MY BLOODY VALENTINE 3D

2009

RÉALISATION: Patrick Lussier
SCÉNARIO: Todd Farmer et Zane Smith
AVEC: Jaime King, Jensen Ackles, Kerr Smith, Megan Boone et Tom Atkins

La mode du 3-D dans le cinéma d'horreur semble revenir chaque trente ans pour être ensuite reléguée aux oubliettes après quelques films. Dans les années 50, le phénomène a pris de l'ampleur grâce à des films comme House Of Wax et Creature From The Black Lagoon. Au début des années 80, ce sont les suites Friday The 13th Part 3-D, Amityville 3-D et Jaws 3-D qui ont connu un énorme succès. Aujourd'hui, c'est au tour de My Bloody Valentine 3-D, d'entamer la vague du 3-D horrifique. À en juger par le résultat final, le bon vieux cinéma 2-D n'est pas prêt de prendre sa retraite!

Dans cette relecture d'un film canadien culte des années 80, le jour de la Saint-Valentin, une petite ville minière des États-Unis est victime d'un tueur sanguinaire du nom de Harry Warden. Vêtu d'un uniforme de mineur, ce dernier a massacré 22 personnes avant d'être supposément abattu par les policiers. Dix ans après la tragédie, Tom Hanniger, un des survivants du massacre revient dans la ville dans le but de régler des détails financiers reliés à la mort de son père. Son retour créer des frictions entre son ancienne amie de coeur et le shérif de la ville avec qui elle est maintenant mariée. Comme si ce n'était pas assez, le retour de Tom coïncide aussi avec l'arrivée en ville d'un tueur copiant les méthodes de Harry Warden... à moins que ce dernier n'ait jamais été tué ce fameux soir de la Saint-Valentin!

Si vous êtes pour utiliser une gimmick aussi exubérante que le 3-D, il faudrait s'assurer que votre scénario livre lui aussi une certaine extravagance qu'on ne retrouve généralement pas dans le cinéma dit "normal". Outre le fait d'apposer bien à la vue la mention "3-D" sur son affiche, My Bloody Valentine 3-D ne fait rien pour se démarquer de la masse, espérant que quelques coups de pioche (l'arme de prédilection du tueur) qui passent à quelques millimètres du visage du spectateur viendront colmater les brèches d'un produit flasque et sans originalité. En réalité, ce remake n'est pas un si mauvais film. C'est un slasher correct qui contient son lot de scènes réussies. Mais avec tout le brouhaha entourant la commercialisation de cette version 3-D, on était en droit à s'attendre à quelque chose de plus éclaté et surtout plus sanglant que des effets répétitifs qui n'arrivent pas à la cheville de ceux d'un Friday The 13th Part 3-D pour ne nommer que celui-là.

Dans les circonstance, la réalisation de Patrick Lussier (Dracula 2000, White Noise 2) est assez discutable. Bien que son travail soit irréprochable lors de certaines scènes (la séquence dans l'épicerie, par exemple), ses choix de plans lors de la majorité des scènes de meurtres ne mettent pas du tout en valeur les possibilités du 3-D. En tant que spectateur on s'attend à une certaine folie venant d'un film en 3-D et Lussier ne la livre jamais. C'est parfois à se demander s'il était vraiment conscient des opportunités offertes par cette technologie. Et les ressemblances entre certaines scènes de son films avec celles de Scream 2, sur lequel il a travaillé en tant que monteur, sont un peu trop évidentes.

Mais ce qui nuit réellement à My Bloody Valentine 3-D ce n'est pas le manque d'opportuniste, mais bien sa finale. Celle-ci viole sans scrupule certaines règles narratives primordiales à l'élaboration d'un film crédible. En somme, le revirement final est cheap (excusez-moi l'expression) et irrespectueux envers le spectateur. Il balance de plus une oeuvre, jusque-là divertissante, dans la médiocrité (quoique le jeu de l'acteur Jensen Ackles n'aide pas non plus). C'est dommage, car mis à part les distractions engendrées par le 3-D, My Bloody Valentine 3-D est un remake respectueux de l'oeuvre originale sans toutefois la surpasser ni même l'égaler. Mais une fois la satané finale arrivée, on regrette de ne pas avoir opté, encore une fois, pour le film original, le vrai!

Un film a beau se démener pour tenter d'attirer son public, mais c'est la qualité qui prime. Que le 3-D soit de la partie ou non, les règles ne changent pas. La réussite d'un film passe avant tout par un bon scénario et une réalisation adéquate. Bonne Saint-Valentin quand même!!!

  • Dany Champagne

  • • Meurtres À La Saint-Valentin 3D (version française)

     

    My Bloody Valentine (1981)

     

    Scream 2 (1997)
    Lover's Lane (2000)

     

     
     


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