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NIGHT TRAIN MURDERS1975
RÉALISATION: Aldo Lado Si au départ, Night Train Murders avait été conçu pour profiter du succès de The Last House On The Left, le film est rapidement devenu un incontournable sous la tutelle du réalisateur Aldo Lado (Who Saw Her Die). Moins sauvage que l'oeuvre culte de Wes Craven et moins explicite que I Spit On Your Grave, Night Train Murders n'en demeure pas moins la plus belle réussite du sous-genre qu'on appelle le "rape and revenge". La veille de Noël, deux copines décident d'aller célébrer chez les parents de l'une d'entre elles en Italie. Puisqu'elles ont peur de l'avion, elles optent pour prendre le train. À bord se trouve une jolie demoiselle et deux truands aux intentions perverses et malhonnêtes. Alors que le train est presque vide, le trio s'en prend aux deux jeunes filles en les violant et les torturant. Leurs actes barbares entraînent la mort accidentelle des deux femmes. Arrivé à destination, les meurtriers se font héberger par le père d'une des victimes, un médecin désireux d'aider l'un d'eux blesser lors de l'altercation dans le train. Lorsque la vérité éclate, les truands goûtent à leur propre médecine! Il est clair que la structure narrative de Night Train Murders est calquée sur celle de The Last House On The Left, qui était lui-même grandement inspiré de The Virgin Spring d'Ingmar Bergman. Ce qui le distingue de l'oeuvre de Craven et de ses nombreuses imitations, c'est l'immense savoir-faire technique de Lado jumelé à une savoureuse critique sociale. Contrairement à la coutume établie par la majorité des "rape and revenge", Night Train Murders ne dégage un atmosphère crade et malsain. Sa réalisation soignée doublée d'une magnifique photographie (c'est un film italien... les couleurs sont à l'honneur) apportent une dualité fascinante. La violence et les actes barbares nous sont présentés dans une enveloppe soignée, un visuel artistiquement recherché, le tout sous les notes envoûtantes d'Ennio Morricone. Cette façon d'aborder la violence, tel un éclair dans un univers onirique, offre un contraste fort intéressant, d'autant plus que le cinéaste n'a pas besoin de tomber dans la facilité sanguinaire pour choquer son public. Bien que la mission première de tous "rape and revenge" soit de pousser les limites de la violence et de la dépravation, Lado mise beaucoup plus sur l'aspect suspense de son récit. Bien que le sort des deux jeunes femmes soit prévisible, le cinéaste nous présente leur calvaire de façon palpitante. La trame de fond, constitué essentiellement du bruit que font les roues qui frottent sur les railles viennent rythmer adéquatement le suspense. Si visuellement, Night Train Murders n'a rien à voir avec The Last House On The Left, son troisième acte est quasi identique. Par contre, là où Craven misait sur la place de la violence dans notre société, Lado est beaucoup plus restreint. Le cinéaste italien profite plutôt de sa finale pour accentuer une critique sociale brillamment mise en scène en début de parcours. Avec le personnage de la femme rangée et polie (Macha Méril qu'on peut aussi voir dans Deep Red) qui manipule les truands pour satisfaire ses propres pulsions déviantes, Aldo tente de démontrer comment les riches se servent de la classe ouvrière pour effectuer le salle boulot! N'empêche que l'étiquette du "rape and revenge" colle parfaitement à Night Train Murders. Bien que moins exubérant que les canons du genre, l'oeuvre de Aldo Lado baigne dans une violence froide et souvent désagréable à regarder. Il faut donner crédit au cinéaste pour avoir réussi a présenter un tel film avec un souci artistique aussi précis.
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