THE MESSENGERS

2007

RÉALISATION: Danny Pang et Oxide Pang
SCÉNARIO: Mark Wheaton
AVEC: Kristen Stewart, Dylan McDermott, Penelope Ann Miller, John Corbett et William B. Davis

Les jumeaux Danny et Oxide Pang se sont bâtis une solide réputation dans leur pays grâce, entre autres, à la série The Eye. Comme ce fut le cas avec Takashi Shimitzu (The Grudge) et Hideo Nakata (Ring Two), leur talent a été importé par un studio américain. Pour l'occasion, les frères Pang ne s'éloignent pas trop des sentiers battus en mettant en scène une histoire de fantômes typiquement asiatique.

La famille Solomon emménage dans une vieille ferme du Dakota. Ceci est un nouveau départ pour cette famille de Chicago qui espère se lancer dans la récolte de graines de tournesol. Ce changement de lieux ne fait pas l'unanimité. L'adolescente de la famille, Jess, est réticente face à sa nouvelle demeure située dans un coin perdue. Alors qu'elle a la garde de son petit frère, Jess se fait attaquer par d'étranges fantômes. Puisque les lieux semblent normaux et qu'aucun témoin n'a assisté aux attaques, les parents de Jess en concluent qu'elle est en manque d'attention. Plus le temps passe et plus Jess a la sensation que sa famille n'est pas la seule à habiter dans la ferme. Elle devra donc mener sa propre enquête pour pouvoir confronter les entités de sa nouvelle demeure.

Pour leur premier film en sol américain, Danny et Oxide Pang sont restés fidèles à eux-mêmes. Le film prend bien son temps à installer son climat d'effroi. Il est très atmosphérique, stylisé et même effrayant par moments. En fait, les deux cinéastes sont en terrain connu puisque le scénario de Mark Wheaton n'est rien de plus qu'un dérivé de film de fantômes asiatique. Le récit n'offre absolument rien de nouveau et les cinéphiles familiers avec les Ringu, Ju-On, Kairo et compagnie vont certes voir venir les revirements. Par contre, malgré un scénario mince, l'exercice de style pratiqué par les frères Pang est fort efficace. Les cinéastes réussissent à créer des moments de tension palpable avec des scènes anodines et les moments horrifiques sont extrêmement réussis. La première scène d'attaque des fantômes est soigneusement mise en scène et comporte des effets spéciaux à couper le souffle. Les Pang ne se gênent définitivement pas pour utiliser le luxe des gros budgets hollywoodiens!!

Une partie de ce budget a certes été dépensé pour attirer une distribution de premier plan. La jeune Kristen Stewart (Panic Room) est excellente dans le rôle principal. Malgré son jeune âge, l'actrice a su démontrer une palette impressionnante d'émotions. Pour la seconder, on retrouve Dylan McDermott (The Practice), Penelope Ann Miller (The Relic) et John Corbett (My Big Fat Greek Wedding). La présence d'un jeune enfant dans un film d'horreur n'est jamais bon signe, mais dans The Messengers son utilité est primordiale. Puisque celui-ci est le seul à voir les fantômes, Jess l’utilise comme « détecteur »!! Ceci donne lieu à plusieurs scènes très effrayantes.

Par contre, The Messengers démontre malgré lui la différence entre la mentalité cinématographique asiatique et hollywoodienne. Je m'explique... Bien que la majorité du film soit réussi et divertissant, le revirement final est digne d'une série B américaine sans envergure. Le concept a été visité des dizaines de fois et n'est pas trop subtil. Il est d'ailleurs très facile de figurer le tout dès les premières scènes du film. De plus, le film comporte un happy-ending qui fait passer la finale du War Of The Worlds de Spielberg comme sadique! La dernière scène semble tellement forcée,avec son bonheur qui transparaît de partout, qu'il est étonnant qu'un arc-en-ciel n'ait pas fait son apparition dans la salle de cinéma! Disons que, comme façon de laisser un goût amer dans la bouche, les producteurs (je suis certain que les Pang n'ont rien à voir avec cette scène) auraient difficilement pu faire pire!

Au final, The Messengers est un bon divertissement, qui voit malheureusement sa crédibilité affectée par la manie des producteurs de vouloir plaire aux 7 à 77 ans! L'énorme talent des Pang ne fait pas de doute au vu du produit fini. Dommage qu'Hollywood ne soit juste pas prêt à les accueillir! Néanmoins, The Messengers reste divertissant du début à la fin et vaut certes une location.

  • Dany Champagne

  • Les Messagers (version française/Québec)

  • The Eye (2002)
  • Darkness (2002)

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