MOTHER’S DAY

1980

RÉALISATION: Charles Kaufman
SCÉNARIO: Charles Kaufman et Warren Leight
AVEC: Nancy Hendrickson, Deborah Luce, Tiana Pierce, Billy Ray McQuade et Rose Ross

Lorsque votre frère est nulle autre que Lloyd Kaufman, fondateur du studio Troma, il doit être difficile de ne pas être tenté de suivre dans la même voie que lui. Tel est le cas de Charles Kaufman, qui durant les années 80, a tenté de suivre les traces de son frangin en réalisant Mother’s Day une satire irrévérencieuse produite, bien entendu, par Troma.

Étant de connivence avec la mode de l’époque d’utiliser des journées thématiques pour en faire des films d’horreur, Mother’s Day n’a pas grand-chose à voir avec la journée de la fête des mères, bien que les relations mère-fils soient au centre de l’intrigue. Le film raconte l’histoire de trois copines de collèges, qui une fois par année, partent à l’aventure. Cette année, elles décident d’aller camper dans les bois. Leur fin de semaine de rêve tombe à l’eau lorsque deux frères les kidnappent pour les torturer et les violer. Le tout, dans l’unique but d’impressionner leur vieille mère qui trouve les manigances de ses fils bien divertissantes!

Bien qu’on pourrait croire que Mother’s Day est un slasher dans la même lignée que Friday The 13th ou Graduation Day, le film de Charles Kaufman est en fait une satire sur un autre sous-genre de l’horreur, le « rape and revenge ». Tout comme The Last House On The Left et I Spit On Your Grave l’ont fait avant lui, Mother’s Day nous présente le calvaire vécu par de jeunes femmes battues et violées pour ensuite tourner les enjeux en nous présentant la vengeance sanglante des victimes. Ce qui différencie Mother’s Day des films qui l’ont inspiré, c’est l’approche comique qu’en a fait Kaufman et son co-scénariste Warren Leight. Contrairement au Last House On The Left de Wes Craven, la violence de Mother’s Day ne choque pas puisqu’elle est tout simplement reléguée au second plan. En fait, bien qu’il respecte à la lettre les règles établies par le « rape and revenge », Mother’s Day ne contient qu’une scène de viol, dont l’impact est amoindrie par le façon de nous la présenter.

Ce qui préoccupe plus Kaufman, c’est de nous présenter les relations familiales particulières qu’entretiennent les antagonistes du film. Présentés comme le cliché habituel d’une famille de consanguins complètement déconnectés de la société, la mère et les deux fils apportent une dose d’humour considérable qui donne à Mother’s Day une place bien méritée dans la famille du studio Troma. La mère est particulièrement malsaine, puisque malgré son âge vénérable, elle est le cerveau derrière les actes répugnants de ses deux fils. Le film démontre le mieux l’étendu de sa folie lorsqu’elle dirige des petites pièces de théâtre mettant en vedette ses fils et une des victimes ligotées! Le style de Charles Kaufman est certes moins extrême que celui de son frère, mais Mother’s Day contient sa dose d’humour noire qui saura plaire aux amateurs du réputé studio.

Par contre, en voyant Mother’s Day on ne peut que constater que Kaufman semble avoir réalisé deux styles de film bien distincts. Bien entendu, c’est la satire grotesque qui ressort du lot puisque les personnages centraux sont si imbéciles qu’il en vient difficile de juger l’œuvre sérieusement. Mais les moments les plus intéressants surviennent lorsque Kaufman approche le scénario avec sérieux, ou plus précisément, lorsque le point de vue des victimes nous est présenté. À cet effet, la scène où l’une des victimes tente de s’échapper par la fenêtre à l’aide d’un sac à couchage retenue par sa copine, est tout bonnement géniale. Ajoutez à cela des effets gores dont l’amateurisme y procure tout leur charme et vous avez un film bien de son époque qui aurait pu être réussi s’il s’était abstenu de faire dans l’humour grossier.

Fait intéressant, Mother’s Day a été tourné en même temps et à quelques centaine de mètres de Friday The 13th. Si aujourd’hui un seul des deux films fait toujours parler de lui, il ne faudrait pas discréditer Mother’s Day pour autant. Plus de vingt ans après sa sortie, son influence commence à se faire sentir grâce à des cinéastes comme Eli Roth et Rob Zombie. Si seulement, Kaufman avait été capable d’autre chose que de mimiquer le style de son frère, on serait peut-être en présence d’un vrai classique!

  • Dany Champagne

  • • Deranged (1974)
    • Motel Hell (1980)

     

     
     

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