NINE DEAD

2010

RÉALISATION: Chris Shadley
SCÉNARIO: Patrick Wehe Mahoney
AVEC: Melissa Joan Hart, John Terry, Chip Bent, Lawrence Turner et William Lee Scott

On ne compte plus les copies de Saw depuis sa sortie en 2004. Avec sa pochette peu inspirante et Melissa Joan Hart en tête d'affiche, Nine Dead ne fera pas tourner bien des têtes. Il n'en demeure pas moins que c'est une oeuvre bien meilleure qu'elle en a l'air.

Neuf étrangers se réveillent menottés dans une salle sombre. La pièce aux murs de béton est totalement vide si on fait exception d’une minuterie. Un homme masqué y entre et annonce qu’il tuera aléatoirement une personne toutes les dix minutes, à moins que les étrangers puissent lui dire la raison de leur présence. La confusion et le chaos règnent jusqu’à ce que les premières dix minutes soient écoulées et que le mystérieux assaillant vienne clamer sa première victime. En entamant des discussions, les étrangers se découvrent des liens et des théories à propos de leur présence dans la salle. Mais pour déjouer le plan de l’homme masqué, ils devront creuser au plus profond de leur mémoire.

Si Agatha Christie avait écrit le scénario d’une suite de Saw, le résultat aurait été similaire à Nine Dead. Malgré une violence tempérée, le film de Chris Shadley est probablement la copie de Saw qui s’est le plus inspiré de sa source. Des étrangers qui se réveillent dans une pièce insalubre, un tueur qui surveille les faits et gestes de ses otages via une caméra et la volonté de ce dernier à faire réfléchir ses victimes sur leurs agissements: voilà des éléments familiers à quiconque a déjà visionné un ou deux chapitres de la saga Saw. Malgré ce manque d’originalité, Nine Dead est néanmoins un film plus satisfaisant que la majorité des suites de Saw. Mis à part une finale sans grand éclat, le scénario écrit par Patrick Wehe Mahoney pique la curiosité de par son concept et son intrigue bien ficelée.

Avec un nombre élevé de personnages, Chris Shadley réussit à créer une tension palpable et un mystère haletant. Le scénario ne perd pas de temps pour nous les présenter, préférant laisser les subtilités de leurs actions, mais surtout le climat chaotique, faire transparaître leur personnalité. Une petite touche intéressante vient du personnage d’une femme de nationalité chinoise qui ne parle pas un mot d’anglais. Elle donne du fil à retordre aux autres qui tentent de communiquer avec elle pour trouver le lien qu’elle entretient dans le groupe. Quelques courts flashbacks servent à illustrer des agissements qui auraient pu justifier leur présence dans la salle, sinon, la quasi-totalité du film se déroule à huit clos. Il faut donc saluer le réalisateur, qui malgré un groupe d’acteurs au talent très limité, réussit à maintenir l’intérêt du spectateur.

Parmi ce groupe d’acteurs, Lawrence Turner personnifie un pédophile qui ressemble plus au personnage de l’homosexuel dans Family Guy, tandis que Melissa Joan Hart est aussi crédible dans le rôle d’une avocate que les tours de magie qu’elle interprétait jadis dans Sabrina The Teenage Witch! Ce n’est rien de majeur, simplement un élément qui transparaît plus, puisqu’en tant que spectateur nous sommes prisonniers avec ces acteurs pour l’entièreté des 90 minutes. Le vrai défaut du film, lui, est plus destructeur. Si les films de la série Saw ont gagné leur notoriété avec leurs finales spectaculaires, celle de Nine Dead manque cruellement d’artifice. Ce n’est pas une fin nécessairement ratée, simplement une fin qui finit trop bonnement. Surtout que les réactions des victimes, qui se font dévoiler par le maniaque la raison de leur présence avant de mourir, laissent présager un dévoilement plus satisfaisant. Notons aussi une dernière scène maladroitement ouverte.

Imparfait, certes, Nine Dead fait néanmoins regretter que la série Saw n’ait pas approfondie l’aspect psychologique au détriment des effets chocs et du tape-à-l’œil.

  • Dany Champagne

  • Saw (2004)
    • House Of 9 (2005)

     

     
     


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