A NIGHTMARE ON ELM STREET 3:
DREAM WARRIORS

1987

RÉALISATION: Chuck Russell
SCÉNARIO: Chuck Russell, Frank Darabont, Bruce Wagner et Wes Craven
AVEC: Heather Langenkamp, Craig Wasson, Patricia Arquette, Robert Englund et John Saxon

C’est avec son troisième chapitre que la série A Nightmare On Elm Street a réellement cimenté sa réputation, accentuant le sens de l’humour de son croque-mitaine pour le propulser au sommet des icônes des années 80. En s’ouvrant ainsi à un public plus large, la série a quelques peu abandonné ce qui faisait sa réussite au profit des effets tape à l’oeil. Bien que très populaire auprès des amateurs, A Nightmare Street 3 : Dream Warriors a toutefois ouvert la porte à la médiocrité… et la médiocrité ne s’est pas gêné pour y pénétrer, signalant ainsi le début de la fin pour une série au potentiel énorme.

Après avoir vaincu en quelques sorte Freddy Krueger, Nancy Thompson est aujourd’hui une interne médicale qui se spécialise dans l’analyse des rêves. Lorsque plusieurs adolescents traités dans un centre de réadaptation disent souffrir de cauchemars intenses, Nancy est appelé sur les lieux. C’est là qu’elle constate que Freddy hante toujours l’inconscient des adolescents. Avec l’aide d’une patiente qui a la capacité d’attirer les gens dans ses rêves, Nancy tentera de confronter à nouveau Freddy Krueger pour permettre aux adolescents traités de vivre paisiblement.

Basé sur un concept de Wes Craven, créateur du film original, Dream Warriors a un synopsis fort intéressant. Premièrement, il corrige les défauts du film précédent, Freddy’s Revenge en ramenant le focus sur les rêves et en multipliant le nombre de personnes affectées par Freddy. Il permet aussi à Heather Langenkamp de faire un retour à la série tout en lui offrant une continuité logique et intéressante pour son personnage de Nancy. La mise en place d’un groupe de jeunes délinquants prêts à botter des culs est aussi un ingrédient favorable à la réussite. En fait, les 45 premières minutes du film sont excellentes et instaurent un climat propice à une multitude de possibilités horrifiques. Puis, Freddy se met à sévir…

La créativité morbide de Freddy Krueger ne fait aucun doute dans Dream Warriors. Les scènes de rêves sont présentées telles des court-métrages distincts dans lesquels le réalisateur Chuck Russell (le remake de The Blob) ne s’est imposé aucune limite. C’est visuellement impressionnant et il n’est pas surprenant que la série ait gagné autant d’adeptes avec ce chapitre. Plusieurs des moments phares de la série sont présents dans le film, tels que la scène où Freddy manipule sa victime comme une marionnette ou lorsqu’il ingurgite le personnage de Patricia Arquette. Mais en favorisant un style axé sur les acrobaties visuelles, Russell a mis de côté la terreur associée généralement aux cauchemars, faisant de Dream Warriors une œuvre innofensive avec un minimum de mordant horrifique.

Cette tendance est d’autant plus accentuée avec le concept selon lequel les jeunes victimes peuvent manipuler leur rêve pour vaincre Freddy. C’est ainsi que le film se transforme en une version enfantine de Harry Potter dans laquelle les protagonistes peuvent faire ce qu’ils veulent dans leurs rêves, comme se transformer en magicien qui lance des éclairs avec ses mains! Le tout accentue la morale bonbon destinée aux adolescents de treize ans (« si tu crois en tes rêves, tout est possible, yé! »), mais dévoile en même temps le manque de profondeur du scénario. À travers ce brouhaha visuel, le passé de Freddy est aussi abbordé, mais les éléments apportés au scénario déshumanise le personnage au point où il en devient moins effrayant.

« Welcome to primetime, bitch! » affirme Freddy Krueger à l’une de ses victimes, sans se douter que c’est le sort qui l’a attendu à la sortie de ce troisième volet. Ce à quoi je réplique : « J’te préférais dans l’obscurité, monsieur! » Je garde le bitch de côté, car le gars à quand même un gant muni de couteau… Dream Warriors est certes intéressant par moment, mais il fait pâle figure comparé aux deux chapitres précédents. Dommage que la série ce soit basé sur ce chapitre pour assurer sa continuité.

  • Dany Champagne

  • • Freddy 3 : Les Griffes Du Cauchemar (version française)

     

    A Nightmare On Elm Street (1984)
    A Nightmare On Elm Street 2: Freddy’s Revenge (1985)
    A Nightmare On Elm Street 4: The Dream Master (1988)
    A Nightmare On Elm Street 5: The Dream Child (1988)
    • Freddy's Dead: The Final Nightmare (1991)
    • Wes Craven's New Nightmare (1994)
    Freddy Vs Jason (2003)
    • A Nightmare On Elm Street (2010)
    • Never Sleep Again: The Elm Street Legacy (2010)

     

    • Lord Of Illusions (1995)
    Bad Dreams (1988)

     

     
     


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