A NIGHTMARE ON ELM STREET 4: THE DREAM MASTER
1988
RÉALISATION: Renny Harlin
SCÉNARIO: Brian Helgeland et Scott Pierce
AVEC: Lisa Wilcox, Tuesday Knight, Andras Jones, Ken Sagoes et Robert Englund
Dans une entrevue, l’acteur Robert Englund a affirmé que le quatrième chapitre de la série A Nightmare On Elm Street était celui qui représentait le mieux la génération MTV. Il n’est donc pas étonnant que ce chapitre ait interpellé le public adolescent de l’époque, faisant de A Nightmare On Elm Street 4 : The Dream Master le film le plus profitable de la série initiale.
Après avoir vaincu Freddy Krueger qui était la source de leurs problèmes, Kristen, Joey et Kincaid tentent de reprendre le court de leur vie. Persuadée que Freddy reviendra la chercher sous peu, Kristen est constamment aux aguets, n’hésitant pas à attirer ses deux amis dans ses rêves en guise de protection. Lorsque Joey et Kincaid sont retrouvés morts, cela conforme la théorie de Kristen. Maintenant seule contre Krueger, Kristen attire son amie Alice dans ses rêves, permettant ainsi à son ennemi juré de s’en prendre à un autre groupe d’adolescents. De nature timide et réservée, Alice devra trouver la force en elle pour venger la mort de ses amis et affronter le démon des rêves.
The Dream Master débute avec une intrigante scène de rêve dans laquelle le personnage de Kristen (joué par Tuesday Knight en remplacement de Patricia Arquette) est incapable de s’échapper de la maison de Freddy, alors que chaque porte qu’elle ouvre la ramène à son point de départ. Il s’avère alors évident que sous la direction de Renny Harlin (Cliffhanger, Deep Blue Sea), la série a pris de l’étoffe visuellement. La direction-photo est beaucoup plus peaufinée que par le passé et le film donne l’impression d’être dans la même ligue que les grosses productions hollywoodiennes de l’époque. À défaut d’être réellement effrayantes, plusieurs scènes de rêves sont conceptuellement intéressantes, surtout celle du lit d’eau. Malheureusement, c’est pas mal tout ce que ce volet de la série offre au spectateur, puisque le scénario poursuit drastiquement la dégringolade amorcée dans le chapitre précédent.
Robert Englund n’avait pas tort de citer le populaire réseau de télévision MTV, puisque The Dream Master perpétue à merveille la mentalité superficielle et tape à l’œil de la chaîne. Ce quatrième chapitre est ainsi hyper léger et facilement consommable, bref, idéal pour un public souffrant de déficit de l’attention! En plus de présenter un Freddy Krueger très « in » qui s’accoutre de lunettes solaire et mange de la pizza garnie de ses victimes, ce chapitre pousse encore plus le côté humoristique de son vilain. Typique de son époque, le film nous présente aussi l’ascension d’une protagoniste faible qui devient une vraie héroïne; le syndrome Karate Kid, quoi! Les montages musicaux ont aussi la cote et mettent en évidence le désir de plaire à un public jeune. Et tant qu’à y être aussi bien balancer un « happy-ending » à la recette!
L’univers des rêves n’est maintenant qu’un prétexte pour balancer du n’importe quoi au visage du spectateur. Rêve ou réalité, on s’en fout, puisque Freddy peut faire ce qu’il veut, quand il veut. À condition que ce soit « cool »! La règle s’applique aussi aux protagonistes qui peuvent entrer dans le monde de Freddy comme bon leur semble, se servant de miroir ou défonçant des murs pour y accéder. En ne s’imposant ainsi aucune limite, The Dream Master se présente comme un pot-pourri de scènes d'action et d’effets visuels trop souvent masturbatoires. C’est à croire que les artisans derrière ce quatrième chapitre tenaient mordicus à rendre chaque scène de rêve plus extraordinaire que la précédente, oubliant au passage que le concept original brillait par ses nuances et sa retenue.
Et que dire du personnage mythique de Freddy Krueger, véritable emblème du cinéma d’horreur des années 80? Incapable de se fermer le mâche-patate pendant plus de trois secondes, le croque-mitaine aurait plus sa place dans la distribution de Seinfeld (no soup for you, bitch!) que dans celle d’un film d’horreur. Ses répliques assassines ne font que souligner au crayon gras à quel point le personnage est devenu pathétique au fil des suites. Il faut néanmoins donner crédit au personnage d’Alice, interprété par Lisa Wilcox, qui est un des plus sympathiques de la série. Son personnage a aussi fait un retour dans le film suivant, The Dream Child, mais ça, c’est un tout autre cauchemar!|
En regardant A Nightmare On Elm Street pour la première fois lorsque j’étais encore tout jeune, j’ai prié fort pour ne pas que Freddy Krueger vienne hanter mes cauchemars (ça n’a pas fonctionné). The Dream Master a eu le même effet, mais pour des raisons bien différentes. Et dire que le pire était encore à venir…



• Le Cauchemar De Freddy (version française)


• A Nightmare On Elm Street (1984)
• A Nightmare On Elm Street 2: Freddy’s Revenge (1985)
• A Nightmare On Elm Street 3: Dream Warriors (1987)
• A Nightmare On Elm Street 5: The Dream Child (1988)
• Freddy's Dead: The Final Nightmare (1991)
• Wes Craven's New Nightmare (1994)
• Freddy Vs Jason (2003)
• A Nightmare On Elm Street (2010)
• Never Sleep Again: The Elm Street Legacy (2010)


• From Beyond (1986)
• Phantasm 3: Lord Of The Dead (1994)
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