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MOTHER OF TEARS2007
RÉALISATION: Dario Argento Après une attente de 27 ans, Dario Argento clôt finalement sa trilogie des trois mères qu'il avait débutée avec l'excellent Suspiria (1977) et le sous-évalué Inferno (1980). Sorti en 2007 dans son pays d'origine, Mother Of Tears a reçu un accueil mitigé tant de la part de la critique spécialisée que des amateurs du célèbre réalisateur. Mais n'ayez crainte, car un film de Dario Argento qui fait l'unanimité ne serait pas un vrai film de Dario Argento! Il ne reste plus qu'une des trois sorcières supérieures et le temps est venu pour celle-ci de régner sur Terre. Alors qu'un équipe creuse dans un cimetière adjacent une vieille église, elle tombe sur un étrange coffre. Affolé, le prêtre de l'église décide d'envoyer la relique au directeur d'un musée à Rome. Intriguées, deux employées du musée décident d'ouvrir le coffre en l'absence de leur patron. L'une d'elles se coupe en l'ouvrant, laissant couler quelques gouttes de sang sur le contenu du coffre. Il n'en fallait pas plus pour que Mater Lachrymarum, la Mère des Larmes, renaisse pour semer la terreur. Rome est maintenant dans un état de panique. Les citoyens s'entretuent, se suicident à un rythme alarmant et des sorcières du monde entier y ont élu domicile. C'est sur Sarah Mandy, la fille d’une bonne sorcière décédée aux mains d'une des trois mères, que reviendra la tâche de sauver le monde. Mais saura t'elle relever le défi, elle qui vient à peine de découvrir la vérité sur sa mère et ses propres pouvoirs? C'en aura pris du temps avant que Dario Argento décide de finalement clore sa fameuse trilogie! S'il est vrai que Mother Of Tears n'est pas le chef-d'oeuvre tant attendu, il n'en demeure pas moins que l'oeuvre est foutrement divertissante et une bouffé d'air frais pour un réalisateur qui s'était contenté d'une certaine facilité depuis trop longtemps. Bien que Mother of Tears suivent Suspiria et Inferno, il ne ressemble en rien à ces deux oeuvres majeures. Si les éclairages éclatants et un scénario ultra mince caractérisaient les deux premiers films, c'est tout le contraire avec ce dernier segment. Mother Of Tears contient peu de plan aux éclairages excentriques et un scénario plutôt complet et complexe pour un film de Dario Argento (on a même droit à trois actes bien défénis!). Il faut dire que pour la première fois de sa carrière, Argento a collaboré avec deux scénaristes américains pour les besoins d'un long-métrages. Bien que leur scénario comporte quelques ratés, Jace Anderson et Adam Gierasch (qui ont aussi colaboré avec Tobe Hooper pour Toolbox Murders et Mortuary) apportent un renouveau bénéfique à la vision argentesque! C'est en partie pour cette raison que Mother Of Tears n'est pas un exercice de style pur et dur comme ses deux grands frères, mais bien une façon pour Argento d'explorer plus en profondeur les différents mythes de la sorcellerie. Dans Suspiria et Inferno la sorcellerie n'était qu'un prétexte pour le cinéaste pour en mettre plein la vue visuellement parlant. Mother Of Tears pour sa part baigne abondamment dans l'occulte d'où la réception négative de bien des amateurs du cinéaste. Le scénario exploite plusieurs théories reliées à la sorcellerie dont l’invisibilité et la communication avec l’outre-tombe. Il faut dire que le cinéaste a évolué et même si les visuels éclatants nous manquent, le nouveau style n'est pas mal du tout. Mother Of Tears est certainement le film le plus ambitieux du réalisateur d'un point de vue technique. Les décors se succèdent à un rythme d'enfer tout comme les vilains du film et l'étendu des dégâts causés par la Mère des larmes! Les amateurs du cinéaste seront heureux de voir que ce dernier n'a aucunement renié ses racines. En plus de citer explicitement Suspiria et Inferno, Argento offre quelques clins d'oeil à The Bird With The Crystal Plumage, Sleepless, et Phenomena. Et ce n'est pas tout! Mother Of Tears peut aussi être perçu comme un hommage à d'autres maîtres du cinéma d'horreur italien, en l'occurrence Mario Bava (le début) et Lucio Fulci (la finale!). Mais aucun film de Dario Argento ne serait complet sans des scènes de meurtres bien sanglantes et de ce côté, le réalisateur assure, livrant certainement un de ses films les plus brutal. Il faut croire que son expérience avec Masters Of Horror (Jenifer, Pelts) l'a revigoré un peu! S'il y a un point qui dérange par contre, c'est la décision de tourner le film en anglais et non en italien. Sachant très bien que le potentiel commercial de son film se multipliait en le tournant un anglais, Argento a pris une décision sensée, mais le résultat est très ordinaire puisque tous les acteurs ne sont visiblement pas à l'aise dans la langue de Shakespeare. Ainsi, plusieurs dialogues sortent tout croche et les intonations sont souvent faussées ce qui rend le film maladroitement drôle. Il est facile de déceler pourquoi tant de fans inconditionnels de Dario Argento ont été déçus puisque Mother Of Tears est imparfait et aurait pu être beaucoup mieux. Ceci dit, Argento sort des sentiers battus, chose qu’il n'avait pas fait depuis longtemps, et son retour à un cinéma plus spontané est le bienvenu. Pour ceux qui sauront mettre leurs attentes préconçues de côté, Mother Of Tears risque de s'avérer une excellente conclusion à la trilogie des trois mères.
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