NUDIST COLONY OF THE DEAD
1991
RÉALISATION:Mark Pirro
SCÉNARIO:Mark Pirro
AVEC: Forrest J. Ackerman, Steve Wilcox, Tony Cicchetti, Jim Bruce et Heather McPherson
#3: “Oh my god, I know who the killer is! It's Satan! The killer has to be everywhere”
#2: “We're Christians! We're not supposed to think! Or be rational!”
Et le #1 du top 3 des citations qui devraient vous donner le goût de voir Nudist Colony Of The Dead et que, sinon, vous devriez changer de passe-temps, comme vous mettre à tricoter :
“Remember, the children can't praise the Lord if they've got genitals in their mouths.”
L’Église d’une petite communauté décide d’organiser un camp religieux afin de montrer aux jeunes la voie de Dieu et les aider à ne plus pécher par le sexe, la drogue et le rock’n’roll. Malheureusement, l’église organise le tout sur l’ancien emplacement d’une colonie de nudistes, qui se sont suicidés en masse quelques années auparavant. Lorsque les jeunes arrivent au camp, les nudistes zombies se réveillent et s’ensuit un carnage accompagné de chorégraphies endiablées effectuées sur une musique entrainante.
Mettons tout d’abord les choses au clair : le film fait dur en tabarnack. Il faut que Nudist Colony Of The Dead soit vraiment affreux pour que j’utilise un sacre comme adjectif qualificatif. Mark Pirro a tourné son film avec deux caméras, une semi-professionnelle et l’autre probablement prise dans l’allée Fisher-Price du Toys’r’Us. La qualité des plans s’alterne donc de façon significative, passant du laid à l’affreux. Même pour un vieux film semi-amateur, ça fait dur. Heureusement que Pirro nous montre qu’il sait quand même quoi faire avec une caméra, malgré tout. Il est loin d’être un Christopher Nolan, mais il réussit quand même à rendre son film divertissant.
Mais heureusement, il y a étonnamment pas mal de bon! Malgré les limites de l’équipement, Pirro a quand même réussi à remplir son film d’une énorme dose d’entrain, d’humour et de bonne humeur. Les chansons qu’il nous présente possèdent une mélodie hyper entrainante. Pirro a fait appel à Gregg Gross et Joyce Mordoh pour créer les chansons et il est clair qu’ils ont pris leur job au sérieux. Il n’y en a peut-être qu’une ou deux que je n’avais pas immédiatement envie de mettre sur MP3 et de les écouter en boucle. Surtout que les chansons possèdent en général cette qualité particulière que possédait la plupart de la musique des années 80. La qualité de la bande sonore est à ce point bonne.
Les paroles sont tout aussi savoureuses, nous offrant la plupart des meilleures répliques du film, que ce soit le rap d’un garde forestier racontant la tragédie du camp de nudistes ou des jeunes chantants à quel point ils passent une « rinkidi-dandy » de bonne matinée.
Les scènes musicales sont d’ailleurs accompagnées de chorégraphies tellement ridicules que ça en devient génial, principalement durant la chanson sur la « rikidi-dandy » de bonne matinée. À chaque plan, on nous fait passer un gars qui ne fait de défilés d’un bord à l’autre de l’écran avec ses petites steppettes et faisant aller sa branche dans les mains de haut en bas comme une majorette.
Bien des films possèdent d’énormes défauts au point de vue du scénario ou de la réalisation, mais réussissent quand même à nous divertir grâce à un autre aspect totalement fou. Pour Nudist Colony of the Dead, ce sont les acteurs. Chacun des acteurs, aussi minimes puissent-ils être, se donnent à 110% et livrent leur texte avec une verve comique savoureuse. Spécialement le duo de « rednecks » qui passent leur temps à jouer au strip poker ou au strip roche-papier-ciseau. Deux personnages complètement épais qui viennent illuminer chaque scène dans lesquels ils sont.
De plus, le film possède ce genre d’horreur et d’effets spéciaux hyper kitsch, qui peut autant charmer que nous faire éclater d’un rire méprisant. Évidemment, pour ce genre de production, le film ne mise pas tant que ça sur le gore, qui d’ailleurs est assez faible. On voit quelques têtes en styromousse arrachée et des membres sanglants trainés par terre, mais ça s’arrête là. L’horreur est secondaire, laissant place à l’humour et la bonne humeur, et c’est une qualité! Même si ma précédente phrase semble être une description des Démons du Midi!
Nudist Colony of the Dead n’est définitivement pas pour tout le monde. C’est une comédie musicale ayant un style d’humour particulier et un visuel qui ferait honte à n'importe quelle vieille cassette Beta. Mais le film est tellement bourré de charme, que telle une juteuse chenille poilue, il se transforme en majestueux papillon devant nos yeux.



• Cannibal: The Musical! (1993)
• The Rocky Horror Picture Show (1975)
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