Medium Raw: Night Of The Wolf

MEDIUM RAW:
NIGHT OF THE WOLF

2010

RÉALISATION: Andrew Cymek
SCÉNARIO: Andrew Cymek
AVEC: Andrew Cymek, Brigitte Kingsley, John Rhys-Davies, William B. Davis et Mercedes McNab

S'il y a une chose qu'Hollywood a de la difficulté à mettre en scène, c'est bien l'hôpital psychiatrique. Medium Raw: Night of The Wolf est le énième film à présenter l'endroit comme étant peuplé de clowns ayant sniffé une ligne de coke de trop.

Enfant, Johnny Morgan (joué par le réalisateur Andrew Cymek) a été témoin du meurtre sauvage de sa jeune sœur par un meurtrier en série notoire nommé The Wolf. Aujourd’hui enquêteur de police, il est appelé sur les lieux d’un meurtre qui ressemble en tout point au modus operandi du Wolf. Son enquête le mène tout droit dans le repère du loup, là où il réussit à capturer la bête. L’homme est interné dans un institut psychiatrique, sous les soins de l’épouse de Johnny, Jamie. Non satisfait du sort réservé au criminel, Johnny s’introduit dans l’institut dans le but de venger adéquatement la mort de sa sœur. Sa présence dans l’immeuble concorde avec une panne généralisée qui cause l’évasion de plusieurs criminels déficients mentalement. Enfermé avec les employés de l’institut, Johnny devra assurer sa survie face aux patients hostiles de l’établissement tout en tentant d’assouvir son désir de vengeance.

Medium Raw : Night Of The Wolf se présente comme un entrainement d’une heure au gym pour vos yeux. En effet, les nombreuses exagérations du scénario ne manqueront pas de vous faire tourner les yeux dans leurs orbites. C’est que le film d'Andrew Cymek nous présente un asile dans son expression la plus clichée. L’endroit semble localisé dans les canaux d’un égout abandonné avec des murs plus sombres que la nuit et un éclairage inexistant. Les patients qui y sont traités ressemblent plus à des vilains qui se seraient échappés de Batman et la psychologue qui s’occupe d’eux est habillée comme si elle voulait se faire prendre par-derrière! C’est à peine si l’endroit ne porte pas le nom d’institut Vincent Price!

Le concept du détective à la recherche d’un tueur en série s’en étant pris à sa famille n’a rien de nouveau. Et pendant un certain temps, Cymek emprunte un filon intéressant, à savoir que son personnage principal ayant été incapable d’achever son ennemi s’introduit dans un hôpital pour terminer le travail lui-même. Là où Medium Raw marque des points, c’est dans l’élaboration du personnage du Wolf. Outre son costume, qui semble avoir été confectionné par quelqu’un qui a fouillé dans les vidanges de Jigsaw, le personnage du Wolf est fort intéressant et la mythologie l’entourant capte rapidement notre intérêt. Le tueur en série a une prédilection pour les jeunes filles et commet ses meurtres en s’inspirant du conte du Petit Chaperon Rouge, d’où son surnom. C’est lorsque les autres patients de l’hôpital sont impliqués que les choses se gâtent. Si la trame narrative impliquant le Wolf garde un ton sérieux et macabre, les autres psychopathes du film sont abordés de façon tellement caricaturale que l’œuvre tombe sans le vouloir dans la comédie.

Les trois menaces principales ont tous des caractéristiques qui sont poussées à l’extrême. Un est géant et muni d’une force surhumaine, l’autre est un cannibale qui se prend pour un chef cuisinier et le dernier est fétichiste envers les pieds au point de se confectionner des colliers avec des orteils. À travers ces personnages, le scénario exploite les clichés qu’on retrouve habituellement dans les films se déroulant dans les hôpitaux psychiatriques, entonnoir sur le coco inclus. Cymek a le mérite de bien doser son œuvre avec beaucoup d’action et d’horreur, mais pendant que ces trois psychopathes maboules font du vacarme, le récit s’éloigne de sa trame principale. Et pour être certain qu'il s'en éloigne encore plus, le scénario nous balance en milieu de parcours le personnage d'une jeune enfant qui refuse de parler depuis un événement traumatisant.

À travers ses interludes inutiles, on reconnait une oeuvre au potentiel certain qui emprunte autant à Saw qu'à The Silence Of The Lambs. Les acteurs se débrouillent tous bien, quoique John Rhys-Davies est trop peu utilisé. Même Mercedes McNab (Angel, Hatchet) est crédible dans le rôle d'une avocate, ce qui n'est pas peu dire.

Ce qu'on retient, par contre, c'est qu'une fois le générique de la fin apparu, on ne comprend pas trop pourquoi le réalisateur a voulu raconter cette histoire. Un peu comme un peintre qui s'essuierait les mains salles sur son oeuvre, Andrew Cymek a gâché un bon filon en tentant de trop en faire. La prochaine fois, peut-être ?

  • Dany Champagne

  • Manhunter (1986)
    Saw 3 (2006)

     

     
     


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