A NIGHTMARE ON ELM STREET 5: THE DREAM CHILD
1989
RÉALISATION: Stephen Hopkins
SCÉNARIO: Leslie Bohem
AVEC: Lisa Wilcox, Erika Anderson, Danny Hassel, Whitby Hertford et Robert Englund
Puisque A Nightmare On Elm Street 4: The Dream Master a connu un énorme succès, il est étonnant que les producteurs n’aient pas emprunté de nouveau son style léger et grand public pour le cinquième chapitre de la série. Bien qu’il ne daigne jamais exploiter plus que la surface de ses sujets, A Nightmare On Elm Street 5: The Dream Child est beaucoup plus sombre et lourd que les deux chapitres précédents. Cela en faisait un candidat idéal pour ramener la série à ses racines horrifiques. Il ne restait plus qu’à savoir si le vieux Krueger était apte pour cette tâche.
Tout va bien pour la jeune Alice. Elle n’a plus à s’inquiéter de Freddy Krueger, car elle l’a vaincu courageusement. Elle vient de graduer, entretien une relation amoureuse avec le beau Dan et l’avenir s’annonce prometteur. Soudainement, elle a un mauvais pressentiment. Bien qu’elle se soit débarrassé de lui, elle se sent envahie par son ennemi. Il s’avère que la jeune femme est enceinte. Freddy ne pouvant plus visiter ses cauchemars, il se sert de l’inconscient de son fétus pour la hanter à nouveau.
Le concept de The Dream Child est très intéressant, puisqu’il est en lien direct avec le scenario du film original. Comme dans le film de Wes Craven, Freddy utilise les enfants pour servir sa vengeance envers les parents. Le scénario pousse encore plus loin le concept du film original, puisque l’enfant se met à payer pour les agissements de ses parents avant même de naître. C’est le constat d’une triste réalité et une prémisse parfaite pour un film de la série A Nightmare On Elm Street.
Le scénariste Leslie Bohem (The Horror Show) a beau avoir les meilleurs intentions, il est toutefois prisonnier du monstre que ses prédécesseurs ont créé en Freddy Krueger et doit le nourrir à coups de blagues enfantines, de répliques nounounes et d’effets spéciaux ringuards. Il n’est donc pas étonnant que le scénario de The Dream Child soit un désastre, du gros n’importe quoi pompé aux stéroïdes! Il est compréhensible que les producteurs ne voulaient pas changer la personnalité de leur personnage principal alors qu’il était à l’apogée de sa popularité. Il est par contre surprenant, qu’ils l’aient glissé dans un film sombre puisque ces simagrées viennent atténué le ton du film et vice versa.
Au lieu d’exploiter la grossesse d’Alice, un personnage sympathique à qui l’ont doit en partie le succès du quatrième chapitre de la série, The Dream Child succombe à la facilité routinière. C’est ainsi qu’un nouveau groupe de jeunes, tous plus antipathiques les uns que les autres, sont introduits dans l’unique but de servir de victimes faciles à Freddy. Chacun à une particularité (amateur de BD, nageuse, mannequin), qui servira de tremplin au croque-mitaine pour les hanter. La notion du cauchemar est encore plus mince que par les chapitres précédents puisqu’il n’y a plus aucune logique qui retient la trame narrative. Les personnage alternent entre la réalité et le rêve en claquant des doigts, s’endormant n’importe où, même sur le tremplin d’une piscine!
La série atteint le fond du baril (quoiqu’elle réussira à creuser en dessous du baril avec le chapitre suivant) lorsque Freddy visite les rêves d’un amateur de bande-dessinées et se transforme en Super Freddy!! Il est alors difficile d’imaginer que le personnage a déjà été une brillante métaphore sur l’hypocrisie banlieusarde et l’héritage familiale. Au milieu de ce brouhaha, Alice sert de grappe qui retient tous ces raisins. La logique concernant ses pouvoirs face à Freddy change constamment, au gré des effets spéciaux disponibles ! Il y a certes quelques scènes plus noires qui offre un aperçu de ce qu’aurait pu être ce chapitre s’il s’était assumé dans ses thématiques, mais ces moments sont toujours gâchés par le Jerry Seinfeld de l’horreur qu’est Freddy.
Il faut toutefois donner crédit au réalisateur Stephen Hopkins (Predator 2, The Reaping), qui malgré un scénario faible et des effets spéciaux souvent boiteux, livre un film visuellement riche. Sa scène d’ouverture est sensuellement envoutante et annonce faussement une direction plus mature pour la série. Lorsque les effets numériques ne sont pas de la partie, The Dream Child démontre une profondeur visuelle beaucoup plus développée que dans les autres films de la série. Dommage que le talent d'Hopkins ait été gaspillé sur ce chapitre.
Le rêve est un sujet universel qui touche tous les habitants de la planète. C’est une facette de notre vie souvent incomprise et extrêmement fascinante. C’est pourquoi le film original de Wes Craven était si intriguant. En reléguant ceux-ci au second plan au profit d’un croque-mitaine à la réplique facile, les producteurs ont certes trouvé une façon efficace de commercialiser un produit (qui d’entre vous avait sa boîte à lunch Freddy?), mais ils ont enfoncé la série dans la merde. Qu’est-ce que t’as à dire de cela, Krueger?



• Freddy 5: L'Héritier Du Rêve (version française/Québec)
• Freddy 5: L'Enfant Du Cauchemar (version française/France)


• A Nightmare On Elm Street (1984)
• A Nightmare On Elm Street 2: Freddy’s Revenge (1985)
• A Nightmare On Elm Street 3: Dream Warriors (1987)
• A Nightmare On Elm Street 4: The Dream Master (1988)
• Freddy's Dead: The Final Nightmare (1991)
• Wes Craven's New Nightmare (1994)
• Freddy Vs Jason (2003)
• A Nightmare On Elm Street (2010)
• Never Sleep Again: The Elm Street Legacy (2010)


• Subspecies (1991)
• Night Of The Demons 3 (1997)
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