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MUST LOVE DEATH
2009
RÉALISATION: Andreas Schaap
SCÉNARIO: Andreas Schaap
AVEC: Sami Loris, Manon Kahle, Jeff Burrell, Peter Farkas et Enis Rotthoff
Il y a de ces comédies d’horreur comme Must Love Death dont la prémisse attire d’emblée la sympathie du public. Le premier long métrage de l’Allemand Andres Shapp fait partie de ces petites productions qui misent sur l’exploitation d’un concept simple mais inusité, sans jamais y déroger. Il s’agit ici d’allier la comédie romantique à la comédie gore de type festival de la torture.
Norman est un bon gars – peut-être trop bon gars – qui, début trentaine, connait un épisode de vie peu enviable, jusqu’au jour où il se fait frapper par une voiture et tombe instantanément amoureux de Jennifer, la conductrice. Après quelques rencontres avec cette dernière, il est complètement sous le charme. Mais lorsque Norman réalise que Jennifer est déjà en couple avec une vedette de télé à l’égo démesuré, son rêve bascule. Plus tard, on retrouve Norman parmi un groupe d’étrangers qui s’apprête à commettre un suicide collectif dans l’anonymat d’une maison éloignée. Au moment où le signal de passer à l’acte est donné, Norman se lance. Sauf que Norman se réveille quelques instants plus tard, attaché à une chaise, ses nouveaux camarades le regardant d’un air moqueur. Surprise ! Ceux-ci avaient orchestré ce guet-apens dans le but de s’adonner à une partie de torture gratuite sur lui. Norman n’est donc pas près de voir son calvaire se terminer…
Son réalisateur ne s’en cache pas, Must Love Death propose un constant aller-retour entre deux genres qui de prime abord ne s’accordent aucunement. Et si sur papier l’idée peut longtemps faire rêver, le constat est cependant beaucoup moins emballant. D’abord, le choix d’alterner fréquemment entre deux temporalités – soit l’avant, où Norman rencontre Jennifer, et le maintenant, où Norman devient l’heureuse victime d’une séance de torture – joue plus ou moins en faveur du film. Car, spécifions-le, chaque segment narratif évolue dans un registre différent. D’un côté, on se trouve dans un pastiche de comédie romantique agrémenté de quelques exagérations bien senties. De l’autre, l’humour noir prévaut dans un huis clos où des tortionnaires aussi inquiétants que loufoques s’amusent à filmer les agressions qu’ils font subir à leurs pauvres victimes. Mais le tout s’uniformise drôlement au fil du temps, de sorte que le ton relatif à chaque segment se révèle plutôt approximatif. Il faut dire que la réalisation et la direction photo n’aident pas la cause, celles-ci n’apportant rien de très distinctif à l’oeuvre.
Comme vous l’aurez constaté, pour instaurer un humour second degré, Must Love Death s’appuie sur sa dimension réflexive concernant les genres cinématographiques auxquels il touche. Toutefois, ce postulat proposé au spectateur manque le ressort nécessaire pour que le film puisse en bénéficier pleinement. Souvent, il n’est pas clair de déceler à quels moments Must Love Death veut renvoyer à lui-même tellement tout sérieux y est évacué. D’autre part, lorsque pris séparément, chaque segment ressemble surtout à une pâle copie d’autres films du genre. Et, bien qu’on puisse apprécier les excès romantiques ou gore que le film contient, l’approche générale est d’une superficialité qui nous empêche d’être atteints à un degré véritable.
Cela dit, Must Love Death possède tout de même quelques atouts. Norman est un « looser » qu’on prend facilement en pitié et sur ce point, le personnage est assez réussi. Pour le reste, l’ensemble des personnages parvient à marquer l’esprit et les acteurs se débrouillent bien. Le film dégage une atmosphère comique et décalée qui nous accroche facilement un sourire aux lèvres. Plusieurs gags frappent la cible et les revirements fonctionnent. De plus, Schaap sait nous prendre de court avec des moments gore – soutenus par de solides effets spéciaux – aussi pénibles que réjouissants.
Malgré qu’il demeure un honnête divertissement, Must Love Death manque une dose d’audace considérable pour s’élever au-dessus de la masse. Le film s’avère beaucoup moins original qu’escompté, sa recette étant trop prédigérée à notre goût. Andreas Schaap peut toutefois rester fier de son premier effort qui trouvera certainement son public.



• Home Sick (2007)
•Cabin Fever (2003)

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