MORE BRAINS! A RETURN TO THE LIVING DEAD
2011
RÉALISATION: Bill Philputt
SCÉNARIO: Thommy Hutson et Christian Sellers
AVEC: Jules Brenner, Don Calfa, James Dalesandro, J. Trevor Edmond et Linnea Quigley
"Battre le fer pendant qu’il est chaud" est une expression que Bill Philputt sait mettre en pratique. Le producteur / réalisateur à qui l’on doit His Name Was Jason: 30 Years of Friday the 13th et Never Sleep Again : The Elm Street Legacy récidive avec More Brains ! A Return to the Living Dead, un autre documentaire tourné en numérique qui cette fois, s’attarde à l’emblématique The Return of the Living Dead. Sexe, zombies, punk-rock et humour noir ont contribué à faire de ROTLD ce que bien peu de gens croyaient possible à l’époque : Une pseudo suite à Night of the Living Dead capable de s’illustrer au box office. More Brains! revient sur la production du film en réunissant les artistes et artisans qui y ont participé.
Documenté de façon assez linéaire, More Brains! débute par le traitement du scénario original, passe par les déboires du tournage et conclus sur l’héritage durable du film culte bien-aimé, pendant que la narration enjouée de Brian Peck (Scuz) incite une oreille attentive. Les témoignages sont entrecoupés d’une foule d’images d’archives, d’objets de production et de friandises pour amateurs avertis. Le véritable point d’intérêt repose cependant sur l’unité qui semble animer chaque témoignage. Il est clair que l’équipe derrière ROTLD est restée marqué par cette production, et le lien visible qui continue de les unir 26 ans plus tard est charmant.
James Karen (Frank) est aujourd’hui un vieux garçon amusant qui garde beaucoup de beaux souvenirs du tournage. Linnea Quigley (Trash) a plus d’une anecdote bizarre concernant son infâme striptease-sur-tombe et toute la controverse entourant ses poils pubiens. John Philben (Chuck) a un sens de l’humour très charnu qui rend ses interventions à la limite du stand up comique. La toujours séduisante Jewel Shepard (Casey) explique qu’elle a laissé passer le rôle de Trash sous prétexte qu’elle en avait assez de se foutre à poils pour gagner sa vie (le réalisateur Dan O’Bannon l’a engagé après l’avoir découverte dans un club de danseuses). Miguel A. Nuñez Jr. (Spider) confit qu’il était sans abris au moment d’obtenir son rôle et ne tarit pas d’éloges sur les courbes de Linnea Quigley. Brian Peck (Scuz) s’avère être un passionné d’horreur qui se souvient des plus infimes détails de la production. Alan Trautman (Tarman) explique comment son expérience en tant que marionnettiste l’a aidé à incarner ce qui allait devenir le zombie le plus populaire de tout les temps. Et j’en passe… On souligne les nombreuses batailles entre le directeur de production et William Munns, l’artiste qui devait s’occuper des effets spéciaux mais qui, faute de talent (photos à l’appui !), fût écarté du projet. On nous raconte la facilité avec laquelle Dan O’Bannon se faisait détester, avec entre autres une anecdote sur le producteur Tom Fox, qui tenait absolument à faire jouer sa femme et ses enfants dans le film; Faveur qu’O’Bannon a su transformer en véritable cauchemar.
More Brains! est avant tout – vous l’aurez deviné – un labeur d’amour pour The Return of the Living Dead. Si vous avez lu jusqu’ici, c’est forcément parce que vous aussi affectionnez grandement le classique de Dan O’Bannon. Dans ce sens, je ne peux que recommander More Brains! La seule chose qui m’ait un peu agacé est l’absence quasi-totale des souvenances du réalisateur O’Bannon. Je peux comprendre que le bonhomme était très malade lors des entrevues, et que la qualité de l’enregistrement de son segment est moins reluisante que celle de ses pairs, mais j’ai l’impression qu’il manque un gros morceau à l’histoire sans le témoignage de celui qui l’a écrite (même si un segment prolongé de son entrevue est offert en extra sur le DVD).
Un autre documentaire très agréable, construit sur mesure pour les geeks d’horreur, More Brains! accuse toutefois un léger essoufflement du documentaire de film d’horreur. Combien d’œuvres dignes de ce traitement reste-t-il à couvrir ? Je suis persuadé que les producteurs répondraient : "Au prix que ça coûte, il en reste une chiée !" Reste à voir jusqu’où le public suivra.



• The Return Of The Living Dead (1985)
• Return Of The Living Dead Part 2 (1988)
• Return Of The Living Dead 3 (1993)
• Return Of The Living Dead: Necropolis (2005)
• Return Of The Living Dead: Rave To The Grave (2005)


• Never Sleep Again : The Elm Street Legacy (2010)
• Video Nasties: Moral Panic, Censorship & Videotape (2010)
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