MESSENGERS 2 : THE SCARECROW

2009

RÉALISATION: Martin Barnewitz
SCÉNARIO: Todd Farmer
AVEC: Norman Reedus, Heather Stephens, Claire Holt, Richard Riehle et Darcy Fowers

Il est très rare qu'un film d'horreur avec un épouvantail maléfique rime avec succès : dans la majorité des cas, cela rime très bien avec série-B. Messengers 2 : The Scarecrow, nouveau film réalisé par Martin Barnewitz (Room 205), ne fait pas exception à la règle.

Bien sûr, avant même le visionnement du film, on s'interroge sur la nécessité d'une suite à un long-métrage aussi ordinaire. Les deux seules choses qui nous permettaient de nous divertir dans The Messengers étaient la réalisation des frères Pang (trilogie The Eye) et le jeu de certains acteurs comme John Corbett; mais surtout pas le scénario prévisible de Todd Farmer qui, malheureusement, a aussi rédigé le texte de ce prequel.

Comme le film est le prologue de The Messengers, il nous raconte l'histoire du fermier John Rollins et de sa famille avant les tragiques événements entrevues dans le premier opus. John, cultivateur de maïs au bord de la banqueroute, essaie tant bien que mal de régler ses problèmes financiers et ses problèmes de couple tandis que le sort s'acharne sur lui. Les commerçants refusent de lui faire crédit, la sécheresse et les corbeaux ruinent sa récolte, sa pompe-à-eau ne fonctionne plus et sa femme devient de plus en plus distante. Un jour, il trouve derrière une porte cachée de sa grange un épouvantail monstrueux. Malgré les demandes incessantes de son fils pour s'en débarrasser, John le dressera dans son champ en espérant qu'il fasse fuire les corbeaux. À partir de ce jour, la bonne fortune commencera à sourire à John et à son champ de maïs, mais à quel prix?

Le début du film nous présente les déboires de John Rollins qui semble peu à peu sombrer dans la démence; et laisse présager le résultat aperçu dans The Messengers. Ce segment du long-métrage est le seul vraiment réussi. On croit à tort que le film prendra des allures d'un The Shining, mais dès l'apparition de l'épouvantail, l'histoire prend une autre tangente et devient un mauvais épisode de Friday the 13th (la série télé). On dirait que le scénariste n'a même pas vu le premier film de la série tellement il semble oublier les événements qui s'y sont déroulés et, pourtant, il s'agit de la même personne qui a écrit les deux scénarios! On comprend vite pourquoi, par contre, le scénario est plein de clichés et facilement prévisible quand on sait que Todd Farmer a également écrit les mémorables Jason X et le remake de My Bloody Valentine. Un objet maléfique qui réalise les souhaits mais qui demande du sang en retour: vous devez avouer que c'est original!

Si au moins la réalisation de Martin Barnewitz amenait quelque chose de vivifiant à cette histoire maintes fois racontées, le film pourrait être divertissant. Mais à la place, il nous offre une réalisation fade, des scènes insipides déjà visionnées dans plusieurs autres films (des poursuites dans un champ de maïs, des voix d'enfants-fantômes dans ce même champ) et, surtout, il nous montre trop de détails qui dévoilent ce qui va se produire. Les effets spéciaux sont aussi extrêmement mauvais. Un passage du film essaie d'imiter les déplacements saccadés d'un fantôme comme dans le premier long-métrage grâce à des effets de caméra et de montage, mais à comparer des frères Pang, on dirait que cette scène est tirée d'un film étudiant (et ce n'est pas très gentil pour les productions étudiantes qui sont souvent plus originales). En plus, lorsque l'épouvantail, qui a quand même le mérite d'être vraiment dégoûtant, commence à effectuer des déplacements, on n'a pas d'autres choix que d'éclater de rire tellement il a une démarche robotique. La seule chose qui fait vraiment peur dans ce film, c'est la fin; car elle laisse la porte ouverte à une autre suite.

La seule chose qui sauve le film de l'échec est la performance des deux acteurs principaux: Norman Reedus et Heather Stephens. Les deux comédiens arrivent par leur justesse de ton et d'émotivité à nous convaincre malgré les incohérences du scénario. Une véritable chimie opère entre les deux; il est toutefois dommage qu'à la fin du film on se rappelle plus de la performance de l'épouvantail.

Messengers 2 : The Scarecrow, mis à part le début du film, ressemble à un Dark Harvest avec du budget et de meilleurs acteurs. Pour ceux qui ont aimé le premier film de la série, je déconseille fortement ce film qui, sans le savoir-faire des frères Pang, n'amène rien de nouveau, autant du coté de l'histoire que de la réalisation, en plus de ne pas être un très bon divertissement et de ne pas respecter l'histoire de la premiere oeuvre.

  • Dominic Gagné

  • • Les Messagers 2 : L'épouvantail (version française/Québec)

     

    The Messengers (2007)

     

    Dark Harvest (2004)
    Hallowed Ground (2007)

     

     
     


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