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MIDNIGHT MOVIE
2008
RÉALISATION: Jack Messitt
SCÉNARIO: Jack Messitt et Mark Garbett
AVEC: Rebekah Brandes, Daniel Bonjour, Greg Cirulnick, Mandell Maughan et Stan Ellsworth
Depuis quelques années, le slasher est devenu un sous-genre horrifique qui se complait dans les hommages. Que ce soit sous forme de remake (Halloween, Prom Night) ou d'hommage bien gras (Hatchet), rares sont les slashers qui ne tentent pas de recréer la magie des années 80, heure de gloire du genre. Midnight Movie n'est pas le film qui va faire tourner le courant, mais il faut avouer que son concept est particulier.
Le cinéma d'une petite municipalité tient une projection d'un vieux film d'horreur mythique. Selon la légende, l'acteur personnifiant le tueur aurait assassiné une vingtaine de personnes après avoir visionné sa performance. Disparu depuis les événements, un détective et un médecin craignent que l'événement sera l'hôte de son retour. Venus s'amuser au cinéma, une bande d'adolescents goûtera à la médecine du tueur, qui n'hésite pas à quitter littéralement la pellicule de son film pour s'infiltrer dans notre réalité.
Comme en témoigne son synopsis, Midnight Movie est un film à prendre avec un grain de sel. Et s'il n'est pas évident de fermer les yeux sur l'incohérence du concept, une fois dans le bon état d'esprit, le premier film de Jack Messitt se laisse regarder agréablement. Sans être prisonnier de son étiquette d'hommage, Midnight Movie est fidèle à la recette véhiculée par les séries B horrifiques, plus particulièrement les slashers sans budget. L'oeuvre est doté d'un tueur très charismatique, masque macabre et arme pointue comme attribut. La bande de jeunes qu'on a hâte de voir mourir est au rendez-vous, le lieu clos aussi et, surtout, le film regorge de scènes de meurtres bien sanguinolentes. Le tout est livré avec une maîtrise technique supérieure à la moyenne. Pour un slasher sans prétention, c'est déjà un bon départ.
Le scénario de Midnight Movie rappelle celui du film culte italien Demons, les démons en moins! Messitt et son co-scénariste Mark Garbett poussent le concept en permettant au tueur de leur histoire d'alterner entre la réalité et la dimension cinématographique tout en y amenant ses victimes. C'est ainsi que les protagonistes sont témoins des meurtres de leurs amis sur grand écran. Cette particularité de l'histoire permet une latitude visuelle au réalisateur qui se sert des différents univers pour expérimenter avec sa caméra. C'est de par ses nombreuses scènes de meurtres que l'aspect hommage ressort le plus. Messitt s'était donné comme pari de mettre en image l'évolution de la scène de meurtre dans le slasher et son idée est intéressante, quoique sous-développée. On passe ainsi du meurtre suggéré au meurtre gore tout en faisant un détour dans la torture porn! Il y a un double meurtre qui est particulièrement impressionnant. Il faut dire qu'avec son arme, une espèce de tire-bouchon géant, le tueur du film est prédisposé à faire des dégâts.
Avec un budget en dessous du million, Midnight Movie souffre incontestablement de restrictions artistiques. Bien que Messitt et son équipe n'aient rien à se reprocher, il est souvent frustrant de constater que tout le talent impliqué dans la production soit trop souvent freiné par les contraintes budgétaire. Il y a aussi le concept que plusieurs n'aimeront pas. Le concept qui donne à Midnight Movie sa touche d'originalité est aussi son pire ennemi. Celui-ci pousse le réalisateur a se dépasser visuellement et le résultat n'est pas toujours à la hauteur. Par contre, il faut dire qu'avec un tueur qui apparaît comme bon lui semble, les scènes de meurtres sont souvent surprenants.
Midnight Movie n'est pas le slasher qui va réinventer le genre. Mais face à la panoplie de remakes sans saveur, c'est une alternative intéressante.



• Demons (1985)
• Cut (2000)
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