bien important de leur inculquer le respect d’autrui en exigeant qu’ils s’excusent de leurs fautes commises, et surtout, qu’ils ne recommencent plus le délit. Pour des enfants en bas de quatre ans, ce n’est pas toujours évident. Mais on serait porter de croire que pour des adultes, des producteurs travaillant pour un gros studio de cinéma pour être plus précis, le concept serait facilement assimilable. Lorsque Lost Boys : The Tribe a été accueilli froidement par la critique et les amateurs en 2008, les représentants du studio se sont excusés de la piètre qualité du produit, promettant une nouvelle suite, cette fois-ci à l’image du film original qui a marqué une génération de cinéphiles.
J’apprécie les excuses, mais Warner Bros aurait dû en rester là avec la série Lost Boys au lieu de l’enfoncer encore plus creux dans la merde. Ce qu’ils n’ont pas compris est que c’est avant tout l’idée même d’une suite à The Lost Boys qui dérange, plutôt que les films en tant que tels. Dans le film original, le réalisateur Joel Schumacher a capté parfaitement la culture et l’attitude de la jeunesse des années 80. Ce n’est pas tant le scénario (bien qu’excellent) qui a fait la réussite de l’œuvre, mais ce qui se dégageait de celle-ci. Ajoutez à cela une distribution de rêve, un jeune réalisateur au sommet de son art et une trame musicale inspirante et vous avez l’un des meilleurs films de vampires de tous les temps. Si la première suite a été mal accueillie, ce n’est pas en raison de sa qualité (car, sincèrement, elle n’est pas mauvaise du tout), mais bien parce qu’elle ne dégage pas la même attitude que son prédécesseur. Comme le dit si bien l’expression : l’éclair ne frappe jamais deux fois au même endroit!
Joel Schumacher, Kiefer Sutterland et Jason Patrick ayant mieux à faire et Corey Haim étant décédé, les producteurs ont dû se contenter de Corey Feldman, un acteur déchu en grand besoin d’un rôle, n’importe lequel! L’histoire se concentre donc sur les frères Frog, les deux jeunes chasseurs de vampires du premier film (le deuxième frère étant joué par Jamison Newlander). Ceux-ci ont été greffés à un scénario si enfantin et banal qu’il est permis de se poser des questions sur l’âge des scénaristes Evan Charnov et Hans Rodionoff . Les frères Frog étaient de bons compléments au film original et à la limite à la première suite. Ils agissaient telle une épice pour ajouter un peu de piquant. Mais l’insignifiance de leurs personnages ne justifie pas de leur accorder un film entier. Surtout avec Feldman qui semble avoir perdu toute notion de son jeu d’acteur.
Puisqu’il a déjà été un enfant acteur très prometteur avec des rôles dans Gremlins, The Goonies, Stand By Me et Friday The 13th : The Final Chapter, il est pénible de voir jouer Feldman aujourd’hui. L’acteur se couvre de ridicule et il n’est jamais bien clair s’il personnifie Edgar Frog ou l’homme préhistorique dans Encino Man ! C’en est gênant! Le scénario, qui n’est rien de plus qu’un piètre film de vampires avec quelques références à The Lost Boys, ne vole pas plus haut! Tous les clichés des films de vampires nous sont régurgités sans grande conviction. L’histoire nous transporte du point A au point B de la façon la plus simple possible avec un minimum de développement et une succession de revirements qu’on décèle bien avant leur dévoilement. Si la première suite a été qualifiée de répétition inutile des événements du premier film, elle avait au moins le mérite de présenter une histoire complète et divertissante. Lost Boys : The Thirst, c’est simplement Corey Feldman qui a l’air d’un cornichon pendant 77 minutes! Rien de bien différent des séries réalités auxquelles il a pris part dernièrement.
Lost Boys: The Thirst se permet même une réflexion sur le courant qu’a emprunté le film de vampire récemment. Le personnage de Gwen Lieber se veut sans subtilité un clone de Stephenie Meyer, l’auteure de la saga Twilight. Lorsque Edgar Frog lui dit sa façon de penser sur ses romans, on sent clairement que c’est le cinéaste qui se vide le cœur sur Edward Cullen et compagnie! Le propos aurait été intéressant s’il était venu d’une œuvre le moindrement plus intelligente que Twilight. Lost Boys : The Thirst est si insignifiant, que ses attaques ont autant d’impact que celles de Vampires Suck! Avant de s'attaquer à un tel monument, aussi mauvais soit-il, assurez-vous d'avoir assez de munitions!
Warner Bros doit encore une fois des excuses aux amateurs de The Lost Boys!! Par pitié, ne nous offrez pas une autre suite cette fois-ci! Laissez simplement la série en paix. En échange, je suis prêt à vous pardonner sur-le-champ!



• Génération Perdue: La Soif (version française/Québec)


• The Lost Boys (1987)
• Lost Boys: The Tribe (2008)


• Never Cry Werewolf (2008)
• 30 Days Of Night: Dark Days (2010)
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