MADHOUSE
1981
RÉALISATION: Ovidio G. Assonitis
SCÉNARIO: Ovidio G. Assonitis, Stephen Blakely, Roberto Gandus et Peter Shepherd
AVEC: Trish Everly, Michael MacRae, Dennis Robertson, Morgan Hart et Allison Biggers
Dans les années 70, le réalisateur, scénariste et producteur italien Ovidio G. Assonitis s'est bâti une certaine renommé en copiant les grands succès américains. On pense à Beyond The Door, une version bon marché de The Exorcist et Tentacles, un espèce de Jaws avec une pieuvre. Si à première vue Madhouse semble être du matériel original, on remarque rapidement qu'Assonitis est allé puiser une multitude de références pour ce qui allait être son dernier film d'horreur en tant que réalisateur.
Julia a une soeur jumelle prénommée Mary avec laquelle elle ne s'est jamais entendu. Lorsqu'elle apprend que sa soeur est atteinte d'une maladie rare qui s'attaque à la peau de son visage, Julia prend son courage à deux mains et se rend à son chevet. Comme prévu, la rencontre avec sa soeur se déroule mal, cette dernière menaçant de s'en prendre à Julia. À quelques jours de l'anniversaire de naissance des jumelles, les amis de Julia se mettent à disparaître dans des circonstances nébuleuses et un étrange chien noir rôde dans les parages. Alors que Mary s'évade de l'hôpital, le jour d'anniversaire des jumelles s'annonce chargé en émotions fortes.
Ovidio G. Assonitis est certainement le plus américain des cinéastes italiens. Malgré que Madhouse ait quelques affinités avec le giallo (on pense à Lamberto Bava et Dario Argento même), c'est un film aux inspirations typiquement américaines. Du slasher au film d'attaque animalier tout en flirtant avec Sisters de Brian De Palma, Assonitis tire dans tous les sens. Grâce à une certaine lenteur, Madhouse réussit à bien assimiler tous les styles et les facettes du scénario (lequel a été écrit par pas moins de quatre scénaristes).
Bien qu'il ait fait parti brièvement de la liste des "vidéo nasties" à sa sortie, Madhouse ne fait preuve d'aucune violence excessive, surtout si on le compare avec les oeuvres d'autres cinéastes italiens comme Lucio Fulci, Ruggero Deodato et Dario Argento. Assonitis titille plutôt le spectateur en révélant au compte-goutte les différents revirements de son scénario. Ce dernier ne révèle jamais les cartes de son jeu, préférant laisser languir le spectateur dans un corridor de brouillard. La technique est très efficace puisque les défauts du film deviennent accessoires à son intrigue. L'atmosphère est aussi importante, et sans être de la grande école du cinéma d'horreur italien, Assonitis se tire bien d'affaire quoique son entêtement à trop étirer la durée de ses scènes le modère beaucoup.
Ceci dit, Madhouse n'est pas sans scènes horrifiques. Le film contient une des meilleures scènes d'attaque de chien sur un humain. Et ironiquement, il contient aussi une des meilleurs scènes (voire même la meilleure) d'attaque d'un humain sur un chien! Tout le monde y trouve son compte!! Après un long développement, la fin regorge d'une folie qui est la bienvenue. La confrontation finale rappelle énormément le slasher américain Happy Birthday To Me de par son exubérance et loin de là l'idée de s'en plaindre.
Ce qui est dommage c'est que le film a trop de retenue. Après nous avoir tenue sur le qui-vive pour une bonne partie du film, la réalisation d'Assonitis transmet mal la démence de l'histoire. Le cinéaste a clairement tenté un contraste pour déstabiliser le spectateur en fin de parcours, mais il fait preuve de trop de retenu. Certes le scénario colmate les brèches, mais il aurait été intéressant de voir le point de vue d'un cinéaste plus talentueux et un tantinet plus aventureux.
Les cinéma d'horreur italien a influencé le cinéma d'horreur américain, qui a son tour a influencé ... les italiens! Bien qu'il se soit retrouvé entre les mains d'un cinéaste clairement plus à l'aise dans la chaise de producteur, Madhouse demeure une belle curiosité qui offre de façon modéré le meilleur de deux mentalités horrifiques!



• There Was A Little Girl (titre original/Italie)


• Happy Birthday To Me (1978)
• The Visitor (1979)
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