RÉALISATION: Jason Paul Collum
SCÉNARIO: Jason Paul Collum
AVEC: Sean Michael Lambrecht, Jeff Dylan Graham, Jerod Howard, Brinke Stevens et Judith O'Dea
Elliot est un jeune homme très intraverti qui se laisse mener par sa mère et sa fiancée. Ayant récemment obtenu un nouvel emploi, Elliot se lie rapidement d'amitié avec Corin, son patron, qui est homosexuel. À force de cotoyer Elliot, Corin se doute bien que celui-ci est un homosexuel refoulé. Il décide alors de lui faire ouvrir les yeux sur sa réelle identité sexuelle. Elliot sort rapidement du placard et avoue son amour pour Corin. Le problème est que Corin a déjà un copain. Se sentant rejeté, Elliot pète les plombs et décide de prendre les grands moyens pour obtenir ce qu'il veut.
October Moon est un bon film. Par contre, que vous l'aimiez ou non dépendera beaucoup de vos convictions. Le film se déroule majoritairement dans un univers homosexuel. Il y a des gars qui s'embrassent et je sais qu'il y a beaucoup de gens pas très ouverts qui seront répugnés par ce genre de chose. On est dans les années 2000, il faut se rendre à l'évidence que l'homosexualité fait partie de la société. J'ai trouvé très rafraîchissant qu'un film traite du sujet sans tomber dans les vulgaires clichés. Le film de Jason Paul Collum n'est pas une propagande homosexuelle, mais un film traitant d'un triangle amoureux qui tourne mal. Les personnages homosexuels sont rares dans les films d'horreur. J'ai donc été content d'apprendre qu'un cinéaste avait décidé d'en faire un dans un univers gay. J'ai aussi trouvé très drôle que le réalisateur se permette quelques flèches aux stéréotypes qu'ont les hétéros sur les gays. Par exemple, lorsqu'Elliot annonce à sa fiancée qu'ils sont invités à manger chez Corin, elle rétorque: "j'espère qu'il n'y aura pas plein de condoms qui traînent par terre!"
Laissons l'homosexualité de côté pour s'attarder au film. Pour la majeure partie de son déroulement, October Moon se veut un drame sur le rejet amoureux. Pendant 90 minutes, il n'y a aucun signe d'horreur; il faut donc être patient. Ceci n'a pas été un problème pour moi, car j'ai trouvé la partie dramatique du film très intéressante. L'évolution du personnage d'Elliot est fascinante. Il passe du jeune homme timide au gay qui s'assume, puis il devient complètement fou! Elliot m'a un peu fait penser au personnage de Willard dans le film du même nom. Il est tellement timide qu'on le prend rapidement en pitié. Sa transformation de garçon gentil à psychpotpathe est très intéressante à regarder. Il faut voir le pauvre Elliot lècher secrètement la tasse de Corin pour espérer amasser un peu de bave de celui-ci!! C'est presque plus effrayant qu'un maniaque avec un couteau.... Les vingts dernières minutes du film sont très intenses et la vraie horreur commence. Sans pour autant compétitionner avec des films comme Hostel ou Saw 2 en matière de gore, October Moon réussit à avoir un bon impact grâce à son réalisme.
Au départ, October Moon était pour moi une curiosité car les films d'horreur au contexte homosexuel ne font pas légion. J'ai été grandement surpris de constater qu'après quelques minutes, je ne me rendais même plus compte que le film était "différent". Si vous êtes patient et que vous aimez les films d'horreur qui prennent bien leur temps à définir les personnages, October Moon risque de vous plaire.