MUTANTS

2009

RÉALISATION: David Morlet
SCÉNARIO: Louis-Paul Desanges et David Morlet
AVEC: Hélène De Fougerolles, Francis Renaud, Dida Diafat, Marie-Sohna Conde et Nicolas Briançon

Depuis quelques années, j’ai développé une certaine forme de hâte face à toutes les nouvelles productions d’horreur Françaises. Merci à Martyrs et À L’intérieur, je suis certain que je ne suis pas le seul. C’est donc de façon plus ou moins inconditionnelle que Mutants c’est hissé dans mon top 5 des priorités à voir au festival Fantasia 2009.

Le récit débute dans un monde où l’infection est déjà bien ancrée. Sonia et Marco traversent une vaste forêt enneigée à bord d’une ambulance, fuyant les prédateurs cannibales, en route vers une base militaire nommée NOE. Lorsque Marco est atteint d’une balle tirée par un soldat trop méfiant, les choses dégénèrent, et le couple se réfugie à l’intérieur d’un complexe désaffecté, en attendant les secours. Ils n’en sont qu’au début de leurs peines, puisque Marco est infecté. Sonia essaie tant bien que mal de le garder lucide, croyant détenir l’antidote au virus dans son propre sang, mais ce n’est qu’une question de temps avant que la transformation s’amorce…

Il vous semble avoir déjà lu bon nombre de synopsis semblables à celui-ci? C’est fort probable, puisque Mutants n’offre malheureusement rien de nouveau. À l’exception des 15 premières minutes assez prometteuses, le premier long-métrage de David Morlet est d’un ennui quasi total. J’ai eu l’impression d’assister à un interminable hommage à George A. Romero (Day of the Dead) et 28 Days Later, fade et dépourvu d’intérêt.

La plus grosse partie du problème réside dans le scénario, plutôt frêle. À tout bout de champs, au lieu d’élaborer sur la nature des protagonistes ou encore l’origine du virus, on nous couvre de scènes insipides qui servent uniquement à combler les vides du scénario, afin d’ultimement atteindre le maigre (mais très long) 85 minutes que dure le film. En fait, Mutants semble être né d’une ébauche de court-métrage, que l’on aurait étirée le plus possible, jusqu’à avoir tout juste assez de matériel pour être distribué en tant que long-métrage. À la fin, je n’étais ni attaché aux personnages principaux, ni envieux de connaître le dénouement, mais simplement blasé du nombre excessif de clichés présentés.

Sur une note un peu plus positive, le style visuel du film est d’une grande qualité. Nicolas Massart, qui avait aussi assuré la cinématographie sur le court-métrage de Morlet, Morsure, utilise avec brio le magnifique décor hivernal mis à sa disposition. L’équipe derrière les maquillages mérite elle aussi une attention particulière. Laetitia Hillion, l’une des responsables pour les effets sur Frontière(s) et À L’intérieur, récidive avec des prothèses et maquillages de haut calibre, franchement efficaces.

Ça m’attriste un peu d’accorder une si mauvaise note à Mutants, puisque j’ai l’impression de châtier une équipe de passionnés d’horreur, pleine de bonnes volontés. Je serais étonné de voir ce premier effort passer au statut de classique auprès des fans du genre, mais tout n’est pas terminé, au contraire, ce n’est qu’un début. Je donnerai volontiers une autre chance à David Morlet et son équipe s’ils considèrent pondre un autre projet.

2 sourires sanglants pour les maquillages fort réussis et une cinématographie léchée, 0 pour le terrible moment d’ennui que j’ai passé.

  • Robert Parent

  • Day of the Dead (1985)
    28 Days Later (2002)

     

     
     


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