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PARASOMNIA
2010
RÉALISATION: William Malone
SCÉNARIO: William Malone
AVEC: Dylan Purcell, Patrick Kilpatrick, Cherilyn Wilson, Jeffrey Combs et Timothy Bottoms
Le cinéaste William Malone ne s’est pas attiré la sympathique des amateurs de cinéma d’horreur lorsqu’il a réalisé coup sur coup le remake de House On Haunted Hill et FeardotCom. Si la qualité de ces œuvres étaient discutable, on ne peut renier le flair visuel de Malone. Alors qu’il s’est vu donner carte blanche pour le projet Masters Of Horror, il a confondu les septiques, offrant Fair Haired Child, l’un des meilleurs films de cette série. Ayant pris goût à cette liberté, Malone a décidé de financer lui-même et produire indépendamment son prochain projet, Parasomnia.
Alors qu’il visite un copain en réhabilitation à l’hôpital, Danny fait un détour dans l’aile psychiatrique pour satisfaire sa curiosité. C’est là qu’il aperçoit Byron Volpe, un criminel notoire qui utilisait ses dons d’hypnose pour forcer les gens à se suicider. Son intérêt se pose par contre sur une autre patiente, Laura Baxter, atteinte de parasomnie. Sa maladie la tient endormie pour la majorité de son temps et ce n’est que pendant quelques minutes par jour qu’elle se réveille. Attristé par son étrange sort, Danny kidnappe la jeune femme lorsqu’il apprend qu’elle servira de rat de laboratoire à des scientifiques. Malheureusement, Byron a une attirance envers Laura. Il se sert donc de la femme lors de ses rares moments d’éveil pour la contrôler à distance et poursuivre son règne de terreur.
On ne peut plus considérer William Malone comme un cinéaste de deuxième ordre, puisque son dernier opus est certainement le film le plus inventif et original que vous verrez cette année. Tout en restant fidèle au style qu’il a popularisé au début des années 2000, il offre une œuvre personnelle et souvent expérimentale comme on en voit rarement. Le film se présente comme un conte gothique sur l’acide, souvent dur et sans pitié, mais avec un niveau sentimental élevé. La relation entre les deux protagonistes, n’est pas sans rappeler celle de Fair Haired Child, mais les comparaisons d’arrêtent là.
S’il est facile de s’extasier devant l’esthétique et l’atmosphère très particulière, le film est toutefois difficile d’accès. La façon dont le scénario est construit retarde l’implication du spectateur envers celui-ci. Les pièces du puzzle prennent du temps à s’assembler, surtout que le film débute avec plusieurs retours dans le passé. Un autre élément qui ne joue pas en faveur du film est que les motivations du personnage de Danny sont garrochées et paraissent douteuses. L’acteur Dylan Purcell, assez moyen, parvient aussi difficilement à nous vendre le personnage comme un jeune homme sympathique aux bonnes intentions, alors que c’était définitivement l’intention du scénario. Il faut dire aussi que le scénario est lourd. Malone ne se contente pas simplement d’exploiter le concept de la parasomnie. Il ajoute un personnage de meurtrier aux pouvoirs hypnotiques, un monde de rêves sorti d’un jeu vidéo, une intrigue policière, des médecins corrompus et des souvenirs de jeunesses flous pour les deux personnages principaux.
L’idée qu’une personne souffrant de parasomnie considère la réalité comme un cauchemar est abordée pendant un cours instant, mais pas assez développée à mon avis. C’est cet élément qui est le plus original du film, et qui à ma connaissance n’a jamais réellement été traité dans le cinéma d’horreur. Malone avait entre ses mains le prochain A Nightmare On Elm Street (l'original!). C’est donc dommage qu’il n’ait pas emprunté une narration plus simpliste en développant quelques éléments de son récit au lieu de condenser trop d’idées en un film de 102 minutes. Un traitement plus classique aurait permis d’alimenter le mystère derrière la parasomnie plutôt que de perdre le spectateur dans un récit plus complexe qu’il ne devrait l’être.
Ceci dit, je suis légèrement sévère envers Parasomnia. Il n’en demeure pas moins que Malone a concocté une œuvre qui va à l’encontre des courants récents et qui se regarde avec intérêt du début à la fin. À défaut d’être totalement satisfaisant, le mélange de genres permet au réalisateur de s’éclater et de nous en mettre plein la vue. Malone abuse peut-être des effets numériques dans les scènes de rêves de Laura, mais il se rachète bien lorsque son héroïne est éveillée. La découverte de nouvelle sensation par celle-ci, et éventuellement, sa descente aux enfers alors qu’elle est contrôlée par Byron, figurent parmi les moments marquants du film. Quelques scènes de meurtres forts efficaces viennent agrémenter le film. Et la présence de l’acteur Jeffrey Combs dans le rôle d’un détective est un gros plus.
Il est certes frustrant que le concept de la parasomnie n’est pas donné vie à un meilleur film d’horreur, mais peut-on en vouloir à William Malone? Malgré ses défauts, Parasomnia est une œuvre divertissante qui a le mérite d’essayer quelque chose de différent. En espérant que Malone aura encore une chance de faire valoir son talent.



• FeardotCom (2002)
• Fair Haired Child (2006)
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