A NIGHTMARE ON ELM STREET 2: FREDDY'S REVENGE
1985
RÉALISATION: Jack Sholder
SCÉNARIO: David Chaskin
AVEC: Mark Patton, Kim Myers, Robert Rusler, Clu Gulager et Robert Englund
La plus homosexuelle des suites d'A Nightmare On Elm Street, est aussi celle qui agit comme mouton noir de la série pour bien des amateurs. À peine un an après le succès engendré par le film original, New Line a enchaîné avec une suite hâtive sans la participation du réalisateur Wes Craven qui n’appréciait pas le style emprunté par le scénario. Prenant de grandes libertés avec le concept et la mythologie établit dans le film original, A Nightmare On Elm Steet 2: Freddy’s Revenge est souvent décrié, avec raison, comme une suite qui ne concorde pas avec la logique du reste de la série. En voyant la direction prise par le reste de la série, il n’en demeure pas moins que ce sont justement les libertés prises par Freddy’s Revenge et ses défauts qui en font une suite rafraîchissante.
Cinq ans ce sont écoulés depuis le massacre des premiers enfants de la rue Elm aux mains du fantôme de Freddy Krueger, qui orchestre ses crimes dans les rêves de ses victimes. Une nouvelle famille a pris possession du 1428 de la rue Elm et rapidement, l’adolescent, Jesse, est victime de cauchemars sordides. Lorsqu’il découvre le journal intime de Nancy Thompson, ancienne habitante de la demeure, dans son placard, il apprend que la personne qui hante ses rêves est l’auteur de meurtres survenus dans le voisinage. Armé de ces nouvelles connaissances, Jesse devra faire vite pour combattre Freddy Krueger qui l’a choisi comme portail vers le monde extérieur.
Avec A Nightmare On Elm Street, le cinéaste Wes Craven a instauré les balises d’un concept fascinant. Il peut donc s’avéré décevant que cette première d’une longue lignée de suites ait abandonné toute continuité psychologique avec l’œuvre de Craven au profit d’un scénario plus explicite. Le rêve est toujours une partie importante du scénario, mais le personnage de Freddy manipule différemment l’inconscient des personnages, ne se butant à aucune limite ou règle. L’homme au gant tranchant peut maintenant utiliser le corps de ses victimes pour commettre ses crimes dans le monde réel et éventuellement sortir du monde des songes pour venir terroriser en personne les enfants de la rue Elm. L’étendu de ses nouveaux pouvoirs n’est jamais bien claire, le tout servant plutôt pour déployer une série de scènes à l’horreur soutenue.
D’emblée, la logique du scénario est difficile à suivre, car les règles du jeu ont changées et les nouvelles se contredisent sans cesse. La différence entre le réel et l’imaginaire est souvent difficilement discernable et ce n’est pas nécessairement voulu de la part du réalisateur. Le scénario manque simplement de développement, les bonnes idées étant présentes, mais peu approfondies. Les nouvelles règles, quoique maladroitement introduites dans la série, donnent néanmoins droit à quelques moments excitants qu’on ne retrouve pas dans les suites subséquentes. La scène où Freddy sème la terreur dans un party d’adolescents démontre le genre d’horreur qui manque cruellement au reste de la série. L’attaque d’une vulgaire petite perruche sur les membres de la famille de Jesse procure quant à elle sa dose d’absurdité contrôlée à l’œuvre.
Le réalisateur Jack Sholder (Alone In The Dark, The Hidden) mise beaucoup plus sur les transformations corporelles sanguinolentes que sur les scènes de rêves pour marquer son public. C’est principalement pourquoi cette suite se marie mal avec les autres. Puisque Freddy a la capacité d’utiliser le corps de Jesse comme porte d’entrée dans le monde réel, cela donne droit à des effets spéciaux très réussis. La plus percutante met en scène Freddy Krueger qui émerge violemment du corps de Jesse, tel un poussin qui sort de son oeuf! À défaut de s'investir dans des scène de rêves grandioses, Sholder offre une réalisation plus subtile et beaucoup plus sombre que les chapitres subséquents.
Freddy’s Revenge est aussi un des rares films de son genre, et le seul de la série, à mettre en vedette un héros masculin. Cet aspect met en place un sous-entendu homosexuel, qui malgré qu'il soit involontaire selon les artisans du film, est difficile à manquer. Le sado-masochisme, les déhanchements de bassin inappropriés et les bars gays ont la côte dans les rêves de Jesse. On pourrait d’ailleurs théoriser que dans ce chapitre, Freddy Kruger est le démon intérieur de Jesse, né de la peur de celui-ci à sortir du placard et révéler sa vraie nature. Autre aspect unique à ce chapitre, Freddy's Revenge est le seul film de la série à ne pas utiliser ou reprendre l'excellent thème musicale composé par Charles Bernstein. Christopher Young (Drag Me To Hell) livre néanmoins une excellente trame sonore semblable à celle qu'il a composé pour Hellbound: Hellraiser 2.
Il est compréhensible qu'A Nightmare On Elm Street 2: Freddy's Revenge ait déçu les fans du premier film à sa sortie. C'est un film souvent confus et symptomatique du désir de succéder à l'oeuvre original le plus tôt possible. Mais ses brides de bonnes idées qu'on retrouve ici et là, son atmosphère sombre et ses nombreux sous-entendus en font, avec le recul, l'une des rares suites dignes du film original.



• Les Griffes De La Nuit 2: La Revanche De Freddy (version française/Québec)
• La Revanche De Freddy (version française/France)


• A Nightmare On Elm Street (1984)
• A Nightmare On Elm Street 3: Dream Warriors (1987)
• A Nightmare On Elm Street 4: The Dream Master (1988)
• A Nightmare On Elm Street 5: The Dream Child (1988)
• Freddy's Dead: The Final Nightmare (1991)
• Wes Craven's New Nightmare (1994)
• Freddy Vs Jason (2003)
• A Nightmare On Elm Street (2010)
• Never Sleep Again: The Elm Street Legacy (2010)


• Hellraiser (1987)
• Beyond Dream's Door (1989)
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