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OBLIVION
1994
RÉALISATION: Sam Irvin
SCÉNARIO: John Rheaume, Greg Suddeth, Mark Goldstein, Peter David et Charles Band
AVEC: Richard Joseph Paul, Jackie Swanson, Andrew Divoff, Meg Foster et Isaac Hayes
Il y a fort longtemps que je ne me fie plus à l’emballage pour fonder mon jugement sur un film, mais dans le cas d’Oblivion, l’objet est tellement laid que j’ai du m’armer de courage avant de le glisser dans mon lecteur DVD. Après tout, c’est 1h30 de ma vie qui risquait de disparaître à tout jamais dans l’« Oblivion »…
En l’an 3031, le paisible village d’Oblivion voit sa tranquillité tourmentée. Un groupe de malfrats dirigé par un détestable homme lézard extra-terrestre dénommé Red Eye (Andrew Divoff) entreprend de devenir roi et maître du village en supprimant tout ce qui s’oppose à son régime de terreur. Après le meurtre du sheriff Stone, son fils Zach (Richard Joseph Paul), à l’écart depuis plusieurs années, est convoqué aux funérailles de son père par le croque-mort du village. Zach, qui est accompagné par son nouvel ami autochtone Buteo (Jimmy F. Skaggs), n’est pas le bienvenue après toutes ces années. Il devra cependant mettre sa nostalgie et son pacifisme de côté quand Red Eye et sa troupe de bandits hétéroclites tenteront de l’endoctriner à son tour. Bien malgré lui, Zach deviendra le héro dont Oblivion a besoin, jusqu’à l’ultime duel entre le bien et le mal.
Certains films n’appartiennent à aucun genre précis. Oblivion est vendu comme un « Sci-Fi Cult Classic » qui voit le jour pour la première fois en DVD depuis sa sortie initiale en 1994. Science-fiction est un qualificatif adéquat, bien que cet hybride futuriste soit en constant osmose avec le western, la comédie fantaisiste, le drame et l’action - tout sauf l’horreur finalement! Mais si je n’avais qu’un seul mot pour le décrire, ce serait audacieux. Les studios Full Moon sont reconnus pour mettre à terme des projets audacieux et éclatés (mais pas toujours réussis…) qu’aucune autre compagnie n’oserait financer - et Oblivion cadre parfaitement dans cet esprit.
Une histoire abracadabrante qui se déroule au far ouest en 3031, des personnages extravagants dont un extra-terrestre reptile et un sheriff adjoint mi-femme mi-robot, des créatures meurtrières animées en stop-motion qui tuent quand elles flairent la peur, bref, Oblivion pourrait difficilement être plus bizarre. Son statut de film « culte » est ainsi justifié, en addition à son abondance de dialogues désopilants et ses anomalies si attachantes. Dans la même veine que The Adventures of Buckaroo Banzai Across the 8th Dimension (1984) ou le très amusant Freaked (1993), on doit s’abandonner à l’univers burlesque d’Oblivion, éteindre l’interrupteur du bon sens afin d’en tirer le maximum de plaisir.
Mon seul regret serait de n’avoir vu Oblivion à sa sortie, dans les années 90. J’en serais certainement resté marqué (dans le bon sens). C’est le genre de film qui célèbre l’originalité avec fougue, qui donne envie de rêver puisqu’il ne respecte aucune convention. De plus, c’est très bien fait. Les maquillages, les effets spéciaux et les costumes ne trahissent que très rarement l’infime budget de la production. Par contre, les comédiens et les décors eux, sont un peu plus éloquents quand à cet aspect.
Je ne sais trop à qui s’adresse Oblivion, ce qui me laisse croire que ça s’adresse à tout le monde. J’avais parfois l’impression de regarder une émission jeunesse ou un genre de « spoof » à la Spaceballs (1987), mais les contextes sexuels et la violence graphique revenaient me questionner quant à son public cible. La vérité, c’est que personne ne se posait ces questions lors de l’écriture et la production d’Oblivion, ce qui rend ce film unique mais plutôt loin de la perfection.



• Welcome to Oblivion (titre alternatif/ États-Unis)


• Oblivion 2 : Backlash (1996)


• The Adventures of Buckaroo Banzai Across the 8th Dimension (1984)
• Freaked (1993)
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