NIGHT TRAIN

2009

RÉALISATION: M. Brian King
SCÉNARIO: M. Brian King
AVEC: Danny Glover, Leelee Sobieski, Steve Zahn, Matthias Schweighöfer et Luca Bercovici

À ne pas confondre avec le futur remake de Terror Train et encore moins avec l'excellent film italien Night Train Murders, Night Train est sorti de nulle part avec un minimum de publicité. Bien que modéré dans sa présentation d'un contenu horrifique, le premier film de M. Brian King (coscénariste de The Day The World Ended) parvient à se démarquer avec son scénario à saveur Twilight Zone.

C'est la vieille de Noël et un homme étrange monte à bord d'un train voyageur de nuit. Visiblement nerveux, l'homme en question se gave de médicament, tellement, qu'il succombe d'une surdose le train à peine démarré. Les deux passagers présents dans le même wagon que lui, une étudiante en médecine (Sobieski) et un vendeur d'assurances (Zahn), constatent son décès et sont rapidement attirés vers le paquet que transportait le défunt. Celui-ci contient une étrange boîte métallique munie de fentes pour laisser entrevoir son contenu. Il s'avère que la boîte contient des objets de valeurs, des diamants, de l'or ou des rubis, personne n'aperçoit la même chose. Aidés du placier du train (Glover), les deux passagers tenteront de se débarrasser du corps pour garder le contenu de la boîte sans souci. Ils apprendront par contre à leur dépend que la boîte en question a des pouvoirs surnaturels qui influencent le comportement de quiconque ose regarder son mystérieux contenu.

Rappelant l'histoire Button, Button de Richard Matheson (adaptée pour The Twilight Zone en 1986), Night Train est un divertissement honnête qui mise sur un mystère efficace pour garder le spectateur intrigué pendant 90 minutes. Le réalisateur et scénariste M. Brian King met en place dès le départ plusieurs éléments superflus destinés à flouer les spectateurs sur les intentions de son récit. Son scénario se déroule la vieille de Noël, lors d'une tempête de neige et dans un train en marche. Si ces éléments aident à ajouter un cachet particulier à Night Train, c'est réellement la mystérieuse boîte qui mène l'action. Du moment que l'objet mythique est introduit dans l'histoire (après quelques minutes) le film déploie une douce folie très bien maîtrisée par King.

Sans jamais déployer autant de violence graphique, Night Train fait penser à l'excellent Very Bad Things de Peter Berg ou même le plus récent Identity. Dans chacun de ces films, les personnages se retrouvent bien malgré eux dans une situation où la violence prend rapidement le dessus de la situation. Dans Night Train, ce sont les trois protagonistes qui se voient mystérieusement poussés vers le vice après avoir jeté un regard sur le contenu de la boîte. Sans avertissement et sans réelles motivations, les personnages sont près à tout pour mettre le grappin sur la boîte. Avec les autres passagers qui se mêlent à l'équation, Night Train nous balance une série de revirements bien pensés et plusieurs scènes de meurtres originales.

Le choix de placer entièrement l'action dans un train en marche procure à Night Train l'opportunité de se démarquer des autres films du même genre. King a su créer un suspense efficace en incorporant des facettes techniques du train à son histoire. Il a aussi su s'entourer d'une distribution efficace qui compte Danny Glover (Predator 2, Saw), Steve Zahn (Joyride) et Leelee Sobieski (Joyride, The Wicker Man). Sans rien vouloir enlever aux performances de ses deux partenaires, c'est Sobieski qui impressionne le plus. Au départ timide, son personnage passe rapidement en mode psychopathe à la vue de l'intérieur de la boîte, n'hésitant pas à découper un cadavre au couteau de cuisine!

S'il y a un élément de Night Train qui fonctionne moins bien, c'est la finale. Bien que le déroulement du film soit relativement réaliste, l'élément catalyseur qu'est la boîte ne l'est pas. Sans jamais donner d'explications claires sur celle-ci, King nous balance une finale ouverte, libre d'interprétation. La tactique n'est pas mauvaise, mais la dernière scène laisse complètement indifférent au lieu d'accentuer le mystère. Après avoir assisté à un film démontrant une certaine originalité, il est décevant de terminer le tout en queue de poisson!

Night Train n'est pas le film d'horreur le plus exhubérant qui soit. Certains questionneront même son inclusion dans le genre. Mais pour ceux qui aiment les histoires typiques de la série The Twilight Zone ou The Outer Limits, le film de M. Brian King vaut le détour si ce n'est que pour le fait qu'il offre un divertissement différent de la tendance actuelle. Pas un must, mais un agréable divertissement.

  • Dany Champagne

  • • Horror Express (1972)
    Identity (2003)

     

     
     


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