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MAY2003
RÉALISATION: Lucky McKee Enfant, May Canady n'avait pas d'amis. Souffrant de strabisme, elle était la risée de tout le monde. Sa seule amie est une poupée de porcelaine que lui a donnée sa mère. Rendue adulte, elle mène une vie recluse, jusqu'au jour où elle reçoit des verres de contact corrigeant son strabisme. May prend alors confiance en elle et essaie de trouver l'amour. Après être restée dans l'ombre toute sa vie, May a de la misère à socialiser et paraît très weird auprès de ses nouvelles fréquentations. Après avoir été encore une fois rejetée et ridiculisée, elle décide de se confectionner elle-même un ami ... en utilisant des parties de corps de ceux qui l'ont rejetés. May est le premier film très mélancolique de Lucky McKee. Ce dernier mélange agréablement le drame social et le film d'horreur. Même si May penche plus vers le drame, les fans d'horreur ne seront pas déçus par les 20 dernières minutes. L'histoire de May Canady est vraiment touchante car elle est vraie. Le réalisateur nous expose une société superficielle dans laquelle quelqu'un de légèrement différent ne peut faire partie de la masse. Ça commence de façon anodine, May fait rire d'elle à son premier jour d'école car elle porte un protecteur sur l'oeil. Dès lors, elle se tourne vers sa poupée pour se confier et s'invente un monde dans sa tête. Lorsque enfin, elle ose s'ouvrir au monde extérieur, on lui fait savoir qu'une "freak" comme elle n'a pas sa place. La première partie m'a rappelé Carrie sans la télékinésie. La deuxième moitié, elle plaira beaucoup aux fans d'horreur. Elle se veut une sorte de Frankenstein moderne. May décide de créer son propre ami. Elle choisit les parties de corps qui lui plaisent chez les gens et s'organise pour les obtenir. Ce n'est peut-être pas Dead Alive mais la violence est assez surprenante vu le réalisme du film. Une grande partie de la réussite de ce film est la performance exceptionnelle de Angela Bettis dans le rôle titre. Sans exagérer, je crois qu'elle méritait de gagner l'Oscar de la meilleure actrice, pas juste une nomination, L'Oscar. Bettis joue avec un réalisme percutant son personnage. Elle rend May attachante et on la prend vite en pitié. La plus grande qualité de Bettis est la façon dont elle interprète le côté weird de May. Dans une scène, on est sous le charme de la naïveté de May et sans avertissement elle se met à agir de façon tellement étrange que nos sentiments à son égard changent. Le plus remarquable c'est que, l'instant d'après, on retombe sous son charme, mais avec méfiance car on ne sait jamais à quoi s'attendre. Bettis est tellement bonne, qu'on en oublie presque les autres acteurs. Du lot on remarque Jeremy Sisto (Wrong Turn) et Anna Farris (Scary Movie) qui sont très bons. Pour un premier film professionnel, Lucky McKee m'a épaté. Sa réalisation est inventive et vu le budget minime (moins de 2 millions) il a fait des miracles. McKee est un cinéaste qui adore le genre et ça se voit. La musique du film m'a beaucoup plus. Jaye Barnes-Luckett a composé de la musique ne ressemblant pas à celle d'un film d'horreur (le compositeur y va même parfois de certains riffs surf). Ajoutez à cela quelques chansons de The Breeders et The Kelley Deal 6000 et vous avez un style musical unique. May n'est pas un film d'horreur qui plaira à tout le monde. Le film repose plus sur le personnage principal que l'horreur. Si vous avez un esprit ouvert, May risque de vous étonner. Pour ma part, plus je l'écoute et plus je l'apprécie. May est un film intense sur le plan émotif qui me crève le coeur à chaque écoute.
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