OPEN HOUSE

2010

RÉALISATION: Andrew Paquin
SCÉNARIO: Andrew Paquin
AVEC: Brian Geraghty, Tricia Helfer, Rachel Blanchard, Stephen Moyer et Anna Paquin

Avec Anna Paquin et Stephen Moyer en gros plan sur la pochette et un décor qui rappelle plus la Louisiane que la banlieue mise en scène dans le film, il est clair que les producteurs de Open House veulent attirer les amateurs de la télésérie True Blood. Cela pourrait passer comme une technique commerciale douteuse si ce n'était pas du fait que le film est la première réalisation d'Andrew Paquin, frère d'Anna et beau-frère de Stephen Moyer! Ce qui est dommage, c'est que le marketing de Open House ne représente pas du tout le style du film et le fait passer pour une oeuvre sans envergure abandonner sur le marché du DVD.

Andrew Paquin ne mérite peut-être pas de prix d'excellence, mais il a le mérite d'avoir concocté une oeuvre originale et bien ficelée. L'histoire se concentre sur un couple en instance de divorce qui veut vendre sa maison. Lors d'une visite libre, un homme, David, se présente et bâillonne la propriétaire dans le sous-sol. Il est plus tard rejoint par une femme, Lila, qui tue l'homme de la maison. Le duo de meurtriers prend alors possession de la maison, tuant toute personne pouvant nuire à leur présence dans la demeure. Le hic, c'est que David devait tuer la propriétaire de la maison, mais a préféré la garder cachée de Lila dans le sous-sol. À chaque fois que Lila s'absente, il prend soin de sa victime, s'attachant rapidement à celle-ci. Son petit jeu mènera rapidement à sa perte alors qu'il sera confronté à son désir de plaire aux deux femmes.

Open House est un film sans grand moyen, mais qui bénéficie tout de même de l'expertise de son réalisateur. Paquin offre une réalisation qui rapproche plus son oeuvre vers le film artistique expérimental que le film d'horreur. Cela ne veut pas dire que Open House ne livre pas la marchandise au niveau frisson. Le personnage de David, personnifié par Brian Geraghty, est un Norman Bates moderne. La réalisation très épurée de Paquin sert à imager sa psychose. Le mélange entre les plans méticuleusement songés et l'interprétation de Geraghty en font un personnage fort intéressant. Il est d'autant plus efficace puisqu'il alterne entre une personnalité renfermée et violente sans le moindre avertissement.

Si au début, le film semble vouloir emprunter le chemin de la torture, il s'en éloigne rapidement. En effet, la première partie du film se concentre sur la relation entre David et sa victime, jouée par Rachel Blanchard. Celle-ci est bâillonnée dans un demi-sous-sol et David n'hésite pas à la maltraiter. Puis, c'est Lila qui mène le bal en torturant à sa façon, c'est-à-dire psychologiquement, David. Lila est plus en harmonie avec sa façon d'être et aime bien pousser à bout David, question de titiller sa psychose. Elle le place constamment dans des situations embarrassantes en présence d'autrui pour observer son comportement et discrètement espérer faire sortir le monstre en lui.

S'il est difficile de trouver un réel défaut au premier film de Paquin, il n'en demeure pas moins que Open House implique difficilement le spectateur à son récit. Le concept du film est intéressant, mais on se lasse des personnages et leur mode de vie malsain devient rapidement routinier. Paquin mise aussi beaucoup sur un revirement final qui n'apporte pas grand-chose à l'ensemble de l'oeuvre. Peut-être que l'oeuvre aurait bénéficié d'une durée écourtée ou peut-être qu'elle sera mieux appréciée par autrui.

Ce qui est clair, c'est que malgré mon appréciation mitigée en fin de parcours, Open House m'a transporté en territoire plus agréable que l'aurait fait une pâle copie de True Blood.

  • Dany Champagne

  • Psycho 3 (1986)
    • The Stepfather (1987)

     

     
     


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