THE TWILIGHT SAGA:
NEW MOON

2009

RÉALISATION: Chris Weitz
SCÉNARIO: Melissa Rosenberg
AVEC: Kristen Stewart, Robert Pattinson, Taylor Lautner, Ashley Greene et Billy Burke

Le deuxième opus de la saga Twilight tant attendu des fans invétérés et tant redouté des dégoutés des engouements est à l’affiche depuis le 20 novembre. Me situant au milieu de ces deux groupes extrémistes, mais tout de même mitigée par l’ampleur du phénomène, c’est avec crainte que j’ai franchis les portes du cinéma près de chez-moi entourée de deux copines fébriles. Ma curiosité par rapport à la fidélité aux livres médiocres, ma plus ou moins grande déception du premier volet ainsi que les commérages médiatisés me chicotaient beaucoup. Je devais en toute bonne conscience me pointer au cinéma et donner sa chance au nouveau réalisateur. Chose faite!

Isabella Swan et Edward Cullen reprennent à peine le cours normal de leur existence suite à leur confrontation sanglante avec James le barbare. Prenant tout le blâme des événements passés et de la mise en danger de sa douce, Edward décide de la quitter afin de lui assurer une certaine sécurité. Il ne juge pourtant aucunement bon de lui expliquer ses raisons et l’abandonne en bon pourris (vous trouvez ça romantique les filles !?!). Et c’est ainsi que le calvaire de Bella commence. Pour remplir l’énorme vide qu’Edward a laissé, elle utilise sans scrupules son ami d’enfance Jacob qui éprouve une forte attirance pour elle. Comme les situations étranges semblent lui coller à la peau, Bella se retrouvera vite mêlée à une histoire de loup-garou. Sans oublier sa rencontre avec Victoria la flamboyante rouquine et Laurent les acolytes vengeurs de James ainsi que les redoutables Volturi, la royauté vampirique. Quelle aventure? Pas vraiment!

La dynamique entre les événements s’enchaine relativement bien. Le problème majeur reste la courte durée possible pour une œuvre cinématographique si on ne souhaite pas blaser les spectateurs. Beaucoup trop de choses se passent pour peu de temps d’antenne si on veut. Si vous êtes étrangers aux livres, ce film reste sans doute peu accessible pour vous. Bien entendu, les fans littéraires sont le principal public. Bizarrement, je reprochais au premier volet le contraire. Le juste milieu semble difficile d’atteinte.

Autre changement sur les reproches faites vis-à-vis le film initial, l’accès aux pensées de Bella. Plusieurs personnes m’avaient faites part de leur déception par rapport à l’univers intérieur de Bella et du fait qu’on ne pouvait y avoir droit comme dans le livre. J’imagine que beaucoup de personne partageaient cet opinion puisqu’on a remédié à la situation problématique. Pour se faire, Melissa Rosenberg a instauré un élément étranger au bouquin. Après la fuite d’Edward et du reste de la famille Cullen, Bella commence une correspondance unilatérale par e-mail avec son ancienne belle-sœur Alice. On accède de cette manière aux sentiments cahoteux qui traversent l’esprit de l’héroïne. La narration épistolaire me semble un bon choix quoique un peu trop facile à mon goût.

Le jeu des acteurs a enfin pris de l’assurance et de la stabilité. Le fait que les interprètes commencent indéniablement à connaître leur personnage et à s’identifier plus facilement à eux aide abondamment. Ils assurent tous dans leur personnification et deviennent crédible d’amblé, même Jasper (Jackson Rathbone). Les maquillages sont aussi plus légers qu’avant, ce qui est non négligeable. Enfin des vampires qui ont l’air d’attirants prédateurs au lieu de ti-counes en lendemain de brosse!

Visuellement de qualité moyenne car on utilise beaucoup trop de gros plan de visage et les plans d’ensemble sont magnifiques tout simplement à cause des paysages et de sa végétation luxuriante. Les possibilités artistiques sont très peu exploitées. Omis peut-être la scène de plongeon du récif qui emploie un mouvement circulaire de caméra à couper le souffle. Ce qu’on voit beaucoup trop et non je ne ferai pas une Dominic Paulhus version féminine de moi, ce sont des mecs mouillés au torse nu plus musclé les uns que les autres! Même si mes yeux et ma tête semblaient apprécier le spectacle, à un certain point c’est ‘too much, too easy’. Les féministes chialent depuis si longtemps de l’exploitation de l’image de la femme et bien ici on utilise à outrance les attributs masculins. L’ambiance dans la salle était fébrile et les adolescentes en chaleur semblaient émoustillées plus que jamais.

Du coup, l’excitation palpable depuis le début du film a atteint des niveaux insoupçonnables. Outre cette fébrilité quasi érotique, le public étant composé ultimement de fans assidus, j’ai vécu une expérience comme on en vit habituellement peu au cinéma… l’équivalent de l’effervescence rencontré aux projections du Festival Fantasia version plus jeunes et moins érudites. Les spectateurs veulent vraiment voir le film et en sont déjà imprégnés de la tête aux pieds.

Aucun miracle ne semble avoir illuminé la deuxième adaptation filmique de Twilight. Oui, Chris Weitz a amélioré certains points, mais d’autres sont restés dans l’ombre pour concevoir au final une œuvre divertissante sans plus. À moins que vous ne soyez vendu d’avance pour l’épopée vampirique sentimentale, vous ne sortirez pas satisfait de votre visionnement. Pour spectateurs avertis et fanatiques seulement!

  • MaryBel Gervais

  • • La Saga Twilight: Tentation (version française/Québec)

     

    Twilight (2008)
    • The Twilight Saga: Eclipse (2010)

     

    True Blood (2009)
    • The Vampire Diaries (2009)

     

     
     


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