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PAN'S LABYRINTH2006
RÉALISATION: Guillermo Del Toro Contrairement à bon nombre de cinéastes talentueux qui ont vendu leur âme à Hollywood, Guillermo Del Toro a trouvé un compromis! Le réalisateur mexicain alterne entre les productions à gros budget (Blade 2, Hellboy) et des films personnels tournés dans sa langue d'origine et sans le contrôle des gros studios (Cronos, The Devil's Backbone). Avec le succès critique remporté par son dernier film, Pan's Labyrinth, Del Toro prouve que ses projets personnels peuvent prendre plus d'ampleur que les plus gros canons hollywoodiens! Dans les années 40, en Espagne, la jeune Ofélia est forcée d’aller vivre avec sa mère enceinte chez son nouveau beau-père, le capitaine de l'armée espagnole. La guerre civile tire à sa fin et les troupes fascistes tentent de prendre le contrôle du pays. Traumatisée par les horreurs de la guerre et le comportement sadique de son beau-père, Ofélia tente de s'évader dans un monde imaginaire qu'elle s'est créé, grandement inspiré d'un livre de contes qu'elle traîne partout avec elle. Non loin de sa nouvelle demeure, elle découvre un immense labyrinthe décrépit. En s'y aventurant, elle fait la rencontre de Pan, une étrange créature. Celui-ci lui révèle qu'elle est la réincarnation de la princesse de son monde et qu'elle doit revenir parmi ses semblables. Par contre, pour prouver qu'elle est bien la princesse et ainsi devenir immortelle, elle doit accomplir trois tâches bien spécifiques. Avec son beau-père dans les parages et sa mère souffrante en raison de sa grossesse, la tâche sera des plus difficiles pour Ofélia. Avec Pan's Labyrinth, Guillermo Del Toro continue dans la même voie que son excellent The Devil's Backbone, en exploitant la souffrance d'un enfant lors de la guerre en Espagne. Si The Devil's Backbone était une histoire de fantômes ancrée dans la réalité, Pan's Labyrinth est, quant à lui, un mélange de réalisme et une poussée imaginaire autant fantastique qu'effrayante! Avec son scénario songé, le cinéaste traite de la détresse de l'enfance face à la guerre, mais aussi de la perte de l'innocence dûe aux conséquences d'une réalité qu'on n'a pas le choix d'accepter. Bien que le film soit peuplé de créatures et d'éléments fantastiques, l'horreur du récit provient du côté réaliste. Les horreurs de la guerre ne sont pas épargnées et c'est le côté hypocrite de la chose à laquelle nous assistons. Le beau-père d'Ofélia, le capitaine Vidal est un vilain mémorable. Le personnage baigne dans un sadisme qu'il a peine à contrôler et ses poussées de violence sont d'une rare brutalité! Il faut le voir tuer sans pitié un innocent à coup de bouteille en plein visage!! Visuellement, la violence est très graphique et parfois même pénible à regarder. En plus de n'avoir aucun respect pour son peuple, Vidal n'hésite pas à maltraiter Ofélia en plus de n'avoir aucune compassion pour sa femme! En tant que spectateur on n'a pas le choix d'avoir hâte de voir les prochaines incursions d'Ofélia dans le monde fantastique de Pan!! Aidée de petites fées, Ofélia est guidée dans un monde défiant l'imaginaire. Elle doit accomplir des tâches inusitées telles que de voler une clé qui se trouve dans l'estomac d'un crapaud géant et d'aller chercher un couteau gardé par un monstre qui a les yeux dans ses mains! Del Toro s'est surpassé dans la confection de ces scènes. Le cinéaste a voulu les démarquer le plus possible du monde réel et il n'a pas raté son coup! Les décors sont indescriptibles tellement ils sont détaillés. Les bestioles, fées et monstres sont, quant à eux, autant effrayants que fascinants. La scène où Ofélia est confrontée au monstre avec les yeux dans les mains est à voir! La distribution du film est aussi un gros atout, puisque tous les acteurs sans exception sont excellents. Du lot, deux acteurs se démarquent. La jeune Ivana Baquero est une vraie révélation dans le rôle d'Ofélia. Sa performance est d'autant plus remarquable vu les thèmes assez lourds du film. Sergi Lopez est quant à lui un excellent vilain dans le rôle de Vidal. J'aurais aimé suivre la masse et donner la note parfaite à Pan's Labyrinth, mais ceci irait à l'encontre de mon opinion. Malgré que le film regorge de qualités et que les défauts soient relatifs, Pan's Labyrinth a échoué à venir me séduire entièrement émotionnellement. Je crois que les accolades reçues par le film sont pleinement méritées, mais personnellement, je n'ai pas entièrement connecté avec l'oeuvre. Le côté fantastique est beaucoup trop relégué au second rang, ce qui empêche le film d'avoir la poussée émotive requise! Avec les scènes dans le labyrinthe, Del Toro ne fait que titiller notre imagination sans jamais réellement nous permettre de s'imprégner de son univers! Pour un film qui se veut un conte de fée contemporain, le côté imaginaire aurait dû avoir une plus grande importance, au risque d'allonger la durée du film. Aussi, en donnant beaucoup d'importance à la quête du Capitaine Vidal, ceci diminue la participation d'Ofélia, ainsi que l'implication émotive du spectateur envers celle-ci. Pan's Labyrinth n'est donc pas le chef-d'oeuvre tant attendu, mais c'est néanmoins un très bon film qui trotte dans la tête longtemps après l'avoir vu. Dans le même genre, je préfère le plus sobre The Devil's Backbone, mais Pan's Labyrinth vaut amplement le détour quand même.
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