MURDER-SET-PIECES

2004

RÉALISATION:Nick Palumbo
SCÉNARIO:Nick Palumbo
AVEC: Sven Garrett, Jade Risser, Tony Todd, Cerina Vincent et Gunnar Hansen

La majorité des amateurs d'horreur connaissent l'existence de Murder-Set-Pieces. Appuyé par une vaste campagne de publicité sur internet le proclamant comme l'un des films les plus dérangeants jamais tournés, Murder-Set-Pieces a nécessairement suscité une polémique dès sa sortie. Mais qu'en est-il vraiment de ce film de Nick Palumbo ? Simple coup de marketing ou film injustement boudé ?

À Las Vegas, un photographe spécialisé dans la pornographie accumule les victimes. Son métier, son fort gabarit, ainsi que ses origines allemandes lui permettent de séduire plusieurs jeunes femmes aux moeurs frivoles. Lorsqu'il les ramène à sa luxueuse demeure, il ne peut s'empêcher de les torturer, de les violer et de les ranger au sous-sol dans sa collection de cadavres. Malgré toute cette horreur, le psychopathe réussi pourtant à entamer une relation amoureuse avec une jeune femme. La petite soeur de cette dernière, plus futée, se doutera rapidement que quelque chose ne tourne pas rond chez le colosse. Parviendra-t-elle à raisonner sa soeur avant que le mal ne soit fait ?

À première vue, Murder-Set-Pieces fait penser à des films de serial killer réalistes tels que Henry: Portrait Of A Serial Killer, Maniac ou même American Psycho. En somme, on assiste au quotidien d'un tueur qui mène une double vie. Ses meurtres à caractère sexuel nous sont montrés graphiquement l'un à la suite de l'autre. Rajoutez à cela un récit secondaire dans lequel une jeune fille tente de découvrir le mystère derrière cet homme et vous savez à peu près à quoi vous en tenir avec Murder-Set-Pieces.

Malheureusement, le film de Palumbo possède plusieurs lacunes indéniables qui le placent loin derrière les films mentionnés. Le réalisateur aurait dû comprendre avant toute chose que le thème de son film se prêtait mal aux fantaisies. D'abord, Sven Garrett dans son rôle du tueur remplit difficilement sa fonction. Quoique physiquement imposant, sa présence provoque rarement l'effet escompté. Dans certaines scènes, on a davantage l'impression d'avoir à faire à un croque-mitaine qu'à un tueur sérieux. D'ailleurs, les moments où il y a poursuite entre lui et la jeune fille sont grossiers et irréalistes. Autrement, l'idée d'un photographe qui massacre autant de femmes sans le moindre soupçon sur lui est difficile à avaler. De plus, le fait que seule une jeune fille parvienne à percer sa véritable identité rend le film étrangement absurde. L'alternance entre les deux parties du récit manque de fluidité justement pour cette raison.

L'aspect psychologique de Murder-Set-Pieces laisse également à désirer. Le tueur est construit à partir d'à peu près tous les clichés qu'on peut s'imaginer. Il s'entraîne comme une brute pour charmer les femmes et lorsqu'il devient excité par elles, il se met à saigner du nez et perd soudainement les pédales. Les raisons de sa folie nous sont en partie présentées à l'aide de flashbacks on ne peut plus classiques. On comprendra aussi que son grand-père, un ancien officier nazi, n'a pas favorisé sa santé mentale. Dans l'ensemble, le scénario de Murder-Set-Pieces est convenu et très peu crédible. Ceux qui s'attendent à ce qu'on y dresse le portrait d'un tueur un tant soit peu réaliste seront probablement déçus par l'aspect caricatural de toute l'affaire. Par contre, malgré que le métrage échoue à être pris totalement au sérieux, il demeure plutôt choquant et en un sens, divertissant. Les scènes de meurtres sont sans pitié et le tueur y donne vraiment l'impression de manipuler des déchets. Le film contient plusieurs passages qui risquent de surprendre même les amateurs d'atrocités (viols, meurtre d'un enfant). Toutefois, on doit répéter que l'impact de ces scènes est grandement réduit par la faible crédibilité de l'histoire. Un autre bémol se trouve dans le montage préconisé durant ces scènes. Les nombreuses accélérations et flashes renforcent inévitablement leur superficialité.

Murder-Set-Pieces peut certes être considéré comme étant gore, mais il est surtout très sanglant, le spectateur étant généralement épargné des pires sévices. Les effets spéciaux créés par l'équipe ToeTag (August Underground) impressionnent dans l'ensemble. L'élément le plus réussi du film est sans aucun doute la réalisation de Nick Palumbo, aidée par la direction photo de Brendan Flynt. Pour ce genre de film, Palumbo fait preuve d'un souci esthétique fort respectable. Par moment, l'ambiance qu'il instaure se veut très réussie. Les scènes tournées à l'intérieur de la maison du photographe en sont un bon exemple. Murder-Set-Pieces possède des allures modernes, mais rappelle à la fois certains classiques des années 80. Le thème musical principal du film, une ritournelle, y contribue notamment. Enfin, bien qu'à l'occasion les pièces hard rock et métal soient bien choisies, Palumbo les utilise à outrance.

Murder-Set-Pieces déçoit par son flagrant manque de profondeur et son scénario simpliste. Sa violence peut également paraître gratuite et cela repoussera fermement les non-initiés. Néanmoins, il s'agit d'un film relativement efficace dans l'ensemble. À la fois léger et intense, divertissant et répugnant, Murder-Set-Pieces n'est pas près de se faire oublier.

  • Maxime Duguay

  • The Last Horror Movie (2003)
  • 39: A Film by Carroll McKane (2006)

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