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THE ORPHANAGE2007
RÉALISATION: Juan Antonio Bayona Parfois, la réalité dépasse la fiction! En plein milieu de la représentation de The Orphanage, film d'épouvante espagnol produit par Guillermo Del Toro (Pan's Labyrinth), l'héroïne engage une voyante pour authentifier la présence de spectres dans sa demeure. Pour se faire, la femme doit être en état de transe. C'est ainsi qu'un médium l'hypnotise en lui balançant des phrases typiques du style: "vos paupières sont lourdes". L'homme mentionne alors: "Vous êtes maintenant dans une noirceur totale". Puis, pouf!! L'écran devient noir et un silence pesant envahie la salle de projection. L'effet est sublime, je sens la chair de poule monter en moi. Les secondes s'écoulent, que se passe-t-il? Une panne d'électricité! Le hasard fait parfois bien les choses, mais secrètement, il y a une partie de moi qui ose croire que la force du film a su quitter la pellicule un instant, question de témoigner de la force d'un grand film! Trente ans après avoir été adoptée, Laura retourne à l'orphelinat qui l'a vu grandir dans le but de le rouvrir avec son mari qui est médecin. Arrivé sur les lieux, Simon, son fils adoptif se lie avec des amis imaginaires. Laura ne porte pas attention au comportement de son fils au départ, jusqu'à ce que ce dernier disparaisse mystérieusement sans laisser de trace. Les mois passent sans que le moindre indice ne soit trouvé. Obsédée par la perte de son fils, Laura devient persuadé que l'orphelinat est hanté et que les fantômes possèdent le secret de la disparition de Simon. Allant au bout de ses convictions, Laura découvrira les secrets tragiques des lieux. Les asiatiques ont peut-être le monopole du film de fantômes, mais ce sont les espagnoles qui le maîtrisent le mieux! Avec des oeuvres autant puissantes qu'effrayantes, Guillermo Del Toro (The Devil's Backbone), Alejandro Amenábar (The Others), Nacho Cerdà (The Abandoned) et Jaume Balaguero (Darkness, Fragile) ont prouvés que l'Espagne est un joueur important du cinéma d'épouvante. Nouveau venu, le réalisateur débutant Juan Antonio Bayona ne laisse aucunement paraître son manque d'expérience, livrant un premier film d'horreur réalisé avec une main de maître! Préconisant magnifiquement la suggestion au détriment des scènes chocs, Bayona propose une approche à l'ancienne qui n'est pas sans rappeler des oeuvres phares du genre telles que The Innocents et The Haunting. Le cinéaste est très vague quant à la constitution narrative de son film. L'action est majoritairement laissée à l'interprétation du spectateur qui devra trancher entre la réalité et l'imagination d'une héroïne en détresse. Fantômes ou pas, cela n'empêche pas The Orphanage d'être un des films les plus effrayants récemment sortis en salle. La réalisation de Bayona est soigneusement calculée, obligeant constamment le spectateur à se tenir sur le bout de son siège. Bayona utilise adéquatement l'orphelinat qui devient en quelque sorte un personnage à part entière. Chaque craquements de plancher, baisses d'éclairage ou autre claquements de fenêtres viennent hanter une héroïne déjà psychologiquement instable. Au centre de cette histoire de hantise, se trouve Tomas le prétendu spectre responsable de la disparition de Simon. Avec son sac en tissus beige sur la tête, ce dernier risque de rester imprégné longtemps dans les cauchemars des spectateurs. Ajoutez à cela un revirement final dévastateur et vous avez une oeuvre émotionnellement chargeante. Bien que plus suggestif que démonstrateur, The Orphanage n'est pas sans moments d'épouvantes dopés à l'adrénaline! Les scènes d'horreur sont bien parsemés à travers le film et frappent fort! Celle impliquant une vieille dame et un carrosse d'enfant est à faire frémir, tandis que la séance dans l'orphelinat est un bel hommage à Poltergeist. Le seul bémol est une finale qui traîne inutilement dans les derniers instants. Après avoir drainé émotionnellement le spectateur dans ses derniers instants, le scénario nous propose un épilogue plutôt quétaine qui dilue considérablement l'impact général du film. Comme ce fut le cas avec Pan's Labyrinth l'année dernière, The Orphanage profite d'un bon battement médiatique, amassant les éloges dans la majorité des publications. Toute cette attention est amplement méritée pour ce film d'horreur mature, à mille lieux du prototype hollywoodien. D'ailleurs, les producteurs américains ont remarqué l'énorme potentiel espagnol en achetant les droits du film pour en faire un remake. Avant que cette nouvelle mouture nous afflige, profitez-en donc pour découvrir ce petit bijou de l'épouvante.
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