| |
NIGHTMARES IN RED, WHITE AND BLUE: THE EVOLUTION OF THE AMERICAN HORROR FILM
2009
RÉALISATION: Andrew Monument
SCÉNARIO: Joseph Maddrey
AVEC: Lance Henriksen, John Carpenter, George A. Romero, Roger Corman et Brian Yuzna
Nous sommes dans une ère où les documentaires concernant le cinéma d’horreur ont connu un bond de qualité non négligeable. Dans le cadre des retours sur la grande scène de Freddy et Jason, ont été produits certains des films didactiques (essayez de trouver un synonyme au mot « documentaire »…) les plus impressionnants jamais faits (His Name Was Jason et Never Sleep Again). Avec la sortie récente de projets comme Video Nasties, Halloween : 25 Years of Terror ou encore The Psycho Legacy, un certain barème de qualité a été instauré pour ceux qui souhaiteraient désormais réaliser des documentaires portant sur le genre horrifique. Nightmares in Red, White and Blue : The Evolution of the American Horror Film tente donc de se faire une place parmi un nouveau paysage exigeant de ses contributeurs une rigueur exemplaire.
Nightmares in Red, White and Blue : The Evolution of the American Horror Film relate, à-travers la bouche du narrateur Lance Henriksen, l’histoire de notre genre favori aux États-Unis. Des années 1910 à 2000, tout est survolé en compagnie de quelques collaborateurs à l’influence notable pour le genre, dont John Carpenter, George A. Romero, Roger Corman, Joe Dante, Brian Yuzna, Mick Garris, Darren Lynn Bousman… Et quelques autres. Le documentaire liera souvent les films d’horreur à divers phénomènes sociaux : crise économique, nazisme, peur du communisme et de l’énergie nucléaire, Viêt-Nam, rejet des valeurs religieuses, essor de la condition féminine et de la sexualité chez les jeunes… Ces thématiques bien réelles s’incarneront dans certains des films d’horreur les plus influents jamais tournés en Amérique.
Le propos de NRWB (surnommons le ainsi, par soucis d’espace) est passionnant. Les États-Unis sont l’un des pays les plus influents et constants dans la production de cinéma horrifique. De ce fait, on peut retracer depuis près d’un siècle les diverses phobies sociales ayant agitées le peuple américain à-travers… Son cinéma d’horreur. Quelques intervenants très pertinents racontent d’ailleurs ce qui a influencé la création de leurs films, en plus de revisiter pour notre bon plaisir le cinéma d’horreur pré-60’s avec lequel ils ont souvent été en contact à l’enfance.
Le documentaire revoie ainsi en une centaine de minutes une bonne part des titres les plus influents du répertoire, analysant autant les projets muets de l’icône Lon Chaney que Cat People, The Thing From Another World, The Last House From The Left, Friday the 13th ou encore Se7en… La rétrospective couvre à parts égales toutes les époques et si l’idée est plutôt bonne, c’est aussi l’un des défauts de NRWB.
Car 100 minutes, c’est juste assez pour dresser un portait rapide et à gros traits de tout ce qui s’est fait en termes de cinéma d’horreur aux USA en 100 ans! En effet, tout est survolé assez rapidement, si bien que le documentaire semble très bon pour quelqu’un qui n’a pas un pied dans le genre et souhaiterait se faire une idée assez juste de tout ce que les américains y ont fait, mais n’en offre pas tant que ça à l’amateur qui connait déjà ses classiques ainsi que leur climat sociopolitique. J’aurais personnellement souhaité une immersion en profondeur et non pas un survol ne faisant que mettre l’eau à la bouche! Là où Never Sleep Again propose près de 8 heures de contenu pour une seule saga, la faible durée de notre principal intéressé ne lui permet nullement de remplir le gigantesque mandat qu’il s’est donné.
En conclusion, Nightmares in Red, White and Blue : The Evolution of the American Horror Film est un documentaire sympathique mais loin d’être essentiel. On aimera entendre des anecdotes de jeunesse de certains de nos Masters of Horror préférés, mais le documentaire en soi appartient à mon avis à une époque révolue où les projets en ce genre revêtaient une approche plus amatrice, incomplète et pas entièrement satisfaisante. Il faut tout de même assumer qu’avec un propos de cette taille, NRWB pouvait difficilement savoir où donner de la tête, ce qui résulte en un projet qui tient plus de la curiosité sympathique que du film inoubliable.



• Going to Pieces: The Rise and Fall of Slasher Film (2006)
• S&Man (2006)
| |
|